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Sénatoriales à Diourbel : Le Pds casque plus de 17 millions pour des scrutins déjà gagnés

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) ne connaît pas la demi-mesure. Alors que le scrutin sénatorial est prévu pour dimanche prochain, il a remis 17 500 000 francs aux comités électoraux pour des joutes gagnées d’avance.
Ceux qui pensaient que le Parti démocratique sénégalais (Pds) ne prenait pas au sérieux les élections sénatoriales devront vite déchanter. Il n’en est rien du tout. La formation dirigée par Abdoulaye Wade n’a pas lésiné sur les moyens. Alors que ces consultations électorales, très particulières, ne concernent qu’une infime partie des Sénégalais, les libéraux ont cassé leur tirelire en dégageant 17,5 millions pour une campagne électorale de… quarante-huit heures. A Diourbel où ils étaient de passage mardi, les commissaires, conduits par Papa Saer Guèye, ont remis au Comité électoral, dirigé par Mme Aminata Tall, 5 millions dont 1 million pour le candidat titulaire Mame Gor Sène, 500 000 pour le suppléant Malick Fall. Après Diourbel, la délégation de l’ambassadeur itinérant a fait cap sur Mbacké où les attendaient le candidat titulaire Moustapha Diop et son suppléant Alioune Badara Seck plus connu sous le nom de Bada. Chacun de ces deux investis ont reçu respectivement 1 million et 500 000 F. La Fédération Pds de Touba, elle, a reçu 1 million et le Comité électoral présidé par le maire Iba Guèye, par ailleurs chargé des élections dans le département de Mbacké, a empoché 5 millions.

Durant cette réunion où l’argent a été remis au patron du Comité électoral et aux candidats, la plupart des Présidents de conseils ruraux (Pcr), frustrés de n’avoir pas figuré sur les listes, a tempéré ses ardeurs et est revenue à de meilleurs sentiments. Les Pcr, par la voix de leurs représentants à cette réunion, disent qu’ils vont voter pour la liste de la Coalition Sopi. Mais, jusqu’à présent, on note des récalcitrants dont les présidents des Conseils ruraux de Sadio, Typ et Dendèye. Peut-être qu’à l’issue de leur entretien avec le directeur de cabinet politique de Wade qui les aurait reçus, mercredi, un terrain d’entente a été trouvé.

A Bambey, le commissaire Papa Saer Guèye a remis, mercredi dernier, la somme de 5 millions au Comité électoral dirigé par le candidat-sénateur Lamine Seck, après le désistement de l’ancien ministre Assane Diagne pressenti pour en être le président. Le député, par ailleurs président de la Fédération Pds de Bambey, justifie son refus par le fait que durant les législatives, le choix ne s’était pas porté sur lui et qu’aussi, à deux jours de la tenue du scrutin, il ne saurait diriger un Comité électoral où il n’a pas été associé au choix des candidats. Comme dans les autres départements, le candidat titulaire en l’occurrence, l’ex-député Lamine Seck s’est vu octroyer la somme de 1 million et son suppléant Mapathé Wade, 500 000.

Le reste, les 3 500 000, est allé au Comité électoral. Toujours dans ce département, l’élection sénatoriale se fera sans le conseiller Sidy Thiam du Mouvement citoyen pour la République. Ce dernier dit refuser de participer au choix des représentants d’une Chambre dont il ne voit pas la nécessité et l’utilité.

DIOURBEL, UN CAS PARTICULIER

Pour le scrutin du dimanche, ils seront 972 électeurs répartis dans trois bureaux de vote. A Mbacké, le collège électoral est composé de 312 électeurs, Bambey 323 et à Diourbel 337. Au finish, la région va élire trois sénateurs. Mais des sources bien informées proches des instances du Pds confient que le département de Diourbel pourrait, si Abdoulaye Wade tenait les promesses qu’il avait faites aux cadres de son parti résidant à Diourbel lors d’une audience qu’il leur avait accordée, avoir deux postes supplémentaires. Ce qui ferait, pour la région, 5 sénateurs sur les 100 que devra compter la Chambre haute. Pour mémoire, la région de Diourbel est la seule, parmi les 11 régions que compte le Sénégal, à ne pas disposer de conseillers régionaux. Les 52 qui composaient la défunte institution ont perdu leur mandat suite à la dissolution du Conseil régional, le 25 décembre 2005. Depuis lors, l’institution est administrée par une délégation spéciale. Conformément à la loi électorale, ces membres de la délégation spéciale qui ne sont pas des élus ne peuvent pas prendre part à une élection où seuls les élus des Collectivités locales et de l’Assemblée nationale sont admis. La particularité de ces élections, outre le fait qu’elles ne concernent que les élus, c’est que les bureaux de vote sont présidés par les présidents des tribunaux départementaux ou bien par des magistrats désignés par le premier président de la Cour d’Appel de Dakar, par ailleurs président de la Commission nationale de recensement des votes. La Commission électorale nationale autonome (Cena), de par ses démembrements au niveau départemental, est représentée par un contrôleur. Son absence entraîne ipso facto la nullité des opérations de vote.


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