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Situation de ‘Ni paix ni guerre’ en Casamance : Le Collectif des cadres Casamançais donne les raisons

La non-application des ‘Accords de paix’, signés le 30 décembre 2004 à Ziguinchor entre le gouvernement du Sénégal serait, selon le collectif des cadres Casamançais, l’une des raisons de la situation de ‘ni guerre ni paix’ dans la région.

Source : Walfadjri

L’assemblée générale ordinaire annuelle du Collectif des cadres Casamançais tenue, ce week-end, a été l’occasion pour les fils de la Casamance d’examiner la situation qui prévaut dans la région. Ainsi, reconnaissent-ils que la région se trouve dans une situation ‘de ni guerre ni paix’. Une situation qui s’explique, selon le Collectif par le fait que les ‘Accords de paix’ signés le 30 décembre 2004 à Ziguinchor entre le gouvernement du Sénégal et le Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (Mfdc) ne sont toujours pas mis en application. ‘Le processus de paix qui aurait dû se poursuivre après le 1er février 2005 est dans l’impasse malgré les démarches des uns et des autres’, indique le collectif des cadres Casamançais. ‘Il s’y ajoute qu’au moment où le Mfdc, toutes sensibilités et branches confondues, a manifesté sa volonté de discuter et d’aller à la table de négociations, est survenu un incident regrettable qui, aujourd’hui, constitue un élément de blocage. Il s’agit de l’arrestation en Gambie, de dirigeants de l’aile combattante du Mfdc favorable au dialogue et à la paix’.

Face à cette situation, le Collectif des cadres Casamançais a lancé un appel ‘pressant’ aux deux chefs d’Etat du Sénégal et de la Gambie ‘qui bénéficient de la légitimité des deux peuples frères de prendre les mesures nécessaires susceptibles de permettre au Mfdc de se retrouver dans un cadre unitaire afin de poursuivre le processus de paix jusqu’à la table de négociation’.

S’agissant du développement de la Casamance devant consolider la paix, le Collectif s’est félicité des réalisations de l’Etat du Sénégal dans différents domaines de la vie économique et sociale. ‘Il faut cependant attirer l’attention de l’Etat sur le fait qu’en raison de la durée du conflit, l’économie de la région est en stagnation et que la relance des activités nécessite la réalisation des projets liés au désenclavement interne et externe de la région’, soulignent les cadres Casamançais qui citent le désenclavement aérien avec des vols gros-porteurs ; le désenclavement maritime avec l’arrivée dans des délais raisonnables du nouveau bateau ; le désenclavement terrestre avec la construction de la route du sud Ziguinchor/Kolda/Tambacounda ; et enfin le désenclavement ferroviaire avec la concrétisation du projet de chemin de fer Ziguinchor/Tambacounda/Dakar.

Par ailleurs, le collectif estime qu’il est urgent que l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (Anrac) soit dotée de tous les moyens nécessaires afin qu’elle puisse remplir entièrement sa mission. C’est ainsi que le collectif réitère sa requête formulée le 1er février 2005 à Foundiougne ‘consistant à faire bénéficier à la Casamance d’une discrimination positive de dix ans dans le cadre de sa reconstruction. Le principe avait été accepté par le gouvernement du Sénégal. Il est par conséquent opportun que les mesures y afférentes soient prises dès à présent. L’objectif principal étant de faire de la Casamance une région attractive pour les investisseurs afin de mettre en valeur toutes ses potentialités dans l’intérêt de la nation sénégalaise et de la sous-région’.

Le collectif révèle, par ailleurs, avoir engagé des procédures de mise en place d’une ‘fondation Casamance’ qui aura pour objectifs, entre autres, de promouvoir et consolider la paix en Casamance et contribuer à la relance économique sociale et culturelle de la région ; de concevoir et réaliser un vaste réseau de solidarité tant national, régional qu’international pour la réinsertion sociale et économique de toutes les victimes de la rébellion dans le cadre dynamique de pardon et de réconciliation ; de contribuer au renforcement de la cohésion sociale entre toutes les populations vivant dans la région ; et de contribuer au renforcement des liens d’amitié et de bon voisinage entre le Sénégal et les pays limitrophes.


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