SERIGNE MODOU BOUSSO DIENG SUR LA PEINE DE MORT- « Seuls les intellectuels occidentalisés s’y opposent »

Au cours d’un face à face avec la presse hier, le guide des jeunes chefs religieux, Serigne Modou Bousso Dieng, a jugé qu’aux regards des différents avis émis jusqu’ici sur la peine de mort, « aucun interlocuteur valable n’est contre ». Il estime qu’une justice se doit d’être « équilibrée et proportionnelle ». A l’en croire, « tuer l’enfant d’autrui et laisser sa mère sans soutien, faire 5 ans ou 10 ans en prison et sortir, est une rupture d’équilibre ».

Convaincu de la nécessité du retour de la peine de mort, il a fait savoir que « ceux qui cherchent à y voir un lien avec l’Islam ont tout faux ». Le Président du Collectif des jeunes chefs religieux n’y va pas par quatre chemins. Il argue alors que « la peine de mort est antérieure à l’Islam et que nombre de pays qui la pratiquent comme la Corée du Nord, la Chine, les Etats-Unis, ne sont pas islamiques ».

C’est pourquoi, il est d’avis que « seuls les intellectuels occidentalisés sont abolitionnistes ». Car, à l’en croire, « ceux qui disent que la peine de mort est contraire au droit, ne connaissent manifestement pas le droit qui n’est rien d’autre que ce que les populations veulent ». Et ici, ce n’est pas difficile de connaître ce que les Sénégalais pensent sur la question.

C’est pourquoi, Serigne Modou Bousso « exhorte l’Etat à prendre ses responsabilités avant que les populations ne prennent la leur ».

Toutefois, il n’en pas moins que « ceux qui veulent imputer la responsabilité à l’Etat se trompent ». Car, « l’Etat ne peut pas gérer des cas isolés et des cas privés ».

Le jeune marabout tient à faire savoir que l’Etat ne peut être tenu responsable que s’il s’agit de bandes organisées ou de viols en réunion. L’Etat, à l’en croire, doit s’occuper de la circulation des biens et des personnes en les garantissant, mais la gestion des affaires privées incombe aux chefs de familles, aux chefs religieux, aux parents et aux chefs traditionnels.

Donc, chacun doit jouer sa partition.

Le jeune marabout a aussi profité de l’occasion pour exiger de l’Etat la libération de Imam Ndao car il reste convaincu que « la détention préventive de plus d’un an est inhumaine, surtout si elle se fait dans certains conditions draconiennes ».

Il a cependant mis en garde les Imams d’éviter désormais de s’attaquer à leurs frères musulmans dans leurs prêches au risque de ne pas pouvoir solliciter leur soutien en cas de difficulté.

Khady Thiam Coly

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