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Soupçonnés d’activité en lien avec le terrorisme- Le procès d’Imam Ndao et ses 31 co-accusés renvoyé au 9 avril

Imam Ndao et ses 29 co-accusés ont comparu, hier, à la barre de la chambre criminelle spéciale de Dakar. Cependant, sur demande du maître des poursuites, l’affaire a été renvoyée jusqu’au 9 avril prochain. Le motif évoqué par le parquetier est que deux parmi les accusés n’ont pas été cités dans l’ordonnance de renvoi. Selon lui, ils sont 32 à être soupçonnés d’activité en lien avec le terrorisme au lieu de 30. Les avocats de la défense se sont opposés à ce renvoi, en vain.

Le procès a démarré, hier, un peu après 10 heures. Appelé par le juge, Imam Ndao a salué le public par un « Salam Alaykoum », et ses nombreux souteneurs lui ont répondu. Par la suite, des applaudissements ont été notés et le juge a exigé du public d’être calme sinon, il allait évacuer la salle. Par ailleurs, aussitôt après que le Président de la chambre a fini de procéder à l’appel nominatif des accusés, le maître des poursuites a demandé la parole pour faire une observation. C’est pour dire que les accusés Alpha Diallo et Mouhamadou Lamine Mballo n’ont pas été appelés. « Vous avez constaté que les deux susnommés sont restés dans le box des accusés. C’est parce que le magistrat instructeur a oublié de les citer dans l’ordonnance de renvoi. Mais, ils ont été renvoyés au même titre que les autres », a dit le parquetier. Avant de poursuivre : « leur omission doit être régularisée. A cet effet, nous sollicitons le renvoi pour saisir le magistrat instructeur pour la régularisation de son ordonnance de renvoi. Il s’agit d’une simple omission. La régularisation peut être faite par un simple soit-transmis du procureur ». A en croire au parquetier, le ministère public, en formulant cette demande, n’est guidé que par un sentiment de régularisation. Cependant, les avocats de la défense se sont opposés à cette demande, arguant que le juge d’instruction s’est déjà dessaisi du dossier. Mieux, les robes noires ont réclamé la main levée des mandats de dépôt des deux accusés oubliés.

Le tribunal départage le parquet et la défense

Pour convaincre le tribunal, Me Assane Dioma Ndiaye a déclaré : « le procureur a bien regardé cette ordonnance de renvoi et n’a pas fait appel. Il attend jusqu’à ce que cette affaire soit en état d’être jugée pour demander la régularisation. On invente même de règles nouvelles. On ne peut plus changer l’ordonnance dès lors qu’on parle de l’ordonnance de mise en accusation. On ne peut pas aller à ce jeu ». Pour la robe noire, le parquet a failli en ne faisant pas appel, donc il faut qu’il assume sa responsabilité. S’adressant au tribunal, la robe noire a soutenu : « accéder à cette demande de renvoi serait outrepasser vos compétences. Nous réitérons notre demande pour que cette affaire soit jugée aujourd’hui (hier). Cette ordonnance est définitive. On ne peut pas mobiliser autant de moyens humains et matériels pour renvoyer le procès ». Ses confrères de la défense ont abondé dans le même sens. Et Me Bathily de dire : « le parquet a raison, s’il était en France. Ce qu’il dit est possible en France. Sa jurisprudence est inappropriée. Vous n’avez pas compétence de statuer sur le sort des personnes qui ne sont pas renvoyées devant vous. Ils font l’objet de détention arbitraire. Leur affaire n’a pas été régularisée. En effet, le motif invoqué n’est pas valable et nous nous opposons en tant que conseillers d’Imam Ndao à cette demande de renvoi ». Me Baba Diop de renchérir : « il faut ordonner la main levée des mandats de dépôts les concernant. Cette affaire ne les concerne pas parce qu’ils n’ont pas été renvoyés devant vous ». De leur part, Mes Mounir Balal, Ibrahima Mbengue, Khoureychi Bâ, Borso Pouye et Ousseynou Fall ont confirmé leurs confrères dans leurs déclarations. A les en croire, si on continue à écouter le parquet, la justice va perdre le peu de crédibilité qu’il lui reste. « Nous disons non à cette demande de renvoi. Il faut libérer sans délai ces deux personnes. Je ne veux pas demain qu’on dise qu’un parti au procès a induit le tribunal en erreur », a dit Me Khoureychi Bâ. En donnant son verdict, le tribunal s’est déclaré incompétent sur la demande de mise en liberté provisoire des mis en causes. Sur l’omission des deux accusés, le juge a jugé nécessaire de renvoyer l’affaire jusqu’au 9 avril prochain pour la régularisation de l’ordonnance de renvoi.

Cheikh Moussa SARR

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