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LE GRAND ORAL DE SOULEYMANE NDÉNÉ NDIAYE : « PERSONNE NE PEUT JUSTIFIER L’ARRESTATION DE KARIM WADE »

Souleymane Ndéné Ndiaye dévide son chapelet. Le leader de l’UNP commente l’actualité nationale. Le dernier Pm de Me Wade, invité de l’émission ‘’Grand Oral’’ de la radio Rewmi FM aborde les questions liées aux retrouvailles libérales, la libération de Karim Wade, le dialogue national, le terrorisme… Entretien exclusif.

On parle souvent de rapprochement entre le Pds et l’Apr. Qu’est-ce cela vous inspire ? Avez-vous un mot à dire par rapport à cela ?

« Je ne peux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je n’ai pas les mêmes certitudes que vous. Je me refuse donc de commenter un quelconque rapprochement entre le Pds et l’Apr. Cela ne me regarde pas. S’il y a tentative de retrouvailles de la famille libérale, je n’en sais absolument rien. En tout cas, je le précise ici, je n’ai pas été associé ni de près ni de loin à une quelconque retrouvaille d’une quelconque famille libérale soit-elle. Donc, je me refuse de commenter ou de dire des choses dont je n’ai pas la certitude. »

Ne pensez-vous pas que le dialogue national initié par le président Sall est une voie contournée pour des retrouvailles de la famille libérale ?  

« J’ai salué, à sa juste valeur, cet appel au dialogue national. Je pense que c’est quelque chose qui aurait dû inaugurer le mandat du Président Macky Sall. Dans un pays, il faut absolument et nécessairement que le pouvoir et l’opposition se concertent sur des questions d’intérêt national. On dit en Français que mieux vaut tard que jamais. N’est-ce pas qu’il n’a pas terminé son magistère qu’il a convoqué ce dialogue-là entre les forces vives de la Nation et il a eu la patience d’écouter chacun lui dire les choses telles que chacun l’a pensé. Je pense que c’est une excellente chose. C’est la raison pour laquelle je préfère positiver et saluer cette initiative du Président Macky Sall. J’ai apprécié cet appel au dialogue qui s’est concrétisé par une rencontre toute une après-midi entre le Président et les forces vives du pays pour poser les questions qu’il fallait poser. J’étais physiquement présent parce que le même jour nous organisions l’anniversaire de notre parti mais nous étions quand même représenté. »

Que pensez-vous de la libération de votre client Karim Wade ?

« En droit, personne ne peut justifier l’arrestation de Karim Wade encore moins sa condamnation. C’est une excellente chose. J’étais l’avocat de Karim Wade et je pense qu’ils ont tardé à le libérer. Sur la base du dossier qui nous a été soumis, on ne pouvait pas condamner Karim Wade. Il a été quand même condamné et il est resté 3 ans en prison. Donc, je fais partie de ceux qui pensent que sur la base du dossier qui a été soumis aux avocats et aux magistrats, on ne pouvait pas condamner Karim Wade. Ils ont inventé un autre type de droit parce que le droit que nous avons appris à la faculté nous renseigne que les actes notariés font foi de leur contenu jusqu’à inscription de faux. Cependant, il ne résulte pas des actes notariés que Monsieur Karim Wade soit associé ou actionnaire d’une société quelconque. On a tout fait pour essayer de démontrer que Bibo Bourgi, Pape Mamadou Pouye et les autres étaient des prête-noms. Mais, je pense qu’ils n’ont jamais pu, de façon non discutable, rapporter la preuve que Monsieur Karim Wade avait un intérêt quelconque. Ils ont inventé finalement la notion de bénéficiaire économique qui n’existe pas en droit. La manière dont il a été libéré ne me pose de problème et je n’ai pas de commentaire à faire. Je ne peux pas me mettre à qualifier, à caricaturer ou à caractériser. J’ai salué la libération de Karim Wade parce que je pense qu’il n’aurait jamais dû être arrêté. En droit, personne ne peut justifier son arrestation encore moins sa condamnation. »

Karim Wade a été gracié mais l’État veut recouvrir ses biens. Alors allez-vous continuer le combat ?

« Les biens qui lui appartiennent, me dites-vous bien ? Vous savez, on est propriétaire d’un bien quand il s’agit d’un bien matériel ; quand c’est votre nom qui figure sur les papiers de ce bien-là. Je parle du véhicule, quand c’est un bien immobilier il faut bien que l’immeuble soit immatriculé en votre nom. Je me demande comment l’État va faire pour récupérer une société. On ne peut pas récupérer une société sauf maintenant tordre le cou au droit. Une société, c’est une personne morale. Dans le cas d’Ahs qui est une société anonyme avec des actionnaires identifiés. Pour récupérer ces sociétés sauf à tordre le cou au droit, il y a quand même une démarche très difficile qu’il faudra entreprendre. Concernant les immeubles de Paris, je suis assez loin de cette procédure-là. Il y a d’autres avocats pour s’en occuper et ils ont plaidé, la fois dernière, avant que l’affaire ne soit mise en délibéré pour la décision devant être rendue au mois de septembre. Il faut attendre les décisions qui seront rendues. De toute façon, en France, on ne peut pas aussi facilement tordre le bras au droit. Par ailleurs, j’ai été avocat de Karim Wade mais quand on a arrêté de nous présenter à la Crei, depuis ce moment-là, je n’ai pas suivi l’affaire. Mon engagement se limitait aux plaidoiries que nous faisions à la Crei. »

‘’Une justice est comme l’armée, c’est une Grande Muette. Mais, une justice qui bavarde n’est pas une justice.’’

Êtes-vous pour la reddition des comptes ?

« Oui, je suis pour la reddition des comptes ; mais vous savez, les gens utilisent beaucoup ce mot “reddition des comptes”. Quand on parle de reddition des comptes, cela veut dire qu’il faut auditer la gestion de tout le monde. Voir chaque personne investie d’un mandat a géré les fonds qui lui ont été confiés ou les ministères ou les services qui lui ont été confiés. Mais, un gendarme ne peut pas être à la base d’une reddition des comptes. Un gendarme n’est pas un expert-comptable. En l’espèce, vous convenez avec moi que toutes les personnes qui ont été ballottées d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie à une autre, ces personnes-là ont été interrogées par des gendarmes. Je ne crois pas que pour faire la reddition des comptes qu’il faille se référer à des gendarmes. Il aurait fallu prendre le temps qu’il fallait prendre, prendre des cabinets d’expertise que chaque expert puisse auditer la gestion de chaque personne qui a eu la responsabilité sous Abdoulaye Wade et même s’il le faut remonter jusqu’à Senghor. Cela permettra de voir qui a géré quoi et ce qu’il a fait de la gestion des biens qui lui étaient confiés. Ce que je sais, je l’ai dénoncé quand le Premier ministre, Abdoul Mbaye, faisait sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale. Si vous revoyez mon intervention, j’ai voulu attirer son attention sur la façon dont les questions relevant de la justice ont été traitées. J’avais rappelé que la justice est comme l’armée, c’est une grande muette. Mais, une justice qui bavarde n’est pas une justice. Une justice justicière n’est pas une justice. La justice se fait en douceur. Les enquêtes se font en douceur. On ne fait jamais une enquête sur la place publique tout comme on ne fait pas de la diplomatie sur la place publique. »

Quelles sont vos relations avec Karim Wade et les raisons de votre départ du Pds ?

« On a les meilleures relations au monde. C’est mon frère et on a gardé les meilleures relations. Il est vrai que je ne suis pas allé le voir, depuis quelques semaines. Mais, j’allais souvent le voir, on discutait et on rigolait ensemble. Pour les raisons qui m’ont fait quitté le Pds, c’est parce qu’il y a une époque où j’ai senti la dévolution monarchique du pouvoir se faire point par point. Il fallait, en ce moment-là, taper sur la table et dire les vérités qui étaient les miennes. Alors, cette époque est révolue et je suis dans un autre parti politique. Monsieur Karim Wade a été fait candidat du Pds, il n’est pas mon candidat, il est le candidat du Pds. Moi, je suis dans un parti politique et maintenant dans une coalition. Je pense que je n’ai pas de commentaire particulier à faire par rapport à ce que j’ai dit il y a 2, 3 ou 4 ans. Mon départ du Pds a été motivé par le fait que le processus qui a conduit au choix du candidat du Pds ne semble pas avoir respecté les principes les plus élémentaires de la démocratie. Un jour, le Sg national est venu en Comité directeur nous annoncer que le parti devait choisir un candidat et que n’importe quel militant pouvait se présenter ou présenter n’importe quelle personne comme candidat de ce parti. Alors, je me suis abstenu de me présenter et j’ai attendu. Au bout d’une semaine, ceux qui voulaient se présenter se sont présentés. Ils ont fait leur élection et ils ont choisi Karim Wade. Je me suis dit que je n’avais plus ma place au Pds et je suis parti. Je ne suis pas venu le jour du congrès parce que je savais que c’est une mascarade. Tous ceux qui étaient doués d’intelligence devinaient l’aboutissement de cette “opération démocratique ”. »

D’aucuns disent que c’est le Président Abdoulaye Wade qui est à l’origine des problèmes des Sénégalais.

« C’était une mauvaise chose que d’augmenter des salaires ? De permettre aux gens de vivre mieux. Abdoulaye Wade a trouvé les moyens pour le faire. Il a pu porter le budget du Sénégal d’un montant X à un montant X multiplié par 2 ou même X multiplié par 3 sans augmentation ou création de nouveaux impôts. Il a fait travailler les services de recouvrement. On a pu donner beaucoup plus de moyens d’investigation à nos vaillants fonctionnaires des impôts, des douanes et des autres de l’administration. Cela nous permettait de recouvrer l’argent qui représente les recettes globales de l’État. Je pense que si Wade a augmenté les salaires des enseignants, des policiers, des magistrats, de tous les fonctionnaires. Cela n’a pas eu beaucoup d’impact sur ses réalisations. Il y a eu donc augmentation de ces salaires-là. Augmentation d’un mieux-être mais au même moment tous les Sénégalais ont vu quelles réalisations Wade a légué à son successeur. »

Vous avez lancé votre formation politique dénommée Union nationale pour le peuple (Unp). Pourquoi et quelles sont vos ambitions ?

« La création de ce parti se justifie par les circonstances dans lesquelles le Pds avait choisi Karim Wade comme candidat. J’avais estimé que le processus n’était pas démocratique. J’avais estimé de ne pas devoir rester dans le parti et contester ces choix-là. J’avais pris la décision de partir avec d’autres et de créer ce parti, le 28 mai 2015. Nous avons fêté notre premier anniversaire à Kaolack et nous nous massifions. Le parti est en train d’être structuré ; dans chaque département du Sénégal nous avons des représentants. D’ici aux prochaines échéances électorales nous aurons massifié suffisamment pour pouvoir organiser un congrès et peut-être nous mettre dans une coalition ou aller seul aux prochaines échéances électorales. Pour l’instant, on est dans une coalition dans le cadre de la révision du Code électoral et du fichier des électeurs. Nous allons réfléchir entre responsables pour voir si on peut mener plus loin cette alliance-là afin d’entreprendre l’avenir ensemble ou séparément. »

Cheikh Moussa SARR

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One comment

  1. et toi un politicien bavarde et inutil aussi bien pour le pays que pour ta formation politique le pds. Veille d abord à vous reconstruire politiquement et à avoir un certains leadership sur la scéne politique nationale