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SECURITE  L’obligation de restaurer « la peur du gendarme »

  • Date: 16 novembre 2016

Le Général de Division Meïssa Niang vient d’être installé dans ses nouveaux habits de Haut Commandant de la Gendarmerie et Directeur de la justice militaire. Il a promis de rester fidèle aux idéaux et principes de la République, conformément aux intérêts de la population. 

En sa qualité de haut officier qui a totalisé un capital expérience incontestable dans son domaine d’activité, il a défini la militarité comme étant « un état d’esprit qui est fondé sur la logique de la servitude, l’exigence de soi et une déontologie solide, érigés en culture professionnelle ».

Une belle réflexion sur un corps qui mérite que l’on s’y attarde un peu en l’analysant avec les prismes d’un observateur qui se veut neutre, mais surtout inexpert.

La principale difficulté de nos forces de sécurité, à notre sens, c’est la perte, au cours de l’évolution de notre société, de « la peur du gendarme ». Une peur positive qu’un adage en France, tiré de l’ancien testament, résume en ses termes : « La peur du gendarme est le commencement de la sagesse ». 

En fait, les gendarmes sénégalais se sont trop socialisés. Ils se sont rapprochés des populations, se sont fondus dans la foule. Or, comme le disent nombre de spécialistes en sciences politiques, « la socialisation est une banalisation ».

Qui ne se rappelle pas en effet les belles années 80 où la seule vue d’une voiture de gendarmerie semait la panique dans les villages, quartiers et autres localités.

Les gens tremblaient à la simple vue d’un gendarme. Sa simple présence était un facteur de dissuasion. Et la perspective de devoir séjourner dans une brigade suffisait largement à dissuader tout individu à commettre des infractions.

Aujourd’hui, c’est cela que nous avons perdu. Il n’est pas rare en effet que l’on voit de jeunes chauffeurs très mal habillés, s’accouder à des voitures de gendarmerie s’ils n’échangent pas avec les gendarmes en se tapotant parfois les épaules. Une familiarité source de toutes les difficultés.

L’uniforme, les armes, le matériel logistique et autres artifices, sont de plus en plus banalisés. Mais cela ne veut pas dire que la Gendarmerie est totalement démunie devant le citoyen. Son désir d’instaurer la peur par tous les moyens peut aboutir à des abus comme la mort de certains citoyens dans des brigades.

On craint l’homme de loi parce qu’il est agent verbalisateur comme il a pour mission de chercher des preuves par tous les moyens légaux, en procédant à l’arrestation des suspects et en les traduisant devant le Procureur.

Cette peur ne doit pas être celle que l’on ressent contre quelqu’un qui est plus fort que soi et qui peut être impitoyable. Elle doit être une forme de peur de violer la loi, une peur de la sanction, des tribunaux, de la prison. C’est en somme une peur positive.

C’est pourquoi, le nouveau Haut commandant doit travailler à restaurer cette peur positive indispensable à un rétablissement de l’ordre.

Détentrice et incarnation de la force publique de coercition, la gendarmerie ne doit pas cependant abuser de son pouvoir au point de violer la loi.

La violence dont elle peut user doit être nécessaire, temporelle et encadrée par la loi. Elle doit tout faire pour éviter les affrontements avec les populations car, selon des spécialistes, ce choc est une autre source de banalisation.

Il est en effet prouvé que les manifestants qui ont goûté aux lacrymogènes, les criminels qui ont fait de la prison et qui se sont frottés aux forces de l’ordre, ont moins peur à leur face une nouvelle fois.

Le gendarme doit faire alors peur par sa simple présence ou la perspective de celle-ci. Au nom de la loi.

Assane SAMB

1 Comments

  1. Pourquoi celui qui est dans son bon droit devrait-il avoir peur du gendarme. Cela était la suite d’une époque coloniale d’injustice.
    A mon sens il faut faire en sorte que le citoyen puisse compter sur le gendarme, qu’il le pense utile et garant de sa sécurité. Que le malfaiteur et seul le malfaiteur ait peur du gendarme. C’est d’ailleurs le cas des gendarmes qui montent la garde dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

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