Contributions

Sénégalais ? Optimiste, viscéral, je veux dire ! (Par Elie-Charles Moreau)

  • Date: 26 août 2015

 Qui veut entrer dans les bonnes grâces des Sénégalais se doit de ranger au vestiaire tout mauvais sang ou signe qui s’apparente. Autrement dit, si vous entrez en commerce avec eux, mettez-vous à niveau, soyez fun et positif, zen et résolument blasé. Ne vous indignez surtout pas (déjà qu’il est une flopée de mouvements sociaux que pour ça) et, je vous le conseille, évitez tout propos de nature désobligeante. Et puis, à quoi bon disserter sur ce que tout le monde sait et même vit en continu ? À quoi bon égrener les misères du Sénégal ? À quoi bon revenir sur les thèmes et angoissantes questions qui font les ordres de jour en tous les espaces de prédilection de l’ethnologie moderne sénégalaise : la baisse de niveau des élèves et des enseignants, la cherté de la vie, le panier de la ménagère et le calepin comme troué du chef famille, le chômage et le sous-emploi des jeunes, la corruption en toutes les administrations (publique et privée), le délabrement de la santé des populations, les inondations qui recommencent dès les premières pluies, les bassesses politiques et les politiciens nomades, la saleté endémique dans les capitales de région, la menace intégriste, la pédophilie, les viols d’enfants, l’incivisme tacitement érigé en norme, la mort des tourismes, le vide culturel que quatorze « tuteurs » n’ont pu dénaturer, et, plus affreux encore, l’inaptitude des autorités à dresser les contours d’un avenir apaisé pour le temps ?

A cette grappe de sinistres, on pourrait ajouter les lancinantes questions du livre et de la lecture, des bons et des mauvais écrivains, des vrais et faux éditeurs, celle des fonds d’aides culturels, de l’émergence incluse, maintenant, dans toutes les salades et sauces dans lesquelles on voudrait désespérer plus encore les espérances des acteurs culturels.

Mais, bof !… Je n’apprends rien à personne. Ce dont je parle, tout le monde le sait et en sait même plus que moi. Tout le monde se plaint, mais, miraculeusement, la vie se poursuit et, avec elle, l’espoir en des demains qui ne saigneront plus jamais. Vous l’ignorez, probablement, l’optimisme est une singularité sénégalaise : tous nos malheurs finiront par (se) muer en bonheur sans éraflure. On le voit de partout et les saltigués et apparentés l’ont confirmé, paraît-il.

Je n’informe sur rien. Plutôt confirmer, des sensations qui s’assemblent à autant d’intimes convictions : que monsieur Macky Sall n’est ni un « président par défaut » ni un « président indifférent aux complaintes des populations » ; qu’à défaut d’une démocratie gouvernante, nous sommes sur le chemin, et le monde entier nous épie ; qu’à défaut d’institutions démocratiques parfaites, il y a la lettre (l’esprit, ça viendra) ; qu’a défaut de liberté, il y a des tonnes de libertés qu’on n’osait pas même imaginer il est de cela une vingtaine d’années ; que ce semblant de Fildak est à dissoudre si on ne peut la revoir et corriger consensuellement ! que dans une autre vie, tous les transhumants (politiques) ne seront qu’autant de cochons et avec les mêmes signes qui les particularisent ; qu’à défaut de films bien à nous, les télénovas comblent les frustrations au point d’être les vrais chefs-d’œuvre du cinéma sénégalais ; qu’à défaut de chaînes de télévisions qui nous retiennent et même vissent en nos fauteuils, le satellite meuble nos temps libres ; qu’à défaut de littératures qui nous distinguent honorablement de par le monde, nous avons des analystes qui ont oublié ou ne savent point que, question éditions, le Sénégal est encore au moyen-âge, qu’on ne peut pas et ne doit pas, par honnêteté intellectuelle, parler d’édition et la fustiger en partant des paramètres occidentaux ; qu’au « pays de Senghor » même s’il est des écrivains encore peu ou toujours pas sûrs que lorsque deux verbes se succèdent le second doit se mettre à l’infinitif, et des éditeurs qui devraient bien payer des dommages et intérêts pour bien des manuscrits qu’ils convertissent en « livre » ; qu’il est aberrant et ridicule de parler d’éditeurs qui « s’enrichissent sur le dos des écrivains ».

Et puis quoi ? Ni le présent ni l’avenir ne sont à insulter ! Déjà que le présent n’est pas un enfer et que l’avenir a aussi son lot de surprises heureuses, hein ? Sourions donc ! Sourions d’autant qu’il ya encore du soleil ! Ah le soleil !… Entendons-nous bien :je ne parle ni encore moins ne pense au journalinstitutionnel dans la Cité. Je parle du vrai soleil qui nous surplombe et, ainsi, prouve que les nuits terribles dans lesquelles nous nous mouvons, bien malgré nous, sont bien surmontables.

Que voulez-vous qu’encore je vous dise ? Que la Françafrique est bien préoccupée et occupée à reconstituer « l’empire » d’autant que la Chinafrique, de jour en jour, gagne du terrain ? Que c’est pour sûr par la communication et la culture que le candidat Macky Sall regagnera son fauteuil ou le perdra ? Qu’au train où vont et sont administrés ces deux secteurs, il n’est pas d’heureux présages encore moins la certitude de gagner dès le premier tour ? Que la rentrée gouvernementale est à convertir en temps d’essentiels chamboulements des attelages et des compagnonnages pour la plupart inutiles, voire ruineux ? Que la vie des Sénégalais qui se réveillent au Sénégal, singulièrement, est accrochée à deux verbes du premier groupe :résister et espérer ? Que trop de postures républicaines ne sont, hélas qu’autant d’impostures ? Qu’on parle d’alternance générationnelle en ignorant ou ne sachant pas même qu’il est trop de jeunesses pourries dans la république des idées et des idéologues ? Que pour espérer avoisiner l’émergence, le préalable c’est une sérieuse prise en charge de la culture ?

Au fond, trop de questions pavoisent et paradent dans ma cervelle. Mais, trouver réponses à des complexités n’est ni ma prédestination ni de mon ressort. Je le dis fort souvent, je vais le répéter et pour la gouverne de tout le monde : je n’ai pas tous les talents et je ne peux être de tous les barouds. Ces choses-là sont de l’ordre du divin. Mais, toute existence humaine étant faite de choix, j’ai décidé. J’ai décidé d’être un homme heureux…« en attendant le vote des bêtes sauvages ». Un point. C’est tout.

Elie-Charles Moreau

Mouvement « Alternatives-Culture »

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