21 décembre, 2014
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Sokhna BENGA, écrivain, éditrice : ‘L’écriture n’a pas de sexe’

Sokhna BENGA, écrivain, éditrice : ‘L’écriture n’a pas de sexe’

Wal fadjri : Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir écrivain ?
Sokhna Benga : Je suis fille de journaliste-écrivain. Et, pour moi, l’écriture est un métier dans lequel mon père m’a encouragée. Et j’y ai jeté mon dévolu. Malheureusement, quand je suis devenue écrivain, il était déjà décédé. C’est donc par la force du destin que je le suis devenu. Car j’ai vu des choses que je devais dire et dénoncer.

Source Walf fadjri
Wal fadjri : Peut-on dire que vous faîtes une littérature féminine ?

Sokhna Benga : Je ne pense pas qu’il ait une écriture spécifiquement féminine ou masculine. Il y a des écrivains hommes, qui ont la force d’une écriture féminine, comme on peut voir des femmes qui ont une sensibilité masculine. Pour ma part, je suis adepte de l’écriture androgyne. L’écriture n’a pas de sexe. Elle a une force en elle-même, qui nous guide. Cette force nous oblige à parler de notre société, à dénoncer ses travers et à apporter des solutions.

Wal fadjri : Votre roman, La ballade du sabador, défend pourtant la cause de la femme…

Sokhna Benga : Je défends la cause de la femme. Parce que nous sommes dans une société où elle a un rôle important à jouer. Mais, malheureusement, les femmes sont très souvent victimes de certains abus. Je mène donc ce combat, d’abord en tant que femme, ensuite en tant qu’être humain. Notre mission, en tant que femme écrivain, est avant tout de défendre la cause de la femme.

Wal fadjri : Vous êtes par ailleurs directrice de maison d’édition, comment expliquez-vous les rapports souvent difficiles entre éditeurs et écrivains ?

Sokhna Benga : Le problème principal, c’est que les livres ne se vendent pas. Les éditeurs en sont conscients. Il faut que les écrivains sachent que ce n’est parce qu’ils ont sorti un livre, qu’il va se vendre rapidement. Nous sommes confrontés à un réel problème de promotion au Sénégal. Il y a aussi un problème de financement. Pour sortir un livre il faut de l’argent. Et les éditeurs en n’ont pas. Avant de me lancer dans l’édition, quand j’étais simple auteur, il m’arrivait de traiter les éditeurs d’arnaqueurs. Mais, une fois dans le milieu de l’édition, je me suis rendue compte des difficultés que vivent quotidiennement ces derniers. Les livres s’écoulent difficilement au Sénégal. Très peu de livres se vendent. Si quelqu’un arrive à vendre 1 000 livres, c’est déjà un best-seller dans notre pays.