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Snapchat perd un quart de sa valeur en Bourse après des résultats décevants

L’application mobile voit la croissance de son audience ralentir et a enregistré de lourdes pertes lors du premier trimestre 2017. Elle attire 166 millions d’utilisateurs par jour.

Dans les nouvelles technologies, on peut vite passer du statut de petit prodige à celui de cancre. Snap en a fait l’amère expérience mercredi soir, à l’occasion de sa première publication de résultats trimestriels. Entre janvier et mars, l’entreprise a engrangé 149,6 millions de dollars de revenus, en hausse de 286 %. Néanmoins, elle a aussi très fortement creusé ses pertes, qui ont atteint 2,2 milliards de dollars, contre 104 millions de dollars l’année dernière à la même période.

Ce bilan peu flatteur s’explique avant tout par l’entrée en Bourse de Snap le 2 mars dernier, et des compensations financières à ses dirigeants qui ont suivi. Evan Spiegel s’est octroyé un bonus de 3 % des actions de son entreprise, ce qui représente aujourd’hui plus de 839 millions de dollars. Ces résultats décevants ont été sévèrement sanctionnés par les investisseurs. L’action de Snap a plongé de 21 % à l’ouverture de la Bourse de New York, jeudi après-midi. La capitalisation boursière de l’entreprise, qui avait culminé à 31 milliards de dollars, a été ramenée à 21 milliards.

Malgré cette situation peu brillante, Evan Spiegel a fait preuve d’un certain humour pour son baptême du feu devant des analystes, esquivant les critiques ou les renvoyant à ses concurrents. On l’interroge sur le futur de Snapchat? Le jeune entrepreneur, âgé de 26 ans, en rigole: «Nous sommes connus pour ne pas donner d’indications sur l’avenir de notre produit. Mais nous sommes très enthousiastes et l’année sera amusante!» On s’inquiète du ralentissement de l’audience de Snapchat? «Dans notre industrie, il est fréquent d’envoyer beaucoup de notifications à des utilisateurs ou de leur faire faire des choses qui ne leur semblent pas naturelles», relativise-t-il. «C’est une manière simple de faire grossir le nombre d’utilisateurs quotidiens, mais je ne pense pas que ça soit une bonne stratégie à long terme.» La référence à Facebook, qui a copié plusieurs fonctionnalités de Snapchat pour ses propres applications mobiles, est claire, à défaut d’être subtile.

Concurrence accrue

La diversion d’Evan Spiegel n’efface pourtant pas les problèmes rencontrés par Snapchat. Près de 70 % de ses utilisateurs utilisent un iPhone, alors qu’Android équipe plus de 86 % des smartphones dans le monde. Un peu moins de la moitié d’entre eux habitent aux États-Unis. Snapchat est une application très gourmande en données mobile, ce qui entrave son succès dans des pays ayant une faible connectivité. C’est aussi un service utilisant des codes très particuliers et hermétiques pour les nouveaux utilisateurs, notamment les moins jeunes. «Nous pensons nos produits pour les jeunes parce qu’ils s’intéressent davantage aux nouvelles technologies», a admis Evan Spiegel. «J’ai déjà essayé d’apprendre à ma grand-mère à utiliser les e-mails, mais franchement elle préfère parler au téléphone.»

À l’aise et blagueur, le PDG de Snapchat n’a pas pu échapper aux questions pressantes des analystes sur la concurrence de Facebook, sujet qu’il évitait jusque-là avec soin. Le réseau social a copié les meilleures idées de son application. Il a repris le format des «stories», qui permet de faire défiler de courtes vidéos et des photos d’une pression du doigt, pour Instagram, WhatsApp et Facebook sur mobile. Forte de son audience massive, la copie a rapidement eu plus de succès que l’outil original «Je pense que Snap pousse nos concurrents à adopter une stratégie autour de la photo et de la vidéo» a conclu Evan Spiegel. «Ce n’est pas parce que Yahoo! a une barre de recherche qu’il est devenu Google.» L’histoire s’en souviendra.

le figaro

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