SPORT

SOURCE DE VIOLENCE DANS L’ARENE : Faut-il supprimer le face à face public ?

  • Date: 2 juillet 2015

La violence est récurrente en dehors de l’arène. Elle prend surtout de l’ampleur avant, notamment dans les traditionnels face à face. Faut-il supprimer ces joutes verbales ?

Selon les termes du contrat liant les lutteurs aux promoteurs, les deux protagonistes doivent participer à une série de rencontres publiques, en présence de la presse chargée de les couvrir. Un instant propice pour gagner la bataille psychologique avec un échange de propos aigres-doux. Un exercice travesti par des injures et d’attaques face à un public déchainé. Ce rituel est ce qui fait le charme de la lutte avec frappe, selon Khadim Gadiaga, président des lutteurs en activité. Sauf qu’il ne cautionne pas le dérapage. «Le public est le charme du sport de combat. Ça se passe comme ça aussi aux Etats Unis d’Amérique. Mais il faut qu’on comprenne que le Sport reste le sport. C’est le Fair-play qui doit prédominer», a-t-il précisé.

Si c’est une obligation pour les lutteurs de se présenter à cet événement, certains ne badinent pas non plus à faire respecter leur devoir. Yékini a boudé la tribune, à cause du retard accusé par Balla Gaye 2, son adversaire. Le diable a mis la salle d’accueil de cet événement sens dessus-dessous.

Ces joutes verbales des deux protagonistes sont toutefois le moment opportun pour les promoteurs de vendre les produits de leurs sponsors. Ça peut tourner par moment au vinaigre. Et cela a causé le départ de beaucoup de sponsors, ne voulant pas associer leurs marques à la violence.

En illustration, le face-à-face entre les lutteurs Modou Lô et Gris Bordeaux, le 21 juin 2012, au boulevard du centenaire, s’est terminé en queue de poisson, avec des jets de pierres. Une bande d’agresseurs a profité de l’événement pour s’en prendre à un amateur, Alioune Badara Diagne, sauvagement blessé à la main et à l’avant-bras, qui a fini par rendre l’âme, vidé de son sang, après une forte hémorragie.

Pour réguler ces duels, le Cng a instauré une mesure réduisant le nombre d’accompagnants des lutteurs. Cette règle a été non suivie d’effet puisque le sang a continuer de couler à ces rendez-vous jusqu’à celui du troisième tour du tournoi Tnt, parti en lambeau, après l’accrochage des supporters de Gouy-Gui et d’Ama Baldé. La faute à qui ? Khadim Giadiaga charge le Cng. «J’ai comme l’impression qu’il cautionne la violence. Ces responsables en charge de la lutte n’ont pas respecté leur principe sur l’organisation des face à face», a-t-il accusé.

L’économie de tous ces faits indique clairement que cette affiche n’est pas indispensable. Une organisation a tenté l’expérience du duplex. Ça a été une réussite. Et si cela était renouvelé, ça «étouffera» moins, comme l’a dit Cheikh Yérim Seck.

I.TOURE

Cheikh Sarr, président des amateurs du Sénégal

«Il ne faut pas décourager les autorités»

«Je ne cautionne pas la violence dans l’arène. On pouvait, quand même, éviter ce drame survenu à la place de souvenir, récemment. J’avais alerté les autorités, bien avant les affiches Siteu-Zarco et Sa Thiès-Lac Rose. Dans une de ces affiches, j’avais remarqué qu’il y avait seulement 40 agents de police à l’intérieur du stade, alors qu’il n’y en avait pratiquement pas assez au dehors. C’est pourquoi après ces combats, il y a eu des problèmes de violence dans les alentours du stade. Ce qui me fait dire que la violence se produit plus en dehors de l’arène qu’à l’intérieur. Cette remarque interpelle tout le monde. Mais aussi il faut que les lutteurs sachent que le gouvernement actuel a bien envie de développer la lutte, avec la construction de l’arène nationale, à hauteur de 23 milliards. C’est bénéfique pour tout le monde. D’où la raison de ne pas les décourager. Déjà, il y a des gens tapis dans l’ombre qui ne souhaitent pas la réalisation de ces infrastructures. La violence répétitive est sur le point de leur donner raison. Bref, le Cng, l’instance dirigeante de la lutte, doit prendre à bras le corps les face à face des lutteurs. Il faut prendre des décisions qu’il faut.»

Khadim Gadiaga, président des lutteurs en activité

«J’ai comme impression que le Cng cautionne la violence»

«Je déplore la violence dans l’arène. Le public est le charme du sport de combat. Ça se passe comme ça aussi aux Etats Unis d’Amérique. Mais il faut qu’on comprenne que le Sport reste le sport. C’est le Fair-Play qui doit prédominer. Pour ce qui est arrivé la dernière fois, à la Place du Souvenir, je prends pour responsable le responsable le Cng. J’ai comme impression qu’il cautionne la violence. Ces responsables en charge de la lutte n’ont pas respecté leur principe sur l’organisation des face à face. Il n’y a pas longtemps, ce comité avait décidé de limiter le nombre d’accompagnants des lutteurs dans les face à faces. Cela n’a jamais été respecté. Et cela a toujours entrainé les bavures. Il faudra remettre ces principes sur table. Ça pourra minimiser les provocations qui mettent le plus souvent de l’huile sur le feu. Aussi, si on impose la culture du Fair Play, pourquoi ne pas l’imposer dans l’arène.»

Propos recueillis par I.TOURE

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