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Sommet Afrique-Inde Les Africains toujours à la traine

La grand-messe des chefs d’Etat africains et l’Union indienne s’est tenue du 26 au 29 octobre dernier. C’est le troisième sommet du genre, après celui de 2008 tenu dans la capitale indienne et celui d’Addis-Abeba en 2011. Pour l’édition de cette année, plus de 40 chefs d’Etat africains ont répondu présents, pour écouter et sans doute apprécier les leçons venues du pays de Mahatma Gandhi. Un pays qui a atteint l’autosuffisance alimentaire et a réussi à vaincre beaucoup d’épidémies qui décimaient sa population. L’Inde envoie même des missions dans l’espace et fait partie des Brics, aux côtés du Brésil, de la Russie, de la Chine et de l’Afrique du Sud. Et comme à l’accoutumée, les dirigeants du continent noir ont manifesté la même condescendance et la même soumission que lors des rencontres avec la France, les Etats Unis, le Japon… Prompts à se déplacer en masse comme des troupeaux de bœufs, ils ne sont toujours pas en mesure de comprendre que le développement du confinent ne viendra ni de Paris, ni de Washington, ou de Delhi. Et pour cause, le grand économiste Thomas Piketty a clairement démontré que l’aide au développement ne fait qu’accentuer la dépendance des gouvernants vis-à-vis de l’extérieur, partant, enfoncer les gouvernés dans la précarité voire la pauvreté. Mais au-delà des risques réels de faire perdurer l’endettement de nos Etats, il faut savoir que l’Inde, qui abrite ce carnaval, ne fait pas dans l’humanitaire ou la philanthropie. Le pays cherche à contrer la Chine, sa grande rivale qui est en passe de devenir le premier partenaire de l’Afrique, coiffant au poteau les pays européens et américains. L’Inde aspire avant tout à conquérir des marchés sur cette partie du monde qui a un avenir prometteur dans bien des domaines. Entre autres secteurs qui attirent la convoitise des Indiens, il y a les banques, la pharmacie, l’automobile, sans oublier les industries chimiques, la pêche, l’énergie et l’agriculture… Autant dire donc que le sous-continent vient en force pour s’imposer, quitte à menacer les industries locales qui, dans bien de pays africains, sont au bord de la faillite. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue les ambitions internationales et géopolitiques de ce géant d’Asie qui rêve de disposer d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Les diplomates indiens savent pertinemment que les 53 Etats du continent peuvent lui être d’un très précieux apport sur ce plan. Ainsi, réalisme oblige, Delhi vise au-delà de ses principaux partenaires que sont l’Afrique du sud, le Nigéria, l’Angola, l’Egypte et la Tanzanie… Elle lorgne tout le contient.

Le prochain sommet aura lieu en 2020 et cela, «pour nous donner le temps d’assimiler toutes les implications de cette nouvelle direction que le Premier ministre vient de donner à notre partenariat». Ces mots ont été prononcés lors de la conférence de presse de clôture, par le haut fonctionnaire indien Navtej Sarna, chargé des affaires africaines… Espérons que d’ici là, l’Afrique fera des progrès significatifs qui pourront séduire l’Inde et l’emmener à mieux considérer le berceau de l’humanité.

Serigne Saliou SAMB

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