Accueil / SOCIETE / Suite et fin du procès d’Ibrahima Ly- Le présumé terroriste risque la réclusion à perpétuité

Suite et fin du procès d’Ibrahima Ly- Le présumé terroriste risque la réclusion à perpétuité

Le procès du présumé terroriste Ibrahima Ly s’est poursuivi hier. Le maître des poursuites a requis à son encontre une peine de travaux forcés à perpétuité. La défense a plaidé la relaxe au bénéfice du doute. De son côté, l’accusé Ibrahima Ly espère voir le bout du tunnel le 9 avril prochain, jour du délibéré.

A l’entame de son réquisitoire, le parquetier a rappelé que lors de l’interpellation du mis en cause, il avait tenté de prendre la fuite. Non sans préciser que des tirs de sommation ont été effectués. Une perquisition a ensuite été faite chez lui et des livres, des notes d’enseignement islamique, des téléphones, des billets de banque et deux passeports, ont été découverts. Interrogé, l’accusé a soutenu devant les enquêteurs et à la barre du tribunal qu’il a quitté la France pour aller en Syrie dans le but d’apprendre le Coran et pouvoir parler Arabe au milieu des arabes. Cependant, le maître des poursuites a demandé au tribunal de ne peut croire aux déclarations de l’accusé. Car il savait qu’en Syrie, il y avait la guerre. Mais, nous dit le représentant du ministère public, Ibrahima Ly a continué son chemin pour se rendre dans ce pays. « On peut véritablement et valablement douter de ses propos. Je dois rappeler qu’il s’est rendu dans une localité qui se trouve au centre de la Syrie. Et, cette ville est déclarée comme étant la capitale de l’Etat islamique. Pis, l’Etat islamique a pris le contrôle de ladite ville avant de prendre une place pour la baptiser le rondpoint de l’enfer », a dit le maître des poursuites, selon qui le projet d’Ibrahima était en rapport avec une entreprise individuelle. « A travers la presse et à travers les vidéos, ils (Ibrahima et d’autres personnes) ont proclamé d’être des terroristes. Ce dessein devait tendre à un but qui est de faire régner un trouble grave à l’ordre public par la terreur, par l’intimidation. Il avait même un nom de guerre, c’est-à-dire Abou Azam et c’est très révélateur », a soutenu le Procureur. A l’en croire, Aboul Azam était l’un des pionniers du djihadisme avec Ben Laden. Ils ont formé les premiers terroristes. C’est au regard de tous ces éléments que l’avocat de la société a dit qu’il n’est plus permis un seul instant de douter des faits reprochés à Ibrahima Ly. Sur ce, il a demandé à ce que l’accusé soit condamné à une peine de travaux forcés à perpétuité.

Me Kane : « je plaide la thèse de l’enfant victime. La thèse du voyage d’étude »

Cette peine a été jugée lourde par Me Daouda Kâ, avocat de la défense. Selon lui, il n’est pas l’avocat d’un djihadiste ni l’avocat de l’Etat islamique. « Je suis l’avocat d’un jeune franco-sénégalais. Je ne vais pas me lancer dans des états d’âme ou des histoires pour établir la culpabilité de l’accusé. Nous sommes à nos débuts, donc apprécions objectivement les faits de l’espèce. Je demande que cette commission rogatoire soit écartée. Ce n’est pas un juge sénégalais, mais c’est un juge français qui a écrit une lettre lorsqu’il a su qu’Ibrahima Ly a été interpellé », a dit la robe noire. Avant de poursuivre : « on ne peut pas aussi se fonder sur des propos d’un co-accusé dont on n’a pas le procès-verbal pour dire qu’il est coupable. On pouvait faire une commission rogatoire pour aller en France interroger sa famille et les gens qui fréquentent la mosquée où il priait. Je plaide la thèse de l’enfant victime. La thèse du voyage d’étude ». Et la robe noire de plaider la relaxe au bénéfice du doute. « Ce serait très grave de dire qu’il est dans une entreprise terroriste. On ne condamne pas une personne à perpétuité en faisant allusion à l’histoire. C’est une personne honnête qui a même coopéré pour la manifestation de la vérité. La vidéo, c’est la rançon pour obtenir la liberté. Donc, je vous demande de le relaxer au bénéfice du doute ». Par ailleurs, Ibrahima Ly est revenu une dernière fois à la barre pour faire une déclaration. « J’ai expliqué à la barre mon déplacement de la France vers la Syrie. Je voulais apprendre le Coran et parler Arabe au milieu des Arabes. A la frontière syrienne, je me suis rendu à la police pour expliquer ce qu’il se passait en Syrie. Je pouvais prendre la route et revenir directement au Sénégal parce qu’il y avait un billet disponible, mais je suis allé voir le consulat sénégalais et je lui ai remis tous mes papiers. Je ne suis pas contre qu’on me mette en détention pour voir de quel pays je venais et si j’ai été mêlé à ça. J’ai confiance en vous et je sais ce que j’ai subi dans ce pays », a-t-il dit. Pour conclure, il ajoute : « je ne vais pas vous tromper avec mon djellaba. Je suis au Sénégal et j’ai l’espoir de ressortir pour voir ma famille et mes marabouts. Ces personnes peuvent me conseiller sur là où je vais mettre mes pieds ». L’affaire a été mise en délibéré pour le 9 avril prochain.

Cheikh Moussa SARR

À voir aussi

Couverture procès Imam Ndao et cie Les chroniqueurs judiciaires dénoncent les attaques contre la presse

L’Association nationale des chroniqueurs judiciaires a fait un communiqué, hier, pour déplorer les attaques dont …

Vie carcérale à Louga L’Observatoire national dénonce « les pénibles conditions des détenus » 

L’Observatoire national des Lieux de Privatisation de Liberté (Onlpl), dans le cadre du projet d’appui …