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Les Syndicats d’enseignants en grève rejetant les mesures du gouvernement

Une rencontre, pour rien ! Les syndicats les plus représentatifs de l’enseignement ont jeté à la poubelle les mesures prises par le gouvernement pour l’apurement du passif devant garantir la stabilité du système scolaire. Les enseignants qui parlent de propositions «irrespectueuses et indécentes», ont décrété, pour marquer leur désapprobation, un débrayage et une grève totale, les 23 et 24 janvier prochains.

Les syndicats les plus représentatifs de l’enseignement ont jugé les 6 décisions du gouvernement pour l’apurement du passif pouvant garantir la stabilité du système scolaire, de «propositions irrespectueuses et indécentes». En réponse à ces mesures, le Cusems, le Saemss et les autres syndicats les plus représentatifs ont décidé de décréter un débrayage demain mardi 23 janvier à partir de 9 heures et une grève totale le jour suivant, mercredi 24 janvier.

Pis, les syndicats ont dégagé en touche les mesures du gouvernement prises à l’occasion de la rencontre tenue le vendredi dernier. En effet, la partie syndicale avait joué la carte de la prudence en marquant leur désapprobation totale sur un point, notamment le régime indemnitaire.

L’Etat a décidé, selon le Premier ministre, de procéder au relèvement de l’indemnité de logement allouée aux enseignants en inscrivant dans le budget de 2019 un montant de 12 milliards payable à partir de la fin du mois de janvier 2019, soit un milliard par mois.

Une mesure rejetée d’emblée par les organisations syndicales qui ont fait savoir que l’engagement est très largement en deçà de leurs préoccupations. «Le gouvernement nous a dit qu’il y a un niveau salarial élevé pour certains agents de l’Etat et faible pour d’autres. Ils ne savent pas comment faire pour arriver au juste milieu. C’est un argumentaire que nous ne pouvons accepter. C’est la raison pour laquelle, s’ils disent vouloir ajouter, selon le pourcentage, 6000 F Cfa seulement sur l’indemnité de logement des enseignants, nous considérons que c’est très en deçà de nos attentes», déclarait Saourou Sene, porte-parole du jour.

Au regard de la détermination des syndicats d’enseignants sur la matérialisation des points de revendication, les acteurs devront encore prendre leur mal en patience pour espérer une pacification de l’espace scolaire. En effet, le gouvernement et les syndicats se sont donnés rendez-vous le 19 avril prochain, pour maintenir le fil du dialogue. La seule rencontre entre les deux parties prenantes dans un horizon proche est prévue le 25 janvier prochain. L’ordre du jour est de discuter sur les questions relatives à la situation de l’Institut islamique, à l’exploitation et la capitalisation des deux séminaires faits en relation avec le secteur de l’enseignement arabe et religieux, à la formation diplomante et la dotation logistique des Crfpe.

En plus de la revalorisation de l’indemnité de logement, le gouvernement, rappelons-le, a décidé l’apurement de tous les stocks d’actes, de tous ordres qui sont présentement en instance. Il est prévu une organisation des «guichets uniques» et des «opérations coup de poing» pour accélérer le rythme de production des actes.

Qui plus est, l’Etat dégagera une enveloppe de 32 milliards dans le budget 2018 pour le paiement des rappels de tous ordres (validation, intégration et avancement), au plus tard fin décembre 2018.

Pour l’habitat social, il est avancé un montant de 3,5 milliards FCfa dès la fin du mois de mars pour l’aménagement des zones, notamment de Ziguinchor et du Lac Rose. En fin mars, les sites de Kolda, Richard Toll et Ourossogui seront disponibles. Pour Louga et Kaolack, le processus est en cours. Le reliquat de 211 millions FCfa devra être payé dès aujourd’hui à 12 heures, pour le règlement des indemnités dues à l’occasion des examens de baccalauréat.

«Les sommes dues au titre de la participation aux examens, l’Etat a pris l’engagement de payer ses indemnités dans l’année, au plus tard le 30 novembre», avait soutenu, le secrétaire général du gouvernement, Seydou Guèye.

Concernant les prêts DMC, le gouvernement effectuera le premier décaissement qui se fera à la fin du mois de mars pour toutes les conventions signées avant le mois de juin 2016. «Jusqu’au mois de septembre, il est prévu un décaissement d’au moins 2 milliards pour apurer le stock des conventions signées jusqu’en 2016», soulignait Seydou Gueye.

Après les élections de représentativité en avril 2017, le Syndicat autonome des  enseignants   du  moyen et  secondaire  du  Sénégal (Saemss), le Cadre Unitaire des Enseignants du Moyen Secondaire (Cusems), le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), le Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique (Sels/A), l’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden), le Syndicat National des Enseignants en Langue arabe du Sénégal (Snelas/Fc) et le Syndicat des inspecteurs de l’éducation nationale (Siens) représentent désormais les enseignants à la table des négociations.

Sud quotidien

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