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SIDIKI KABA SUR LA CONDAMNATION DE HABRE-  « Il n’y a aucune main étrangère (…)»

 Le ministre de la Justice, Garde des sceaux, a animé un point de presse, hier, pour se prononcer sur le verdict rendu par les Chambres africaines extraordinaires (Cae) condamnant Hissein Habré à perpétuité. Selon Me Sidiki Kaba, « ce n’est pas une main étrangère qui est à l’origine de la décision qui a été prise ». Il a également abordé la question de la réparation, le coût global du procès, entre autres points.

Au lendemain de la décision rendue par le juge des Chambres africaines extraordinaires (Cae) condamnant Hissein Habré à perpétuité, le ministre de la Justice du Sénégal, Garde des sceaux, a animé un point de presse, hier, pour se prononcer sur le verdict. En ce qui concerne le lieu où Hissein Habré va purger sa peine, c’est évidemment au Sénégal, nous dit Me Sidiki Kaba. Il s’explique : « Le statut prévoit aussi qu’il y a la possibilité que ce soit dans un autre pays. Cependant, c’est à la prison du Cap Manuel où Hissein Habré, depuis son arrestation, en juillet 2013, loge et c’est là-bas qu’il va purger sa peine ». En réponse à une question sur la comparution de Hissein Habré seul, Me Sidiki Kaba dira qu’il faudrait aussi dire peut-être que c’est ce que l’on a vu dans le cadre de ce procès. Cependant, il faut dire que les autres personnes ont été poursuivies au Tchad dans le cadre des crimes qui ont été commis pendant la période allant de 1982 à 1990. « Pendant ce procès, qui a eu lieu, l’année dernière, pas moins d’une vingtaine de personnes ont été condamnées à des peines lourdes allant de la perpétuité et à des peines lourdes. Ce que veut dire que plusieurs personnes sont dans le cadre de ce procès et ces personnes ont eu à rendre compte devant la justice », a-t-il dit. Toutefois, le ministre de la Justice indique que le mandat du Sénégal, c’était d’organiser ce procès et ce qu’il faut retenir c’est que ce procès a concerné un certain nombre de personnes qui ont eu une implication directe ou indirecte dans la perpétration des crimes qui ont été commis pendant cette période qui est visée dans le cadre du statut.

« Ce sont des juges africains qui ont rendu la justice…»

Aussitôt après le verdict, Hissein Habré avait déclaré : « Vive l’Afrique indépendante, à bas la Françafrique ». Pour répondre à l’ancien homme fort de Ndjamena et à ses proches, Me Sidiki Kaba déclare : « De notre côté, nous entendons parler de la francafrique. On en parle beaucoup. La françafrique, ça rappelle une vieille histoire. Depuis les indépendances, on parle de tout un tas de choses et on parle maintenant de la françafrique. Donc, il ya eu une inversion en disant peut-être que ça se décide au niveau de l’Afrique. Mais, ce qui est certain, c’est que ce procès s’est passé en terre africaine. Ici, au Sénégal et vous les voyez, c’est une juridiction mixte où il y avait à la fois des juges sénégalais et des juges internationaux africains. Et, ce sont ceux-là qui ont rendu la justice et cette justice elle a été rendue au clair soleil ».

Le ministre a également rappelé qu’il s’agissait d’un procès public dont tout le monde avait accès. Selon lui, il yavait des débats qui ont été faits de manière contradictoire. La partie civile a eu à mettre en avant les éléments dont elle disposait, la défense la même chose en essayant de mettre en cause l’accusation. Et l’accusation qui a été soutenue par le procureur général. « En dernière instance, les juges qui avaient en charge de tirer les conséquences de toutes les argumentations qui ont été développées ont pris leur décision. Je crois que ce n’est pas une main étrangère qui est à l’origine de la décision qui a été prise. Je pense qu’il faudrait un peu sortir de cette facilité. Chaque fois qu’il y a une décision, il y a une irresponsabilité que l’on voudrait mettre en avant où l’on parle de l’irresponsabilité des dirigeants africains en disant que ça vient de l’étranger alors qu’il y a des responsabilités », martèle le Garde des sceaux. Et de renchérir : « Il faudrait que ceux qui ont la responsabilité de diriger le pays le fassent en tenant compte de la reddition des comptes et du fait qu’ils doivent faire en sorte que l’argent public soit bien géré. Qu’ils fassent en sorte aussi que cet argent soit au service du développement ».

Un procès à  plus de 5 milliards  F Cfa

Invitée dans une télévision de la place, la femme de Hissein Habré avait déclaré que ce procès a couté 18 milliards F Cfa. Ces déclarations ont été battues en brèche par Me Sidiki Kaba même si, dit-il, ce n’est pas lui qui est directement visé. « Elle a dit que le procès a couté 18 milliards F Cfa et que donc, c’est la françafrique. On a vendu son mari à la France et aux autres. Je dis qu’en ce qui concerne le montant avancé, cela ne correspond pas à la réalité. Le chiffre exact de ce qui a permis d’organiser ce procès,c’est la somme de 5.527.399.330 F Cfa. Donc, on est bien loin quand on porte des accusations, on doit être aussi précise que possible. Mais, c’est tout à fait normal, Mme Fatimata Raymond Habré est une bonne épouse qui défend bien son mari », précise Me Sidiki Kaba. Avant de poursuivre : « Mais, je voudrais dire que cela n’est pas la réalité. Il faut retenir que ce n’est pas un procès organisé à 18 milliards F Cfa. Il y a eu plusieurs contributeurs. L’Union africaine (Ua), au Sénégal, qui a organisé ; au Tchad, l’Union africaine et l’union européenne(Ue) qui ont tous ensemble contribué. Pourquoi ensemble, parce qu’il est dit dans le statut de l’Union africaine (Ua) que la lutte contre l’impunité est l’un des objectifs de la création de cette union. C’est ce qui a justifié que tout le monde a mis la main à la patte pour organiser ce procès ».

« La grâce est ouverte (…) »

Hissein Habré peut-il bénéficier de la grâce ou de l’Amnesty? Pour répondre à cette question, Me Sidiki Kaba dira que dans les conventions et les statuts, il ya toujours une possibilité qui est ouverte. Dans le cas d’espèce, il va de soi que c’est dans les juridictions sénégalaises que Hissein Habré a été jugé. « L’exécution appartient à l’État du Sénégal et dans son exécution et dans l’exécution des décisions de justice, il ya des voies d’aménagement de peines. Alors, qu’elles sont là ces voies d’aménagement de peines qui vont à la réduction de la peine par la grâce et aussi par d’autres modes qui peuvent être utilisés dans ce cadre-là », a-t-il déclaré.En ce qui concerne l’Amnesty, poursuit-il, ça se passe au niveau du parlement. Il faudrait que le parlement soit saisi et il ne pense pas qu’une telle procédure puisse prospérer. « Mais ce qui est certain, c’est que la grâce est ouverte et tout dépendra de ce qui va advenir après un procès définitif d’appel », soutient-il.

« 75 milliards F Cfaaux victimes »

Abordant la question des réparations, le ministre de la Justice a révélé, hier, que « l’État tchadien a été condamné à payer 75 milliards aux victimes. 50% vont être acquittés par l’État et 50% par les personnes condamnées. Cela voudrait dire que justice a été faite sur le plan pénal mais la réparation a suivi. Parce que les victimes sont souvent, une fois que le droit est reconnu, dans une situation de détresse morale, matérielle et psychologique. Il est donc important que l’on puisse les soutenir pour qu’elles puissent retrouver une vie digne ». À l’en croire, il y a eu la mise en état, hier, pour voir dans quelle mesure la Cour va organiser la procédure qui concerne les réparations. Cette procédure aura lieu avant le 31 juillet et en ce moment, renseigne Me Sidiki Kaba, « nous saurons exactement qu’elle sera la décision qui sera prise et les montants qui seront alloués aux victimes ».

Cheikh Moussa SARR

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