SOCIETE

SITUATION DES DROITS HUMAINS AU SÉNÉGAL Le régime de Macky Sall dans le viseur d’Amnesty international

  • Date: 25 février 2016

Dans son rapport annuel, l’ONG Amnesty International s’est montrée très critique envers le régime de Macky Sall qu’elle accuse de graves violations des droits humains.

Une fois n’est pas coutume, le régime de Macky Sall est  dans le viseur d’Amnesty International. L’ONG de défense des droits de l’Homme, plutôt habituée à fustiger les dictatures pour leurs abus, a ciblé encore cette année le Sénégal. En effet, le rapport annuel 2015/2016 dresse un tableau peu reluisant de la situation des droits humains dans notre pays. Dès l’avant-propos du rapport 2015-2016 d’Amnesty International, Seydi Gassama donne le ton. « Les autorités sénégalaises ont continué d’interdire de façon quasi-systématique des manifestations organisées par des partis politiques et des défenseurs des droits humains, et de poursuivre en justice des manifestants pacifiques », s’est plaint  le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal. Ce n’est pas tout. Ainsi, au mois de septembre, le tribunal régional de Kolda a condamné 12 hommes à 21 jours d’emprisonnement pour participation à un rassemblement non autorisé, lit-on dans le rapport dévoilé, hier, à la presse. Une centaine de personnes avaient manifesté pacifiquement, le 27 août, dans la Commune de Diana Malary, dans la région de Sédhiou, pour demander aux autorités de leur fournir de l’électricité.

Torture et mauvais traitements, décès en détention

Toujours selon le rapport, au cours de l’année 2015, au moins deux personnes sont décédées en détention, dans les locaux de la police ou de la gendarmerie. Amadou Dame Kâ est décédé, le 2 février 2015, dans les locaux du Commissariat central de Thiès à la suite de son arrestation à son domicile pour braquage de pharmacies et de banques, a mentionné le rapport lu par le patron d’Amnesty au Sénégal.  À en croire Seydi Gassama, il aurait subi de mauvais traitements lors de son arrestation. Une autre personne, Boubacar Ndong, est décédée, le 15 novembre 2015, à la brigade de gendarmerie de Hann alors qu’elle était en garde-à-vue dans l’attente d’être présentée au procureur de la République, le lundi 16 novembre, a-t-il indiqué.

Usage excessif de la force

Poursuivant son réquisitoire contre le régime Sall, Seydi Gassama a souligné que les  forces de sécurité ont continué d’utiliser la force de manière excessive au cours de l’année 2015. Le 25 juillet, Matar Ndiaye a succombé à une blessure par balle à la jambe à la suite d’une opération de police menée dans le quartier de Grand-Yoff à Dakar, a-t-il prouvé. Avant de renchérir : « Un policier aurait fait feu sans sommation en direction d’un groupe d’hommes qu’il poursuivait et Matar Ndiaye a été pris dans la ligne de tir ». Poursuivant, Gassama ajoute que Cheikh Ly est décédé, le 27 novembre 2015, à Louga, à la suite de blessures subies lors d’affrontements entre forces de sécurité et supporters d’une équipe de football. Le certificat de genre de mort parle de traumatisme crânien, a-t-il révélé. Non sans souligner qu’aucune enquête n’a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de son décès.

Sur les sept homicides commis par les forces de l’ordre lors des manifestations pré-électorales de 2012, seul le décès de Mamadou Diop a fait l’objet de jugement et de condamnations, se désole-t-il.

Répression contre les opposants politiques

Les hommes politiques ne sont également victimes de graves violations. Plusieurs membres du Parti démocratique sénégalais (Pds), principal parti d’opposition, parmi lesquels l’avocat et ancien ministre de la Justice Me Amadou Sall et le président des jeunes Toussaint Manga, ont été arrêtés et détenus pour le délit d’offense au chef de l’État et pour des délits liés à l’article 80 du Code pénal, a indiqué Seydi Gassama. Tout en déplorant l’imprécision de cet qui « permet de réprimer toute dissidence même lorsqu’elle est non violente. » Même si la plupart des personnes arrêtées ont obtenu une liberté provisoire les poursuites à leur encontre ne sont pas abandonnées, regrette-il. Au mois de décembre, Oumar Sarr, le Coordonnateur de ce même parti a été inculpé pour faux et usage de faux et diffusion de fausses nouvelles et placé sous mandat de dépôt suite à l’affaire Diack.

Le seul point positif décerné par Amnesty International au Sénégal sous Macky Sall demeure l’organisation du procès d’Hissène Habré renvoyé devant la justice pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture commis sous sa présidence, entre 1982 et 1990. C’est la première fois qu’un tribunal siégeant dans un État africain jugeait un ancien dirigeant d’un autre État, se réjouit Amnesty dans le rapport

Mouhamadou BA

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