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Sida: 1/3 des infections causé par l’injection de drogue

L’ensemble des infections à VIH est lié à la consommation de drogues. Selon la Directrice de l’ANCS, Magatte Mbodj Gueye, la consommation des drogues injectables est à l’origine de près d’un tiers (1/3) des nouvelles infections à VIH.

L’ANCS, en collaboration avec la Commission ouest africaine sur les drogues, a organisé hier une rencontre d’échanges sur une déclaration d’engagement sur la réduction des risques et une proposition de loi type sur les drogues en Afrique de l’ouest.

« Cette réunion de haut niveau marque un tournant décisif dans la réponse au VIH et dans l’élaboration de politiques de réduction des risques auprès des consommateurs de drogues en Afrique de l’ouest. En effet, selon l’ONUSIDA, la consommation des drogues injectables est à l’origine de près d’un tiers (1/3) des nouvelles infections à VIH. Pourtant moins de 8% des consommateurs de drogues injectables bénéficient de services de prévention du VIH », déclare Mme Magatte Mbodj Gueye.

Selon elle, ces consommateurs de drogues injectables sont non seulement confrontés à des risques physiques d’infection par le virus, mais ils sont aussi vulnérables à celui-ci en raison de leur statut juridique et social. « Illégale dans de nombreux pays, la consommation de drogues est passible d’une peine de prison et elle est très fortement stigmatisée ; ce qui marginalise davantage les personnes ayant des problèmes avec la drogue. Il en résulte que les consommateurs de drogues injectables sont rarement à même ou désireux de se rendre dans les services de santé, de peur des récriminations », dit-elle.

Ainsi, la Directrice de noter que cette situation nécessite que l’ensemble des acteurs intervenant sur les questions de droits humains, dans la lutte contre le VIH et la tuberculose, mènent des actions ciblées à l’endroit de cette population particulièrement vulnérable. « Avouons-le : la répression tous azimuts des consommateurs de drogue a atteint ses limites et pose plus de problème qu’elle n’apporte de solutions. Ceci appelle donc de nous un changement de paradigme et une vision prospective et positive dans  la lutte contre la drogue et le VIH qui se traduisent par  une offre de service centrée sur la santé publique et le respect des Droits humains », souligne-t-elle.

Cependant, Mme Gueye de rappeler que des mesures de réduction des risques VIH/TB sont d’autant plus nécessaires que les données disponibles sur l’Afrique subsaharienne en 2013 suggèrent qu’il existerait, selon l’ONUDC, 1.778.500 consommateurs de drogues injectables en Afrique subsaharienne, dont 221.000 sont infectés par le Vih.

« Face à cette situation, il est urgent de réfléchir sur des modèles qui nous permettent de mieux gérer la situation des personnes qui ont un problème avec la consommation de drogue pour faciliter leurs accès aux services de prévention, de traitement et de prise en charge du VIH sans compromettre leurs droits et libertés fondamentaux ni leur imposer un traitement dégradant », soutient la Directrice. Et ajoute que la loi TYPE sur la drogue est à ce titre une avancée majeure permettant aux pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre de disposer d’un arsenal juridique progressiste et plus humaniste.

« Mettre les drogués en prison, c’est accroitre le risque de VIH»

Le Directeur exécutif de ONUSIDA, M. Michel Sidibé, de son côté, de déclarer que la condamnation des utilisateurs de drogues peut conduire à des risques de VIH en matière de santé. « Le Modèle de loi sur les drogues nous conduit dans la bonne direction fondée sur la science, les données probantes et les droits de l’homme.

Mettre en prison les gens qui utilisent des drogues accroît le risque de VIH et autres risques en matière de santé. Le Modèle de loi traite la dépendance aux drogues comme un problème de santé plutôt qu’une question qui relève du droit pénal. En promouvant la réduction des risques, le Modèle de loi aide à protéger les gens contre les maladies et les décès dus aux overdoses », déclare Michel Sidibé.

Selon lui, il connectera les gens aux services sociaux et aux services de santé. Il réduira les coûts de la justice pénale. « Ici au Sénégal, nous avons un bon exemple d’initiatives communautaires par les pairs pour la réduction des risques. Le Modèle de loi améliore l’accès aux médicaments essentiels tels que la morphine et autres opiacés pour la gestion de la douleur.

C’est inacceptable que 90% de toute la morphine dans le monde soit consommés par les 10% les plus riches de la planète, alors que le Nigéria reçoit à peine 0,2% de ses besoins. Pourquoi les citoyens à travers l’Afrique devraient-ils pâtir du manque de moyens pour soulager la douleur ? » dit-il. Et ajoute que ce type de souffrance évitable est un affront pour la dignité humaine.

Pour rappel, cette la rencontre a vu la présence d’Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigéria et président de la WACD, et de Dreifuss, ancien président suisse, présidente de la commission global de politique en matière de drogues.

Khady Thiam COLY

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