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SIMON KOUKA-RAPPEUR : «Y’en-a-marre me porte préjudice»

C’est un homme relax qu’on accueille dans nos locaux. Un peu trop à l’aise, remarque-t-on. Pas étonnant, les interviews ne lui font pas peur. A ses aises sur le divan de Recto-Verso, le premier round débute sans pression, avec l’invité de Rewmi Quotidien. Simon Kouka ou Simon Bis bi clan ou encore Simon de Y’en-a-marre qui, avec son concert en vue au Grand-théâtre, nous parle du rap et de son actualité. Seconde round, sur les trois prévus, Y’en-a-marre dont il est un des leaders. Là, on découvre le Simon passionné qui dégaine face à la critique sur l’épopée Congolaise. Amer, il en bouchera un coin aux critiques hypocrites. Ouf, le dernier round sera un long fleuve tranquille, avec Simon, agneau devant sa tendre épouse qu’il dit craindre. Ah bon Simon !

Bientôt un deuxième concert au Grand-théâtre. Quel bilan tirez-vous de celui de l’année dernière ?

Le bilan est très positif. On avait réussi le pari de la mobilisation, alors qu’on doutait que le rap puisse remplir le «Grand théâtre». Cette année, le spectacle est privilégié. C’est l’occasion de présenter au public notre trophée du meilleur album de l’année des Top Awards. Une façon de remercier ceux qui se sont mobilisés pour envoyer des Sms. Un jeune a voté avec les 350F destinés à son gouter. Ce sont des gestes qui impressionnent et qu’on doit magnifier, en leur prouvant qu’ils ont misé sur un artiste qui en vaut la peine. C’est montrer aussi que le Hip-hop gagne des trophées et qu’il a vraiment «son homme de l’année».

Ça sera aussi l’occasion de présenter votre trophée des Top-Awards, unique événement qui récompense le travail du Hip-hop. N’est-il pas temps d’en faire un grand événement ?

Avant, on avait les Hip-hop awards, le Tube de l’année, etc. C’est pourquoi il faut féliciter Lamay Sen qui a initié les Top awards et le Groupe Promo consulting qui l’a accompagné. Actuellement, il est vraiment temps de s’y mettre, pour que l’année prochaine, les Top awards atteignent un autre stade. On n’en a discuté avec le président Mbagnick Diop qui est en phase avec nous. C’est pareil pour le Grand-théâtre. Après, on compte faire comme les mbalaxmen qu’on entend au Dock Pullman ou Bercy.

Quel sera le message de cette deuxième édition ?

Sur les affiches, on peut voir un militaire, un avocat et un prisonnier. Le choix de ces trois personnages n’est pas fortuit. L’explication est que dans la vie, il faut se battre, d’où la tenue militaire qui représente cet esprit de combattivité. Mais si on se bat, on est assisté, d’où l’avocat. Et si on n’est pas assisté, on finit prisonnier d’un système, de sa propre vie ou dans un cachot, parce qu’on ne s’est pas battu, au moment où on devait le faire. Rien n’est fait par hasard et le 18, les gens comprendront les autres messages, parce que c’est vraiment thématique.

On a l’impression que contrairement à l’année dernière, le Grand-théâtre de Simon a moins d’ampleur ?

Ce n’est pas le cas pourtant, parce que on a plus de média partenaires où les spots passent. De trois chaines de télévisions, on est passé à cinq. L’année dernière, c’était une première et les critiques ont suscité le buzz. Cette année, tous les tickets sont quasiment écoulés, avec plus de 800 ventes, à trois semaines de l’événement, sachant qu’il y a 180 places réservés par le Grand-théâtre, les accréditations de la presse et les invitations pour la famille, le monde du Hip-hop. Donc il ne reste que 200 tickets à vendre. La communication est juste pour tenir les gens informés. Il y a la pub avec Père Bou Xar, néanmoins, la semaine prochaine, on va investir les rues, avec les spots.

«Le Sénégalais est hypocrite et méchant, parce que les jeunes Congolais n’ont pas choisi de rencontrer des jeunes des partis politiques»

L’année dernière, Gaston était le parrain de votre soirée. Qui sera l’heureux élu ?

Cette année, l’événement est centré sur l’éducation, le leadership entrepreneurial, d’où le parrain Cherif Bass qui faisait du porte-à-porte pour vendre des produits. Bosseur, il a réussi à créer sa propre entreprise qui emploie des jeunes. La marraine est Myana Fall, une jeune qui, après ses études, a ouvert sa boite qui fait des livraisons, via le net et emploie beaucoup de gens. Deux exemples pour la jeunesse à qui on conseille de ne pas attendre qu’on lui tende le bras pour réussir. D’autres parrains, comme Moustapha Guirassy, qui croit en nous, nous convie dans son école, pour faire des conférences de leadership. Il a aussi offert des bourses à des jeunes issus du milieu hip-hop. Il y a aussi Diouma Dieng Diakhaté et tant d’autres à qui on va rendre hommage, le 18 avril. La paix en Casamance, les femmes victimes des mines anti-personnelles, entre autres, seront abordées. Simon au Grand-théâtre, ça ne sera pas que de la musique.

Parlons de l’actualité de votre mouvement Y’en-a-marre. Vous rendre en Rdc, n’était-ce une ingérence dans les affaires de ce pays ?

Du tout, parce qu’on a été invité. Les gens oublient que l’Afrique était un même peuple que l’Occident a divisé par des frontières. La preuve : nos langues ont la même connotation, idem pour les coutumes. Doit-on continuer à faire plaisir au Blanc, comme nos dirigeants ? Non ! Aujourd’hui, des mouvements comme Y’en-a-marre sont en phase de réussir et forcément, attire des détracteurs. Les Sénégalais sont toujours aliénés. En disant qu’on ne devait pas s’y rendre, ils oublient que ce sont des frères africains. On ne peut pas refuser leur invitation. Il fallait montrer un signal fort que le mouvement a réussi. Pourtant, on s’est rendu 5 fois au Burkina Faso, sans problème. Notre message est de citoyenneté : inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales, à prendre part au développement de leurs pays, en tant que patriotes.

N’était-ce pas pour les pousser à la révolution, comme ce fut le cas, au Sénégal, en 2012 et récemment, au Burkina Faso ?

Le Congo a connu sa révolte, depuis janvier, avec une vingtaine de morts. Des mouvements comme Filimbi, Lucia n’ont pas besoin de Y’en-a-marre pour faire leur révolution. Ils ont décidé de nous inviter, parce qu’ils se sont inspirés de nous. Le même message qu’on y a délivré, l’a été au Togo, au Burkina, au Cameroun, en Mauritanie, au Maroc, au Canada, en France, etc.

On vous taxe de prétendre éveiller les jeunes africains ?

On y est parti dans le cadre d’un échange. Y’en-a-marre n’a pas la prétention de donner des leçons. D’ailleurs, les Fadel Barro et autres ont beaucoup appris des jeunes de RDC dont on minimise, à tort, la citoyenneté de la population. Leur société civile est très respectable. Ce n’est pas prétentieux d’y être allé. Mais, le Sénégalais est hypocrite et méchant, parce que quand les jeunes Congolais sont venus ici et n’ont pas choisi de rencontrer des jeunes des partis politiques. Donc, il y a de la jalousie. Qu’ils sachent qu’on n’a jamais sollicité d’invitation. Et l’histoire de la RDC, au lieu de nous porter préjudice, a mis plus de lumière sur Y’en-a-marre. On ira bientôt au Burundi, en Angola, l’Afrique du Sud vient de nous inviter. Sophia nous représente en Tunisie au Forum mondial. Aujourd’hui, notre problème est d’honorer toutes ces invitations. Les critiques oublient que quand le Sénégal a en eu besoin, ceux qui nous vilipendent n’étaient pas dans la rue à braver les coups, l’eau chaude des Dragons. Ces gens là n’ont pas connu la prison, n’avaient pas des nervis sur leurs dos, les obligeant à déserter leurs domiciles. C’étaient nous, avec d’autres Sénégalais qui avions ce courage. Qu’ils nous concèdent qu’on ne menait la révolution via la télé ou le net.

«Je ne suis guerrier que dans les média et dans ma musique, à la maison, je suis un grand poltron»

Apparemment, vous n’aimez pas les critiques ?

Il faut qu’elles soient objectives. Quand on nous a reproché de prôner un Nouveau Type de Sénégalais et que les rappeurs de Keur gui se mettent torses nus, on a accepté et leur a demandé de changer cela. C’est dire qu’on accepte les critiques. Au M23 ou avec la Société civile, ce sont toujours les mêmes personnes qu’on présente à l’opinion publique. Chez nous, sept personnes parlent en notre nom. Si on avait croisé les bras, le Sénégal serait encore dans l’obscurité. Etre membre de Y’en-a-marre n’est pas une sinécure. Je suis chef d’entreprise et je perds des contrats, à cause de ce mouvement. Des entreprises me refusent leur collaboration, arguant que l’Etat, demain, leur envoie le Fisc. Aussi, comme moi, des membres du mouvement, perdent-ils des millions. Récemment, j’avais gagné une publicité et la société s’est retirée après qu’on a paraphé le contrat, sous prétexte que l’image de leur produit ne collait pas avec Y’en-a-marre. Notre engagement est citoyen et notre seule satisfaction est d’entendre des jeunes dire que c’est grâce à nous qu’ils ont leur carte d’électeur, votent et s’intéressent à la politique. Le Sénégal doit rendre grâce à Dieu d’avoir une jeunesse qui ne porte plus de pancartes pour une personne, mais des tee-shirts Y’en-a-marre pour un pays.

Côté jardin. Quel est le plus beau cadeau qu’une femme vous ait offert ?

Ma femme, quand elle m’a donné notre premier enfant. Je la remercie pour cela. Aujourd’hui, on a une fille et un garçon.

Peut-on s’attendre à ce que Simon épouse une seconde femme ?

J’ai déjà une deuxième, troisième et même quatrième épouse. Ce que les gens ignorent, c’est que je ne suis guerrier que dans les média et dans ma musique, à la maison, je suis un grand poltron. C’est ma femme qui commande, dirige et décide de tout. Les critiques n’ont qu’à dire ce qu’ils veulent, je m’en f…, je suis poltron devant ma femme.

Entretien réalisé par Christine MENDY

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