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Secours de mer 4 ingénieures lauréates du Prix Rose Dieng pour leur dispositif de sauvetage

LeSoleil Le projet « Build our security », porté par quatre ingénieures sénégalaises, a reçu le Prix Rose Dieng. Elles travaillent à intégrer, dans des embarcations, un système de géolocalisation, un dispositif de suivi des températures, un système permettant aux pêcheurs et aux usagers de communiquer en pleine mer. Ces dispositifs serviront à repérer, avec célérité, des embarcations à la dérive et, par ricochet, de sauver des vies.

Quatre ingénieures de l’Ecole supérieure multinationale des télécommunications en Licence professionnelle III en Télécommunications et Informatique rêvent de réduire les pertes en vies humaines en mer. Il s’agit de Ndèye Fatou Mboup, spécialisée en Systèmes audiovisuels numériques, Fatima Khourédia Fall, en Développement des applications réparties, et Aminata Cissé et Fatoumata Diouf, toutes deux en Administration sécurité réseaux. Elles comptent offrir des services de localisation des pirogues et des pêcheurs en cas de naufrage et le réseautage des pirogues en mer par une communication radio (Talkie-walkie). Le paquet « Build our security » (Bos) comprend un volet équipement des embarcations, d’un dispositif d’alarme en cas de danger, de suivi de la température ambiante et d’un système intégré sur le bateau. « J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de disparus en mer. Et lors du « Hackaton jiggen ci ti », un concours organisé, chaque année, au Sénégal, j’ai vu parmi les thèmes « Sécurité et sureté maritime ». Je n’ai pas regardé les autres, car automatiquement l’idée nous est venue d’améliorer les conditions de travail des pêcheurs, notamment de les sauver en cas de danger avec le projet « Build our security » (Bos) », argumente Ndèye Fatou Mboup.

Les disparitions et les pertes en vies humaines en mer préoccupent ces jeunes filles ingénieures. Toutes formées à l’Ecole supérieure des télécommunications. Avec ces dispositifs embarqués, il est possible de repérer toutes les pirogues à la dérive et de localiser d’autres embarcations en difficulté. Mieux, leur invention aide aussi les pêcheurs à communiquer entre eux, loin de la terre ferme.

De manière concrète, des pêcheurs ou d’autres usagers de mer en détresse peuvent lancer les appels aux secours aux embarcations et navires se trouvant à proximité et ou à plusieurs miles. « Notre projet permet aux pêcheurs, aux marins de communiquer en pleine mer. En cas d’accidents, ils peuvent lancer des alertes de secours », affirment un des membres de l’équipe. Sur le plan technique, le projet est réalisable. Il ne reste que la mobilisation des ressources financières pour sa matérialisation. « Nous sommes à la recherche de financement. Ce projet sauvera des vies et la vie n’a pas de prix. Lorsque nous aurons un financement, nous le mettrons en œuvre, car nous voulons aider la population et participer au Sénégal numérique 2025 », relève Ndèye Fatou Mboup.

L’utilité de ce projet ne fait pas l’ombre d’un doute. Si les usagers s’en approprient, beaucoup de vies pourraient être sauvées. Et ce, du fait de la rapidité du déclenchement des opérations de sauvetage et de secours. Cette innovation a été primée par le jury qui a décerné le Prix de Rose Dieng à ces filles. Lesquelles ont promis d’honorer cette grande scientifique spécialiste de l’intelligence artificielle. « Au-delà du talent, nous avons pu déceler chez les jeunes qui ont participé au eGovLab Challenge une passion et cette envie de vouloir proposer la meilleure des solutions. Dans le secret de leur chambre, leurs salles de classe, en groupe ou en solitaire, nombreux sont les jeunes et startups qui, au quotidien, tentent d’apporter des solutions aux questions qui touchent divers secteurs d’activité », avait commenté le directeur de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), Cheikh Bakhoum. Au Sénégal, on estime que 95 pêcheurs meurent, chaque année, en mer. Les campagnes de sensibilisation et d’information ont produit des effets limités sur l’appropriation des comportements à moindre risque. Selon un document de la Fao intitulé « La sécurité en mer, un élément essentiel de la gestion des pêches », les pêcheurs semblent souvent ne pas être conscients des risques inhérents à leur métier ou bien ne pas vouloir admettre leur existence. D’autres études rapportent que les pêcheurs sont plus souvent victimes d’un accident fatal en terre qu’en mer.

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