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Suspension du procès de Hissène Habré- Les avocats commis d’office ont 45 jours pour étudier le dossier

 En l’absence des avocats de la défense, le Président des Chambres africaines extraordinaires d’assises, Gberdao Gustave Kam, a commis d’office trois avocats pour Hissène Habré. Désignés hier, ils ont 45 jours pour étudier le dossier. L’audience reprend le lundi 7 septembre prochain.

L’ancien Président tchadien, Hissène Habré a été conduit, hier, par la force publique, à la salle 4 du Palais de justice de Dakar. Tout de blanc vêtu, Habré était sans ses avocats. Aussi, le Président des Chambres africaines extraordinaires d’assises, Gberdao Gustave Kam, a-t-il commis d’office des avocats pour le Tchadien. «Apparemment, les avocats de la défense ne sont pas dans la salle. Donc, la Chambre va se retirer pour commettre des avocats d’office qui défendront les intérêts de Hissène Habré», a dit le Président. Après quelques minutes de concertation, les juges de ladite juridiction ont désigné Mes Sène Mbaye, Mounir Ballal et Abdou Ngingue, tous du barreau de Dakar, pour assister Habré dans son procès. Ces avocats nouvellement désignés ont demandé une suspension pour pouvoir s’imprégner du dossier. «A la requête des avocats commis d’office, la Chambre leur accorde un délai de 45 jours, à compter de ce jour (hier). Un temps que nous avons estimé raisonnable, pour qu’ils puissent prendre connaissance du dossier. La reprise est prévue pour le 7 septembre prochain», a précisé le juge.

La partie civile : «Cette justice risque d’être bafouée après 45 jours»

Lorsque le juge a prononcé la suspension de l’audience jusqu’au 7 septembre prochain, les avocats de la partie civile ont manifesté leur regret. Me Gautier a sollicité de la Chambre de demander à Habré s’il compte récuser ses avocats ou pas. «Cette justice risque d’être bafouée après 45 jours. Vous avez pris une décision que nous ne déplorons pas, mais que nous regrettons profondément. Cette décision pourrait faire le jeu d’une tentative annoncée, depuis plusieurs mois, de paralyser, saboter, asphyxier ce procès. Nous savions que le procès allait commencer par un petit vacarme, pour faire croire à l’opinion nationale et internationale que l’accusé est victime d’une violence. Alors que les victimes sont de l’autre côté de la barre», a dit la robe noire. A l’en croire, Habré adopte un système de défense de rupture. «Il usurpe la défense de la rupture qui est la défense de la lâcheté. Cette défense, elle signe l’appartenance d’Hissène Habré à ce petit club très fermé, frères de sang de barbares, cherchant à humilier son peuple. Cette défense est de cracher sur les juges et de faire en sorte que ce procès soit illégitime», a encore soulevé le conseil de la partie civile, selon qui, ces 45 jours ne serviront à rien à Habré qui manquera de considération à ces avocats si respectables, si vaillants. «Est-ce qu’il va organiser sa défense ? Il se moque autant de votre cour. J’en appelle à votre conscience de juges, de juges de l’humanité pour l’humanité», a poursuivi la robe noire.

Mbacké Fall, avocat général : «Il n’appartient pas à Habré de récuser qui que ce soit»

Le parquet a partagé le souci de la partie civile, sachant que Habré a organisé sa défense par le silence. «Il n’a jamais voulu collaborer avec l’œuvre de la justice. Il ne va pas consulter ses avocats, parce qu’il ne reconnait pas votre Chambre. Cependant, il ne lui appartient pas de récuser qui que ce soit», a dit Mbacké Fall, avocat général qui précisera à l’intention des avocats commis d’office, de ne pas espérer une quelconque collaboration de la part de Habré. «C’est dans l’intérêt de la justice que vous avez été désignés pour défendre les intérêts de l’accusé qui refuse de collaborer», leur a-t-il toutefois rappelé. Prenant la parole en dernier, le président de la Chambre recadrera le débat. «C’est sur le plan juridique que vous comprendrez le fondement de ma décision. C’est vrai, il y a une difficulté qui repose sur l’acceptation par Habré des avocats commis d’office qui connaissent bien la charge et leur responsabilité de veiller à ce que le droit pénal soit respecté, de sauvegarder les intérêts de Habré. On veut un procès équitable, tant bien même l’accusé le refuse», a dit le Président Gberdao Gustave Kam, selon qui, la Chambre tend vers un procès qui sera impartial et équitable où les règles de procédures seront respectées, même si Habré refuse de collaborer.

Cheikh Moussa SARR

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