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Septennat : victoire des caciques de l’Apr

  • Date: 18 février 2016

En décidant de suivre l’avis du Conseil constitutionnel et de l’élever au rang de décision à exécuter, Macky Sall trouve un intelligent alibi pour faire sept ans et non cinq ans comme il l’avait promis urbi et orbi. Il a ainsi cédé à la fois à une pression morale mais aussi et surtout à une pression politique d’influents responsables de son parti. L’application du septennat est donc la grande victoire de ces responsables, véritables caciques de l’Apr.

Se limiter à un quinquennat et convoquer une élection présidentielle en 2017 seraient pour l’Apr un suicide politique. Le contexte lui est défavorable. Tous les signaux sont, en fait, au rouge. Si Macky Sall a une bonne image à l’étranger, sur le plan national son image est écornée par une communication défectueuse, des dérives de plusieurs responsables de son parti l’Apr, une anémie politique notée dans presque toutes les Collectivités locales, une crise socio-scolaire permanente et une présence ostentatoire de membres de sa famille et de nombre de ses amis au cœur du pouvoir. Cela est mal vu. Les gens de l’Apr le savent. D’ailleurs, ils peinent à s’imposer dans les débats radiophoniques et télévisuels.
Éviter un suicide politique

Les caciques de l’Apr savent bien qu’aller à une présidentielle en 2017 est un suicide politique. En fin janvier 2016, un ministre du gouvernement, lors d’une réunion politique à sa base n’a pas hésité à expliquer à ses militants pourquoi il n’est pas avec Macky Sall pour un quinquennat. « Paré gouniou », (Nous ne sommes pas prêts), argumentait-il.
Et comme les autres caciques de l’Apr, il sait que le désappointement se manifeste encore partout. La caricature donnée au pouvoir sous le nom répugnant de dynastie Faye-Sall, l’image désastreuse de l’Assemblée nationale qui relève de l’obédience politique de l’Apr, la série de scandales politico-financiers qui impliqueraient, entre autres, le petit-frère du Président, Aliou Sall, le recyclasse de transhumants dont la seule évocation des noms provoque un rejet de presque toute la classe politique, le gouvernement pléthorique et budgétivore, les effets désastreux de l’Acte III de la décentralisation, l’arrogance et la démesure des gens de l’Apr, entre autres tares politiques, pouvaient directement mener le régime vers un chaos électoral si c’était en 2017.
Les caciques de l’Apr qui sont dans leur écrasante majorité des vétérans du jeu politique sénégalais le savent mieux que quiconque. Par conséquent, ils ont manifesté leur refus radical de voir Macky Sall convoquer une élection en 2017 et ont œuvré inlassablement pour qu’il fasse un septennat.

Moustapha Cissé Lô, Cheikh Kanté, Diène Farba Sarr, Mame Mbaye Niang, Daouda Dia, Moustapha Diakhaté, Mariama Sarr, Matar Bâ, ainsi que d’autres responsables de l’Apr se sont montrés radicaux pour sept ans. Certes, certains se sont un moment mis en apnée sur instruction de Macky Sall. Mais ils ont, d’après des sources sûres, œuvré en renardière pour que Macky Sall fasse sept ans.

D’autres ont même « travaillé » l’oreille de certains guides religieux qui, lors du Maouloud, ont largement suggéré à Macky Sall de « faire sept pour poursuivre son œuvre ».
Il s’y ajoute une communication politique et gouvernementale désastreuse qui n’arrive à rendre visible aucun acte majeur posé jusqu’ici par le régime de sorte que les Sénégalais disent « deuk bi dafa Macky » pour parler de la morosité du pays.

Aujourd’hui, en se faisant débouter par le Conseil constitutionnel, Macky Sall se donne l’opportunité juridique de rester encore au pouvoir malgré tout ce qu’il a dit avec fermeté, assurance et persuasion de ne faire que cinq ans.

La pression fut d’abord politique. Certains alliés comme le Ps de Tanor- différent du reste du parti-, et l’écrasante majorité des caciques de l’Apr ont lourdement pesé sur le revirement de Macky Sall. Cette pression politique s’accommodait même de menaces car un quinquennat serait pour eux une voie vers l’abîme. Faire un septennat est donc pour eux une façon d’éviter un suicide politique.

Pression morale et pression politique
La pression fut ensuite morale. Faire un quinquennat serait pour Macky Sall engager un combat sans armes décisives. Que dire à l’électorat et qu’opposer aux adversaires si redoutables qui ont un grenier inépuisable d’arguments ? Il faudrait bien à Macky Sall un bilan matériel irréfutable à présenter avec des édifices infrastructurels imposants et des estrades majestueuses du haut desquels parlerait son génie politique. Mais il n’en a pas encore. Or, le Sénégalais vote selon l’injustice qu’aurait subie le candidat ou à partir de ce qu’il voit.

Moralement et politiquement, Macky Sall n’est donc pas prêt. L’Apr non plus n’est pas encore un appareil politique solide, consistant et cohérent. Seul le pouvoir la tient et lui donne l’apparat d’une force politique. Mais en réalité, elle n’est pas un engin consistant de conservation du pouvoir. C’est d’ailleurs en étant au pouvoir qu’elle a perdu énormément de Collectivités locales.

Destinataire privilégié de renseignements, Macky Sall a toutes les informations sur la situation de son parti, sur ses forces et ses faiblesses. Ses défaillances sont nombreuses.

Le choix du septennat ou du quinquennat n’est donc point une affaire de droit. C’est une question éminemment politique. Macky Sall n’a donc pas le choix. Aucun cadeau ne sera fait à son régime et il sait. Les caciques de l’Apr ont été aux premières loges de la pression pour qu’il fasse sept ans. Il a alors cédé en se refugiant derrière l’avis du Conseil constitutionnel, un avis et non une sentence, ni un verdict encore moins un jugement. Mais il l’assimile à une décision ce qui n’est que de l’exutoire qui marque le triomphe des caciques qui n’ont point voulu entendre parler de quinquennat mais septennat.

Pape Ndiaye

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