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Service Brahim, témoin : « On a été aligné avant d’ouvrir le feu sur nous »

A la suite de Zenaba Bassou Ngolo, deux autres témoins ont été entendus par les juges des Chambres africaines extraordinaires. Il s’agit de Service Brahim et Djede Kourtou Gamar, tous des Hajaraïs. Pour le premier nommé, il était un militaire tchadien. Un jour ayant terminé son travail, Service Brahim est allé se reposer chez lui. Mais, cela ne va durer que quelques instants car, un de leurs éléments lui notifiera de venir répondre dare-dare au commandant de la Brigade. Sur place, le commandant lui demandera ce qu’il a parce que, dit-il, il a reçu un ordre de l’arrêter. Envoyé en cellule, il trouvera 5 autres détenus dont une femme. « Une nuit vers les coups de minuit, ils nous ont amené à bord d’une Toyota avant de nous attacher les yeux. Arrivés au pied d’une montagne, ils nous ont demandé de dire la vérité mais, on ne savait pas pourquoi on a été arrêté », narre-t-il. Avant de poursuivre : « Ils nous ont ensuite aligné avant de tirer sur nous. J’ai été touché au pied plus précisément au tibia mais je faisais semblant d’être parmi les morts. Lorsque ces gens-là sont partis, j’ai réussi à rallier un village qui se trouvait à 4 km où j’ai reçu les premiers soins ». Toutefois, le témoin a indiqué avoir été conduit à N’Djamena plus exactement à la Brigade spéciale d’intervention rapide (Bsir). Sur place, il sera entendu par Mouhamad Bidon qui lui demandera s’il était Hajaraï. Service Brahim a répondu par l’affirmative avant de préciser qu’il ne fait pas partie des gens de son ethnie qui ont rejoint les rebelles. A l’en croire, son arrestation se justifie par le fait qu’il est Hajaraï.

Djede Kourtou Gamar, témoin : « Je suis handicapé à vie »

Djede Kourtou Gamar, directeur d’une agence de presse va rester dans le même volet que son prédécesseur. Il a exposé sur les faits qui ont eu lieu le 21 avril 1983. Ce jour-là, dit-il, des éléments de la Brigade spéciale d’intervention rapide (Bsir) ont fait irruption sur leur lieu de travail avant de tirer sur eux. Alertée par les coups de feu, une foule s’est automatiquement formée devant lesdits locaux. Les agents de la Bsir ont donc pris la fuite. C’est sur ces entrefaites qu’il a été blessé à la jambe. « Depuis 30 ans je porte ce handicap avec toutes les séquelles liées à ce qui m’a été fait. Je marche à l’aide d’un prothèse », a dit Djede Kourtou Gamar. Il poursuit : « je suis handicapé à vie ». Par ailleurs, le témoin a soutenu que c’est l’ancien président tchadien qui voulait l’éliminer. « C’est Hissein Habré qui était derrière la volonté de m’éliminer. Alors que je servais Hissein Habré loyalement, il a bénéficié du soutien le plus actif de ma communauté (Hajaraïs) ».

Sur une question de la défense, le témoin a soutenu que personne n’osait porter plainte contre Habré parce que : « tu seras conduit au trou et c’est fini pour toi ». En définitive, le sieur Gamar a demandé à ce que justice soit faite.

Cheikh Moussa SARR

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