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SOULEYMANE GUENGUENG À LA BARRE « J’ai été accusé faussement, arrêté et mis en prison dans des conditions inhumaines »

  • Date: 19 novembre 2015

 Le président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissein Habré a été, hier, devant la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Souleymane Guengueng, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est revenu sur les événements dont il a été victime sous le régime de Hissein Habré. 

La voix de Souleymane Guengueng a été entendue, hier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Président de l’Association des victimes des crimes du régime de Hissein Habré (Avcrhh), il est revenu sur les faits dont il a été victime sous le règne de l’ancien homme fort de Ndjamena. « J’ai été accusé faussement, arrêté et mis en prison dans des conditions inhumaines. Pendant deux ans et demie, j’ai vu des personnes mourir à cause des conditions difficiles de détention, des soucis, des tortures, entre autres », a dit le témoin dès l’entame de son propos. C’est pourquoi, indique-t-il, il avait juré du fond de sa cellule qu’il luttera pour la justice si jamais il sort vivant de la Dds. À la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae), hier, Souleymane Guengueng a expliqué les raisons de son arrestation. Assistant comptable à l’organisation pour le bassin du Lac Tchad, il faisait des missions au Nord du Cameroun. Son beau-père lui notifiera avoir vu son nom sur une fiche à la présidence et de ne pas revenir au Tchad. « Je suis resté au Cameroun pendant plusieurs années où j’ai été surveillé de près par la police. Un jour, les limiers m’ont demandé si je transportais des armes pour le GUNT (Gouvernement d’union nationale de transition) », a-t-il martelé. Cependant, il serait rassuré par le Président Habré qui lui aurait dit qu’ils ne seront plus inquiétés à leur retour. Il faut dire que ceci n’était qu’un moyen de tendre un piège à Guengueng.

« J’ai vu ma première nourriture au 3ème  jour de ma détention »

Devant les juges, le témoin a renseigné qu’il a été arrêté un an après son retour au bercail. On l’accusait de soutenir des Codos. C’est sur ces entrefaites qu’il a été mis en détention dans des conditions très difficiles. « À la Dds un agent m’a donné un coup de crosse sur la tête et depuis j’ai de terribles migraines. À la fin de l’interrogatoire, on m’a donné un papier que j’ai signé sans pour autant le lire », a dit le témoin qui, a expliqué la nourriture dans les prisons.  « J’ai vu ma première nourriture au 3ème  jour de ma détention. Cependant, je n’ai pas pu manger le riz parce qu’il y avait plus de sable que de riz. Dans notre groupe, nous mangions les rats que les gens de la cuisine trouvaient et c’était un luxe. La mauvaise nourriture entrainait des maladies comme le gonflement des gencives. D’ailleurs, un co-détenu avait perdu sa dent pour avoir tout simplement toussé un peu fort », narre-t-il.  À la prison du camp des martyrs, renseigne-t-il, ils étaient 8 personnes dans une cellule individuelle. Quand ils tombaient malade, on ne les transférait pas chez le médecin. « Je suis tombé très malade, je vomissais et je perdais connaissance mais je n’étais pas transféré aux soins », a témoigné Souleymane Guengueng selon qui, il a attrapé en prison d’autres maladies telles que l’hépatite, la dengue, le paludisme (…) S’agissant de leur libération, explique-t-il, les musulmans ont juré sur le Coran et les chrétiens sur la Bible. Pour les non-croyants, on leur donnait un peu de mil et de l’eau et on leur disait : « Vous avez mangé le mil et bu l’eau de la Dds. Si vous trahissez la Dds, ce mil et cette eau vous tueront ».

José Doumassen : « On m’a torturé à l’Arbatachar »

Auparavant, la chambre a entendu José Doumassen en qualité de témoin. Selon lui, il a été arrêté le 15 juillet 1989. « Ce jour-là, les agents de la Dds ont fait irruption dans notre école pendant que nous étions en récréation. Ils sont venus directement m’arrêter sans me dire pourquoi j’ai été arrêté. C’est par la suite qu’on m’a dit qu’on me soupçonnait de faire partie de ceux qui confectionnaient les tracts. Alors que je n’ai jamais participé à la conception, la rédaction ou la distribution de tracts », a dit le témoin par ailleurs ancien militaire tchadien. Dans les centres de détention de la Dds, José a soutenu qu’il a été torturé à l’arbatachar. « On torturait des gens chaque nuit dans la prison souterraine située au bord du fleuve. On torturait des gens jusqu’à l’appel du muezzin. Les cris s’arrêtaient et un autre jour commençait. J’ai été torturé de 8h à 10h. Il y avait une horloge dans la salle de torture et je la regardais malgré la douleur », a indiqué le témoin selon qui, en prison, ils étaient obligés de devenir des herbivores pour vivre et ceux qui en abusaient mourraient. À l’en croire, les conditions de détention étaient difficiles et la plupart de ses co-détenus sont morts d’asphyxie ou de maladies. À la barre des Chambres africaines extraordinaires (Cae), hier, le témoin est revenu sur les circonstances de sa mise en retraite. « Je suis parti à la retraite en 2011 avec le grade de Colonel.  J’ai servi mon pays. Je suis sorti la tête haute malgré toutes les peines que j’ai subies. Je devais aller à la retraite en 2016 mais à cause de mon incapacité physique, je suis parti en 2011 », a expliqué José. Sur ce, il déclare : « Ma prière à moi c’est que justice soit faite pour ce que j’ai subi personnellement. Je suis affaibli et je n’arrive plus à me rendre utile pour mes enfants. J’ai été arrêté alors que je suis un innocent. »

Cheikh Moussa SARR.

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