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Souleymane Abdoulaye Taher, témoin et victime dans l’affaire Hissein Habré « Au sous-sol, on se battait pour se coucher sur les morts pour avoir de la fraîcheur »

  • Date: 11 novembre 2015

Le défilé des témoins cités dans l’affaire Hissein Habré a repris, depuis lundi dernier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae). C’est dans cette dynamique que Souleymane Abdoulaye Taher et Samedi Ousmane ont fait des révélations, hier, sur les exactions qui seraient commises par le régime répressif de Hissein Habré.

L’ancien Président tchadien, Hissein Habré, garde toujours le silence devant les juges des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Pourtant, les nombreux témoins qui se sont succédé à la barre de ladite chambre depuis le début de cette audience ont fait état de tortures et de viols qui seraient commis par le régime de l’ancien Président tchadien. Entendu en qualité de victime mais également de témoin, Souleymane Abdoulaye Taher est resté dans le même volet que ses prédécesseurs. Selon lui, il a été arrêté à l’âge de 14 ans lors de la répression sur l’ethnie des Zaghawas par Mahamat Djibrine El Dionto qui plus tard est devenu son collègue à la police. Il faut dire que le témoin est actuellement adjoint au directeur des renseignements généraux du Tchad. Il a indiqué, hier, à la barre que jusqu’à présent, il rend souvent visite à Mahamat Djibrine dit El Dionto en prison. Par ailleurs, le témoin est revenu sur son séjour carcéral. Selon lui, il a été détenu à la prison de la Présidence, soit à la Villa Senghor soit à la Villa Mobutu. « Dans les centres de détention, j’ai été torturé à 2 reprises. La 1ère fois, c’était devait El Djonto, G. Korei et Berdei. Pendant les séances de torture, les agents recevaient des notes écrites », a dit le témoin. Poursuivant, il a déclaré avoir fait la prison nommé le sous-sol où il se battait pour se coucher sur les morts pour avoir de la fraîcheur. Cela était dû aux conditions difficiles de détention et, révèle-t-il, Hissein Habré à l’époque président de la République était au courant de leurs souffrances. « Un jour, un vieux m’a dit petit regarde vers l’Est. J’ai regardé et j’ai vu Hissene Habré sur la terrasse en train de fumer de la cigarette. Il est resté 20 minutes à nous regarder puis est parti », a dit le témoin qui, on le rappelle, a fait 5 centres de détention. Après sa libération lors de la prise de pouvoir par Idriss Déby, Souleymane Abdoulaye Taher a été plus intégré dans la police. C’est là qu’il travaille avec El Djonto. « Mahamat Djibrine El Djonto était gêné de travailler avec moi après ce qu’il m’a fait subir. Je lui ai demandé grand-frère, tu me connaissais depuis tout petit, pourquoi es-tu venu m’arrêter ? ». El Djonto a répondu  par : « s’il refusait d’exécuter un ordre de Hissein Habré, il serait arrêté et torturé ».

Samedi Ousmane : « Les militaires ont tiré sur mon père. Il était blessé au bras et avait la mâchoire brisée »

À la barre, hier, le témoin a listé les conséquences de sa détention. Lorsqu’il est sorti de prison, dit-il, il avait les pieds gonflés. C’est sur ces entrefaites que ses parents ont eu à cotiser une somme globale de 26 millions pour ses soins. « C’est grâce à Mme Hélène Jaffé que j’ai pris connaissance des maladies dont je souffrais. Je ne pouvais pas marcher et mes parents ont cotisé de l’argent pour que je puisse aller me soigner au Cameroun et en Chine. J’avais également le béribéri qui était causé par le manque de vitamines », a dit Taher. Devant les juges, hier, il a martelé qu’il ne sait toujours pas le motif de son arrestation. « Peut-être que Hissein Habré pourra vous dire pourquoi j’ai été arrêté. Je voudrais avoir la chance de faire face à Habré pour lui demander pourquoi moi, pourquoi les autres. Au début, on pensait que Habré était le meilleur Président mais, c’est le pire Président que le monde n’ait jamais connu », a-t-il regretté.

À sa suite, Samedi Ousmane a été à la barre. 47 ans, il a témoigné sur les événements de « Septembre noir ». Habitant de la région de Moïsala, Samedi Ousmane a assisté aux trois attaques qui auraient eu lieu en septembre 1984. « Les militaires venaient dans le village en patrouille. Ils tuaient notre bétail, on leur cherchait du bois. Ils préparaient leurs repas et repartaient. Mais auparavant, les militaires nous disaient qu’ils cherchaient les Codos », a expliqué le témoin selon qui, ils ne connaissaient pas les Codos. Devant les juges, il a déclaré que les militaires ont tiré sur son père. « Il était blessé au bras et avait la mâchoire brisée.  Après l’attaque, ma mère, ma tante et mes sœurs ont caché mon père en brousse. Sœur Jeanne est venue chercher mon père en brousse et l’a emmené auprès du Père François qui a amputé mon père du bras et l’a soigné pendant 3 mois », se rappelle-t-il.

Cheikh Moussa SARR

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