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Secteur informel au Sénégal Une équation pour l’administration fiscale

Le secteur informel au Sénégal a créé en moyenne 55% de la valeur ajoutée brute entre 1980 et 2014. Son poids dans la valeur ajoutée est un peu plus élevé avec 57% en moyenne durant les périodes 1984-1991 et 1995-2002.

L’impôt sur les bénéfices  payé par les entreprises du secteur informel, ne représente en moyenne que 2% de leur valeur ajoutée brute. Ainsi, le secteur informel n’apporte pas une contribution considérable dans les recettes fiscales, apprend-on de l’’étude « impacts d’une amélioration de la productivité du secteur informel sur l’économie sénégalaise ». En effet, précise la source, les entreprises du secteur informel sont souvent inconnues au niveau de l’administration fiscale et les entrepreneurs font souvent des sous-déclarations. Même si, depuis plusieurs années, l’Etat tente d’inciter les unités de production informelles (UPI) à s’acquitter de leurs impôts à travers le régime du bénéfice réel et la Contribution Globale Unique (CGU), les recettes recouvrées sont loin d’atteindre les niveaux escomptés. De ce fait, des mesures sont à envisager pour mieux comprendre les activités du secteur afin d’adopter un programme optimal de fiscalisation des UPI sans compromettre leurs activités. Par ailleurs, en termes de structure,  souligne  ce document  de la Direction de la prévision et des études économiques, le secteur informel est largement dominé par le commerce qui réalise 64% du chiffre d’affaire et 37% de leur valeur ajoutée. En outre, l’ensemble des services crée environ 72% de la valeur ajoutée du secteur informel, suivi par le secondaire avec 27,4%. Ce dernier est dominé par les industries alimentaires et le BTP qui ont créé respectivement 35,4% et 34,6% de la valeur ajoutée du secteur. Concernant les industries alimentaires informelles, leurs activités sont dominées par la transformation des produits halieutiques et la fabrication de glace. Pour ce qui est du BTP, la présence de l’informel se fait ressentir dans toute la chaine des activités de construction. «La masse salariale des services représente 70% de celle du secteur informel, dont 30% pour le commerce », lit-on. La branche des BTP représente plus de 12% de la masse salariale, les industries alimentaires 8,3% et celles non alimentaires 6,8%. Ces statistiques montrent que le commerce informel constitue l’une des principales sources de revenus des acteurs du secteur. Toutefois,  précise la source, il existe des disparités dans le secteur commercial informel entre le gros de l’informel qui enregistre souvent des chiffres d’affaire colossaux tandis que le petit commerce et les marchands ambulants sont faiblement dotés en capital. Par ailleurs, les ménages constituent les principaux clients des UPI, soient 91,9% et sont à 99,2% de nationalité sénégalaise. Pour ce qui est des fournisseurs, les UPI traitent à 94,7% avec des entreprises nationales mais ne travaillent pas souvent avec les grandes entreprises manufacturières. Par ailleurs, 48,4% des fournisseurs s’activent dans le secteur du commerce. Ce qui montre que le secteur informel est exclusivement tourné vers le marché intérieur.

Zachari BADJI

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