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Senegal Airlines secoué par de fortes tensions sociales

  • Date: 1 juillet 2015

Endettement chronique, flotte en forte réduction, chute du chiffre d’affaires, conflits sociaux… le pavillon national sénégalais Senegal Airlines bat dangereusement de l’aile. La mise en chômage technique de 70 salariés a ravivé la tension entre le personnel et la direction. Annoncé le 29 juin puis reportée au 14 juillet, la prochaine réunion du conseil d’administration s’annonce décisive.

À Senegal Airlines, rien ne va plus entre la direction et le personnel. Ce dernier est d’ailleurs en sit-in de 9h à 13h devant le siège de la compagnie aérienne, à Dakar. « Il en sera ainsi tous les jours jusqu’à ce que la direction générale revienne sur sa décision », assure Moustapha Diakhaté, coordonnateur du collège des délégués du personnel. La direction du transporteur sénégalais a décidé de mettre en chômage technique pendant deux mois le personnel navigant et au sol, soit 70 salariés, qui ne recevront plus que 25 % de leur salaire.

Le délégués du personnel ont convoqué le lundi 29 juin une assemblée générale au siège de la compagnie. Parmi leurs griefs contre Mayoro Racine, le directeur général de Senegal Airlines depuis février 2014, les salariés citent pèle-mêle : la « mauvaise gestion », « l’absence d’un vrai plan de relance », des « mesures d’intimidation »…

Senegal Airlines, qui a pris le relais en 2009 du défunt Air Senegal international (ASI), n’a pas vraiment su prendre son envol depuis sa mise en service en 2011. Régulièrement mise sous perfusion financière par l’État sénégalais, détenteur de 36 % du capital (contre 64% pour des privés nationaux), le transporteur aérien est aujourd’hui en restructuration.

« Partis d’une flotte de quatre avions, on est aujourd’hui réduit à un seul appareil ; de quinze destinations, on est passé à quatre ; d’un chiffre d’affaires mensuel de plus 4 milliards de F CFA (6 millions d’euros), on est aujourd’hui arrivé à moins de 100 millions de F CFA. Et sur le plan social, le personnel accumule actuellement quatre mois d’arriérés de salaires !», énumère Moustapha Diakhaté. Le collège des délégués exige le limogeage de Mayoro Racine et annonce son intention de porter plainte contre lui pour « fautes  de gestion, mise en danger de notre outil de travail, défaut de paiement de salaire, tentative de licenciement collectif déguisé et préjudice moral ».

Immobilisme

De son côté, le directeur général de Senegal Airlines rejette ces accusations. « Personne ne peut nous reprocher de ne pas avoir suivi la procédure, rétorque-t-il à Jeune Afrique. On aurait pu choisir l’option du licenciement économique, mais on ne l’a pas souhaité. La mise en chômage technique est un acte réversible au bout de deux mois. Ils conservent 25 % de leur salaire! ».

« Une poignée de délégués estime qu’il faut d’abord payer tous les arriérés de salaire avant d’instaurer le chômage technique alors même que la société ne peut pas payer les salaires, s’emporte-t-il. L’argent que verse l’État à Senegal Airlines est celui du contribuable sénégalais. Il est destiné au redressement de la boîte avant toute chose.» À l’en croire, la situation actuelle du transporteur est le résultat de plusieurs années de mauvaise gestion et d’immobilisme.

Alors que l’encours de la dette de Senegal Airlines est estimé à 60 milliards de F CFA (les comptes de l’entreprise sont en cours de certification), Mayoro Racine avance que c’est le secteur des transports aériens qui est difficile par essence. Il demeure d’ailleurs optimiste : « Senegal Airlines a accumulé des dettes en continu pendant quatre ans. En dépit de la gravité de la situation, la compagnie est viable. Nous avons commencé à prendre les décisions qu’il faut pour la sauver ».

Prévue lundi 29 juin, la réunion de son conseil d’administration, qui a été reportée au 14 juillet prochain, sera décisive.

Jeuneafrique.com

 

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