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Sedhiou : taux régional de 30% de grossesses précoces en milieu scolaire- les acteurs sonnent la mobilisation

Au hit parade des grossesses précoces en milieu scolaire au Sénégal, la région de Sédhiou enregistre 30% des cas à l’échelle nationale. C‘est ce que révèle une étude portant sur les trois dernières années scolaires et commanditée par le Groupe pour l’Etude et l’Enseignement de la Population (GEEP) avec l’appui de l’UNFPA. Avant-hier, lundi, 30 novembre, un atelier de restitution a eu lieu dans la capitale du Pakao et a recommandé une batterie de mesures pour endiguer le phénomène.

Entre 2011 et 2014, 1971 cas de grossesses ont été recensés, selon les conclusions de cette étude menée par le GEEP avec le soutien de UNFPA. Il s’agit, d’après toujours ce document, de grossesses qui concernent l’intervalle d’âge entre 13 ans et 19 ans. Cet atelier de restitution s’est proposé donc et selon les organisateurs, de « cerner la problématique des grossesses précoces dans les établissements scolaires du Sénégal, d’en déterminer l’ampleur notamment dans les zones étudiées  en se fondant sur le recueil de statistiques sur les trois dernières années scolaires (2011-2014)».

A les en croire toujours, l’étude vise à analyser les facteurs déterminant ces grossesses précoces en milieu scolaire, d’identifier les conséquences à l’école ainsi que les auteurs  et de proposer des stratégies de prévention et de prise en charge de ces grossesses scolaires.

Bathie Gaye, inspecteur à l’académie de Sédhiou qui présidait les travaux s’est dit préoccupé de l’ampleur des grossesses précoces dans la région de Sédhiou et a invité à une synergie des acteurs pour circonscrire le phénomène rampant. « Nous avons partagé avec tous les acteurs concernés du système pour voir ensemble dans quelles mesures on pourrait infléchir cette tendance. Les causes sont multiformes : la pauvreté, le manque de concertation et d’éducation sexuelle des enfants et on constate même que certains parents ont démissionné de l’éducation de leurs enfants ».

Et de rappeler les recommandations : « au-delà des dispositions et recommandations au niveau national, nous avons décidé ici de la mise en place d’un cadre de dialogue et de concertation et de prévention des grossesses précoces et nous en avons fait la proposition à monsieur le gouverneur pour mettre en synergie l’ensemble des acteurs, de redynamiser les bureaux genre et de communiquer davantage avec les enfants ».

Quant à Abdoulaye Kâ, formateur en Education aux droits humains, et chercheur associé à cette étude, il a rappelé que « le Sénégal se doit de respecter les dispositions réglementaires déjà ratifiées pour garantir le droit à l’éducation des filles. Une grossesse précoce, c’est naturellement une grossesse portée par un enfant et la place d’un enfant, c’est à l’école et c’est pour cela que nous interpellons les parents à veiller à l’éducation de leurs enfants qui sont l’avenir d’une nation ».

A signaler enfin que Sédhiou (30%) est suivi de Ziguinchor avec 19%, de Kolda 9%, de Matam et Thiès 6%, Kédougou, Saint Louis et Fatick 5%. Au niveau des régions de Kaffrine, Dakar, Diourbel,  Louga, Kaolack, le taux se situe entre 4% et 2%, renseigne le GEEP.

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