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Sokhna Benga, écrivaine : « La lecture est gage d’un préjugé favorable à la réussite scolaire »

Le Soleil- Prononçant la leçon inaugurale de la Fête de l’excellence de la Ville de Dakar (20 décembre 2017) axée sur « La crise de la lecture : causes et conséquences sur les performances scolaires des élèves », Sokhna Benga, écrivaine, a invité les élèves à retrouver le goût de la lecture qui, selon elle, est gage d’un préjugé favorable à la réussite scolaire.

Dès la classe de Cp (Cours préparatoire), Sokhna Benga a acheté son premier livre de lecture (« Amadou le bouquillon ») avec son propre argent. Ainsi commence son goût pour la lecture. A 13 ans, elle publie son premier roman. Un choix ne pourrait être plus judicieux pour la Ville de Dakar que celui porté sur cette écrivaine pour prononcer la leçon inaugurale de la Fête de l’excellence sur le thème : « La crise de la lecture : causes et conséquences sur les performances scolaires des élèves ».

Sokhna Benga a très tôt aimé la lecture. Aujourd’hui, sa bibliothèque est composée de plus de 2000 titres. Aux récipiendaires de la Fête de l’excellence de la Ville de Dakar dont elle est la marraine de l’édition 2017, elle a rappelé que la lecture doit commencer dès le berceau ou même avant. Prenant exemple sur sa personne, l’auteure de « La balade du sabador » a révélé qu’elle aimait écouter les contes de sa mère ou de sa grand-mère. Les mots pleins de sens qui sortaient de ces contes la plongeaient rapidement dans les bras de Morphée. Ainsi, elle était pleine d’imagination, tellement les mots étaient magiques.

Le goût de la lecture et de la soif d’apprendre, a estimé l’écrivaine, doit commencer dès le cercle familial qui « est le premier terreau du déclic essentiel, de la naissance de la curiosité et de la volonté de découvrir l’autre mais aussi de voyager par les mots », a-t-elle indiqué. Cet amour, à son avis, doit se poursuivre jusqu’au cercle scolaire. Cette étape, a-t-elle dit, « ouvre la porte de l’univers fictif que sont les auteurs ». Mme Benga a rappelé aux élèves que grâce à ses enseignants, elle a aimé l’histoire, la géographie et toutes les autres matières. A l’école primaire, s’est remémorée la romancière, elle avait un enseignant qui aimait lire les meilleures récitations. La voix de ce pédagogue a toujours marqué la future écrivaine. Sokhna Benga dit avoir de cet enseignant « une fierté » qui l’a toujours poussé à aller de l’avant et à donner le meilleur d’elle-même.

Crise de la communication orale et écrite
Aujourd’hui, l’auteure de « Waly Nguilane ou l’éternel miracle » déplore la crise que traverse la lecture depuis quelques années. Son constat est que « nous lisons de moins en moins ou pas du tout, et on écrit de pire en pire ». Or, pour elle, la lecture peut nous permettre de se rappeler de « notre vulnérabilité, nos espoirs, nos espérances, nos droits et devoirs et nos responsabilités ». Sokhna Benga n’a voulu citer aucun coupable face à cette crise, mais elle reste persuadée que l’école n’est pas la seule responsable de la crise de la communication orale et écrite.

Toutefois, elle a pointé un doigt accusateur envers les médias audiovisuels qui ne cessent de croitre. En même temps, elle a accusé « l’inadéquation des pratiques au sein de l’école » avec la massification des classes, les pertes de repères traditionnels et la promotion de matières plus scientifiques au détriment du français. « Nous avons longuement tergiversé sur la nécessité de lutter contre l’échec scolaire, sur l’importance de savoir lire et savoir écrire. Pour la réussite des études, une chose est sûre : la lecture est la nourriture de l’esprit, l’écriture en est son expression concrète. L’erreur ultime est de croire ou de faire croire, pendant des années, que la lecture avait un rôle secondaire », a martelé Sokhna Benga.

La romancière d’inviter alors les autorités scolaires et les parents à « réapprendre aux enfants le culte de l’excellence ». Elle a appelé aussi les élèves à se battre, car « le monde de demain est celui de ceux qui savent ».

Aliou Ngamby NDIAYE

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