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Soupconné par sa mère d’être un terroriste, l’étudiant Assane Camara risque 5 ans de travaux forcés

Attrait à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, association en vue de financement du terrorisme, l’étudiant Assane Camara risque 5 ans de travaux forcés. C’est du moins la peine requise par le parquet à son encontre. La défense a demandé son acquittement. Délibéré le 9 avril prochain.

Le monde est-il en train de s’effondrer autour de l’étudiant Assane Camara ? Les épreuves que traverse ce jeune étudiant sénégalais établi au Canada nous en disent beaucoup plus. En détention depuis 2 ans, il a comparu, hier, deux jours seulement après le décès de son Papa. Et si en rendant sa décision le 9 avril prochain le tribunal suit le maître des poursuites dans son réquisitoire, il risque de passer 5 ans derrière les barreaux. Alors qu’il a un projet de mariage avec Mariama Camara. S’agissant des faits qui lui sont reprochés, le 21 janvier 2016, la nommée Astou Lô s’est présentée aux éléments des affaires criminelles, à la Dic, leur déclarant que son fils Assane Camara, précédemment étudiant au Canada, aurait quitté le pays pour rejoindre les djihadistes en Tunisie. Elle a indiqué que durant son séjour au Canada, celui-ci avait fréquenté la mosquée qui se trouvait à Sherbrooke et où il avait noué des relations avec des individus, notamment des Pakistanais et des Afghans qui pratiquaient un Islam radical. Selon elle, son fils a changé de comportement et s’habillait comme un « Ibadou ». Il avait fini par quitter la maison de son frère pour s’établir avec, ses nouveaux amis, dans la ville d’Edmonton. Astou Lô souligne qu’elle a trouvé son fils dans une mosquée où il faisait office d’Imam en second et, craignant que ce dernier ne bascule dans l’Islame radical, elle avait réussi à le convaincre à rentrer au Sénégal pour renouveler ses papiers de séjour. Elle a ajouté qu’après son retour au pays natal, Assane Camara s’isolait et reprenait seul les prières dirigées par son père. Il fréquentait de manière assidue la mosquée de Sacré-Cœur et s’accompagnait des nommées Pape Yatma Ndiaye et Mariama Camara (sa fiancée).

Assane Camara : « le Djihad permet dans les conditions prescrites de se défendre par… »

Il ressort des débats d’audience qu’une fois en Tunisie, Assane Camara a été refoulé parce qu’il n’était pas en règle. Lorsqu’Astou Lô a parlé du retour de son fils, les enquêteurs se sont transportés au domicile de ses parents pour procéder à son interpellation et une perquisition de sa chambre. Interrogé par les éléments de la Dic, Assane Camara a déclaré que sa mère l’avait ramené du Canada parce qu’il fréquentait certains individus adeptes de l’application de la charia et qui pratiquaient un Islam radical. Il a ajouté avoir entendu, par le biais de son ami, que les susnommés avec qui il n’a pas eu de contact depuis un an, avaient rejoint les rangs de l’organisation islamique, déplorant les attaques Kamikazes dans des écoles ou des marchés. Assane Camara a déclaré que le Djihad permet dans les conditions prescrites de se défendre par tous les moyens dont il dispose. Il a indiqué aux enquêteurs qu’il avait tenté de rallier la Tunisie pour passer deux semaines chez un ami et qu’il était en compagnie d’un alg4érien qui avait proposé et financé ce séjour. Sur une question de l’origine les sommes d’argent qu’il recevait de l’extérieur, il a reconnu devant les enquêteurs que le ressortissant turc, Harris Katich, lui a envoyé la somme de 700 mille francs. Il a indiqué avoir demandé cette somme pour mener à bien pour son projet de retour au Canada, mais a sollicité l’intervention d’Atoumane Sow pour la réception de cet argent. Ce dernier a détourné les sommes à des fins personnelles. Devant le tribunal, hier, il est resté constant dans ses déclarations. Arguant qu’il n’était pas un terroriste et il n’avait aucun lien avec des terroristes. Entendue en qualité de témoin, sa fiancée, Mariama Camara, dit l’avoir connu à Liberté 6 extension, plus précisément dans une mosquée.

Sa fiancée : « On a toujours un projet de mariage »

« Il me dispensait des cours dans la mosquée. On s’est fréquenté par la suite et on a établi un projet de mariage. On n’a pas pu se marier à cause de choses confidentielles me concernant. Je savais qu’il était économiste et le pour reste, je ne sais pas. Par ailleurs, j’ai reçu un message disant qu’il y avait une rumeur qui disait qu’Assane était parti chez les djihadistes mais c’est une personne qui n’est pas très violente. Il est calme et comme tout musulman, il prie, il jeûne, etc. Lorsque je suis allé le voir en prison, il m’a rappelé sa détermination à se marier avec moi. Et moi, je suis toujours partante pour ce mariage », a-t-elle dit. Son frère Bilal Top, également témoin, a indiqué que son frère n’a rien d’un terroriste. Malgré cela, le maître des poursuites a requis 5 ans de travaux forcés à son encontre parce que, pour lui, l’objectif n’est pas atteint, donc il peut bénéficier de circonstances atténuantes. Mais, les faits sont constitués. Les avocats de l’étudiant ne semblent pas être d’accord avec le maître des poursuites. Mes Ousmane Sèye, Djiby Diallo et autres ont tenté de démontrer que leur client était innocent. Le premier nommé a soutenu : « c’est un jeune étudiant qui a tout l’avenir devant lui. On le charge sans pour autant faire le travail nécessaire. Mais comme c’est la présomption de culpabilité qui prévaut, c’est dommage. On  veut réduire le terrorisme à l’Islam, mais c’est faux. Il prie, il lit le Coran, il a des amis. Et même avoir des amis terroristes ne fait pas de vous un terroriste. Il avait quitté son frère parce que son permis d’étude était expiré. Personne d’autre n’a été cité et vous parlez d’association de malfaiteurs. Il n’y a aucun acte préparatoire pour l’accuser de terroriste. Le fait que je ne suis pas d’accord avec mon frère n’est pas un délit. Entre autres éléments, je vous demande de l’acquitter », a dit Me Ousmane Sèye. L’affaire a été mise en délibéré pour le 9 avril prochain. Auparavant, le mis en cause a tenu à remercier toutes les personnes, notamment sa maman à qui il a rendu un vibrant hommage.

Cheikh Moussa SARR

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