Accueil / POLITIQUE / Serigne Fallou Dieng, président du cercle des soufis sur le remaniement «C’est la pagaille et la difficulté politique»

Serigne Fallou Dieng, président du cercle des soufis sur le remaniement «C’est la pagaille et la difficulté politique»

La situation politique, la venue du président français Emmanuel Macron au Sénégal, entre autres, sont les questions clés de l’entretien que nous accordé Serigne Fallou Dieng, président du cercle  des soufis.

« Pour nous, c’est un remaniement de pagaille et de la difficulté  politique, dans la mesure où tous les ministres reconduits sont en difficulté et dans une situation d’impasse politique. On a remercié  Madame le Ministre de la Santé qui a capitalisé une certaine expérience, pour  la remplacer par quelqu’un d’autre. Ensuite, on la nomme ministre d’Etat auprès du Président de la République.  Pourquoi ne pas la retenir dans le gouvernement ? Il y a un effectif pléthorique de ministres et de ministres d’Etat, cela laisse penser à un pilotage à vue et reflète une panique et un manque de  discernement du  Président de la République.  C’est aussi un manque de respect aux Sénégalais. Il n’a pas respecté les Sénégalais parce que c’est de la pagaille. C’est un gouvernement de cafouillage et de désordre. Démettre un ministre d’un secteur où il a engrangé beaucoup d’expérience et le mettre dans un autre secteur dans lequel il n’a pas  aucune expérience, cela dénote un certain  tâtonnement.

« Pas de discours très chargés d’incidence morale aux Africains»

Le Sénégal est une terre d’hospitalité, donc la France est un partenaire privilégiée et durable. On souhait au président français  Emmanuel Macron  la  bienvenue, mais nous le prévenons parce que les Sénégalais  n’accueilleront pas avec chaleur un président français qui recommande une dérégulation sociale au Sénégal. C’est-à-dire un partenaire français qui donne son quitus politique à l’ethnocentrisme politique. Macron a beau se faire le chantre d’une France des nouvelles idées et d’un renouvellement politique, mais il a aussi fait des maladresses langagières pleines de condescendance à l’égard de l’Afrique, comme  l’avait fait Nicolas Sarkozy  avec son fameux discours de Dakar. Ce genre de discours très chargé d’incidence morale aux Africains, qui remet au goût du jour le fameux discours de Victor Hugo qui appelait les Français à coloniser l’Afrique pour civiliser les sauvages et faire de la France une nation monde. Ces discours ne seront plus acceptables  à Dakar.

« Incendie  du bus  de DDD, un coup fourré  politique des adversaires de Khalifa Sall » 

Le cercle des soufis redoute un coup fourré politique des adversaires de Khalifa Sall pour l‘isoler.  Il faut faire  la part des choses. Je ne suis pas  un militant de  Khalifa et je ne le connais pas. Que ça soit très clair. Mais étant des hommes libres, le cercle n’accepte pas le fait de se servir de ces évènements douloureux, c’est-à-dire le saccage du bus pour  décréter un cordon sécuritaire contre Grand-Yoff. Les bus commencent à contourner Grand-Yoff pour priver cette population  de moyens de transport. Il faut une enquête sérieuse, faite  dans  les règles de  l’art, pour situer les responsabilités avant de dire que  ce sont les partisans de Khalifa Sall. Faire des conclusions hâtives pour accuser un adversaire politique, les Sénégalais ne l’accepteront pas. Le cercle n’accepte pas le fascisme du président Sall qui réprime souvent ses adversaires par tous  les moyens  nécessaires. Depuis que Dakar est tombée dans l’escarcelle de Khalifa Sall, la capitale sénégalaise est souvent confrontée  des pénuries d’eau. Pour nous, on considère cette situation comme une punition collective de la part du Président de la République. C’est une manipulation pour punir le peuple de Dakar qui lui a tourné le dos. Chaque année, il y a une pénurie d’eau et la population dakaroise courent derrière les camions citernes, comme si le président faisait une charité. Le cercle ne peut pas comprendre que chaque année, il y ait une pénurie d’eau pendant un mois.

« L’inaction de la mairie et le manque de transparence dans la gestion à Touba »

C’est la même situation que nous déplorons à Touba car la cité religieuse est devenue une belle avec une odeur nauséabonde. Touba a tourné le dos au Président de la République. Cela s’explique par  l’inaction de la mairie et le manque de transparence dans la gestion  du bien public à Touba. Le cercle des soufis appelle les autorités publiques  à faire  la lumière sur le détournement des deniers publics  à Touba. Il faut qu’il y ait une rigueur à la marie de Touba. Il faut que  la gestion du maire soit  mise sous  les projecteurs  de la comptabilité publique. Le cercle réitère cette demande car  la population de Touba est fatiguée,  martyrisée et infantilisée. La population de Touba se trouve entre le marteau d’un Etat défaillant et l’enclume de la mal gouvernance d’une municipalité  incompétente et irresponsable ».

Propos recueillis par Zachari BADJI

À voir aussi

Démission de Madické Niang

Madické Niang a démissionné de son poste de vice-président du bureau de la commission ad …

Dialogue politique national- Aj/Pads authentique donne carte blanche à Landing Savané

Le ministre de l’intérieur, Ali Ngouille Ndiaye, peut compter sur la présence de Landing Savané …