Confidences

Soukeyna Ndiaye personne vivant avec le VIH-MA CHARGE VIRALE EST INDÉTECTABLE MAINTENANT

  • Date: 2 décembre 2015

Soukeyna Ndiaye est une veuve de 39 ans qui vit, depuis 2005, avec le VIH/Sida. Grâce à son courage, sa charge virale est devenue indétectable aujourd’hui. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie, EnQuête a recueilli son témoignage.

Mariée à l’âge de 16 ans et mère de 7 enfants, Soukeyna Ndiaye vit avec le VIH, depuis 2005. Aujourd’hui âgée de 39 ans, cette habitante de la région de Kaolack éduque seule ses enfants, loin de son mari arraché à leur affection par la mort. Elle vivait le parfait amour avec son défunt mari, jusqu’à ce 18e jour, après avoir accouché de son fils cadet. « J’étais à mon 6e accouchement et à mon 7e enfant, parce que j’ai eu des jumeaux (…).

Un jour, pendant la nuit, mon mari me dit de l’accompagner le lendemain à l’hôpital, avec l’enfant. Il ajoute que c’est pour notre bien-être. J’étais au 17e jour de mon accouchement », raconte Mme Ndiaye. Le lendemain, ils partent pour la consultation. Le mari a déjà discuté avec le médecin, lui demandant de faire faire à sa femme un test de dépistage. Lorsque les résultats sortent, Soukèye voit le ciel lui tomber sur la tête. Son mari lui a transmis le virus du Sida : « J’avais vraiment mal. J’en voulais à mort à mon mari. Ce qui m’a fait le plus mal, c’est que ma belle-famille était au courant de sa séropositivité. Et c’est à cause des menaces de son ami et homonyme de mon fils qu’il a accepté de me faire faire le test », continue d’une voix calme Soukèye.

La pilule était difficile à avaler. Son époux lui avait caché sa maladie, 2 années durant. En s’en ouvrant à son ami, il avait menacé de se suicider si ce dernier rapportait la nouvelle à sa femme. « Le jour de mon accouchement, poursuit-elle, quand mes belles-sœurs sont venues me rendre visite à l’hôpital, j’ai vu qu’elles passaient tout leur temps à pleurer, alors que je n’avais eu aucun problème. J’ai commencé à me rappeler beaucoup de choses ». Son mari qui vivait avec la maladie a été abandonné par sa famille : « On le stigmatisait. Les membres de sa famille se sont éloignés de lui. Ils pensaient qu’il était une mauvaise personne, alors que ce n’était pas le cas. Il a commencé à dépérir. Il soufrait à cause du stress. On le jugeait et personne n’a voulu l’aider. Finalement, il est décédé le jour où mon fils a eu 6 mois, à cause de la souffrance et de la tristesse que lui a infligées sa famille », confie Soukèye.

« Je me sens très utile » 

Le courage en bandoulière, Soukèye ne s’est pas laissé abattre par la maladie. Elle a intégré l’association de personnes vivant avec le VIH dont était membre son défunt mari. Aujourd’hui, avec le soutien de sa famille, elle arrive à vivre aisément sa séropositivité. « Ma charge virale est devenue indétectable. Cela veut dire que le virus n’est plus visible dans mon sang. Cela s’est réalisé, grâce à mes traitements que j’ai bien suivis. Je continue d’avancer dans la vie et je suis très heureuse », explique-telle d’une voix enjouée. Elle est devenue conseillère et médiatrice sur la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) au niveau du district sanitaire de Guinguinéo, grâce à son dévouement dans la lutte contre la pandémie. « Je participe à la prise en charge des PVVIH, à la distribution des aliments, des ARV et des IO (les médicaments contre les infections opportunistes) », narre-t-elle.

Quand son mari est décédé, elle a refusé de croiser les bras et de pleurer sur son sort. « J’ai cru en Dieu et je suis allée voir l’ami de mon mari, pour lui faire comprendre que je n’allais pas accepter que ma belle-famille me fasse subir ce qu’elle a fait à son fils. Je me suis battue pour arriver là où je suis maintenant », déclare fièrement la dame, qui reconnaît que c’est difficile de vivre avec le VIH. La société donne une mauvaise image des personnes vivant avec le VIH : « Quand une personne vit avec le VIH, ce n’est pas parce qu’elle est mauvaise. C’est une maladie comme les autres et les gens doivent le comprendre ainsi », martèle Soukèye Ndiaye, qui conseille aux jeunes de se faire dépister et à ceux qui vivent avec le VIH sans traitement de le faire, car les médicaments sont gratuits.

Agent de santé contractuel au ministère de la Santé et de l’Action Sociale, Soukeyna Ndiaye doit vivre maintenant avec la perte de son père, cette année. « Il était un confident, un ami, un papa exemplaire pour moi. Il me soutenait beaucoup dans ma maladie, mes souffrances et mes joies. J’aurais bien aimé qu’il partage ces moments de bonheur avec moi, mais Dieu en a décidé autrement », dit-elle. N’empêche qu’elle dit se sentir maintenant « très utile », car sa vie est devenue stable.

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