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Sommet de l’UA : le nouveau pied de nez d’El-Béchir à la CPI

  • Date: 15 juin 2015

 En se déplaçant sans encombre en Afrique du Sud pour le sommet de l’UA, Omar el-Béchir défie ouvertement la CPI. Décryptage.

El-Béchir menacé par la justice sud-africaine…

Omar el-Béchir est arrivé samedi 13 juin au soir à Johannesburg pour participer au 25e sommet de l’Union africaine (UA). Au même moment, à des milliers de kilomètres de là, à La Haye, la Cour pénale internationale (CPI) appelait les autorités sud-africaines à l’arrêter. Le président soudanais est en effet visé, depuis 2009 et 2010, par deux mandats d’arrêt internationaux : un pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le second pour génocide.

Dimanche matin, un tribunal de Pretoria, saisi par une ONG, a rendu un jugement demandant au gouvernement sud-africain d’empêcher Omar el-Béchir de quitter le territoire national tant que la justice sud-africaine ne se sera pas prononcé sur la demande d’arrestation du président soudanais formulée par la CPI. Attendue dans l’après-midi, la décision du tribunal a finalement été reportée à lundi matin. El-Béchir est, entre-temps, théoriquement interdit de quitter l’Afrique du Sud.

… mais protégé par le gouvernement

Théoriquement seulement, car Omar el-Béchir ne risque en réalité pas grand chose en Afrique du Sud. Avant de se déplacer à Johannesburg, le président soudanais aura en effet reçu toutes les garanties requises. Officiellement présent pour le sommet de l’Union africaine (UA), il est protégé par le « host agreement » que passe l’UA avec les pays membres organisant les sommets délocalisés. Ce texte, largement consacré aux questions logistiques, affirme aussi que les pays hôtes s’engagent à garantir la sécurité et l’immunité des participants.

 Une « loi » implicite qui est donc respectée par les autorités sud-africaines, au détriment de l’application du statut de Rome instituant la CPI, que l’Afrique du Sud a ratifié en novembre 2000. D’abord silencieuses sur la présence d’el-Béchir, les autorités sud-africaines, sans doute partagées entre leurs obligations vis-à-vis de la CPI et leur devoir d’hôte d’un sommet de l’UA, ont progressivement assumé leur position.

Un communiqué de l’African national congress (ANC), le parti au pouvoir, a salué dans l’après-midi la décision gouvernementale d’appliquer l’obligation d’immunité accordée aux participants de ce genre de sommets internationaux. « Le comité national exécutif du parti considère que la Cour pénale internationale ne répond plus aux objectifs pour lesquels elle a été créée : être une cour de dernier ressort pour juger les crimes contre l’humanité », ajoute ce communiqué.

El-Béchir en terrain conquis au sommet de l’UA

Comme de nombreux pays africains, l’Afrique du Sud ne cache plus ses critiques vis-à-vis de la CPI. L’année dernière, le gouvernement avait ainsi publiquement évoqué une possible révision de sa coopération avec la juridiction internationale.

Dans les couloirs du sommet de l’UA, la plupart des dirigeants africains considéraient que la polémique sur la présence d’el-Béchir n’avait pas lieu d’être. « C’est un chef d’État dont le pays est membre de l’UA. C’est tout à fait normal qu’il soit là, je ne vois pas pourquoi on en fait toute une affaire », affirme ainsi Moussa Faki Mahamat, ministre tchadien des Affaires étrangères. « Nous sommes favorables à la justice internationale et nous y adhérons. En revanche, nous contestons le deux poids deux mesures qui est fait par la CPI », renchérit un de ses homologues d’Afrique centrale, faisant allusion au fait que la cour internationale ne cible que des Africains et jamais d’Occidentaux.

En terrain conquis à ce sommet sud-africain de l’UA, Omar el-Béchir devrait, selon un porte-parole de la présidence soudanaise, rentrer ce lundi à Khartoum. S’il venait, selon toute probabilité, à quitter le territoire sud-africain sans difficultés, il adresserait un nouveau pied de nez aux juges de la CPI.   

Par Jeuneafrique.com

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