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Syndrome Aissata Tall Sall: Aïda Mbodj et Bamba Fall ont eu peur

La campagne électorale touche à sa fin. Les camps ont continué à se constituer. Les 22 candidats recalés ont presque tous choisi leur point de chute, hormis Karim Wade et le Pds, qui déroulent leur propre stratégie.

Le candidat de ‘’Idy 2019’’ a eu la part belle avec, au moins, 14 candidats recalés dont Pape Diop, Decroix, Guirassy, Gackou, etc.

Du côté de Benno Bokk Yakaar, on n’a pas attendu le parrainage. Un travail méthodique et systématique de ‘’débauchage’’ de leaders politiques a été entamé depuis fort belle lurette avec, dans la besace, de gros gibiers.

Toutefois, il y a un hic. Il a été déclenché par le ralliement de Me Aïssata Tall Sall de ‘’Osez l’avenir’’. Elle a déposé ses baluchons au niveau de la nouvelle majorité présidentielle, soulevant une vague de protestations rarement observée en la matière. Il y a eu un tollé général, l’opinion s’est indignée surtout dans les réseaux sociaux. Une situation qui a certainement surpris la concernée du moment où beaucoup d’autres l’avaient fait avant elle.

Certainement, la dame n’avait pas mesuré à quel point elle constituait, pour de nombreux Sénégalais, une référence en termes de conviction, d’engagement, de courage, de pugnacité intellectuelle, sans oublier l’élégance physique. Et mal lui en a pris.

D’ailleurs, au sein de la coalition au pouvoir, on se dit surpris que des gens puissent rejoindre les coalitions de l’opposition et que l’opinion soit ainsi réticente à voir des leaders choisir leur camp.

En réalité, ceux qui rejoignent le pouvoir sont facilement assimilables à des transhumants, même s’ils ne prennent pas la carte de l’Apr.

Leurs motivations et celles des transhumants sont presque les mêmes aux yeux de beaucoup : Il s’agit de venir profiter des privilèges et avantages que procure le pouvoir et qu’il est seul à détenir.

Mais, à notre avis, ce n’est pas seulement cela qui dérange l’opinion. Ce qui dérange, c’est justement le retournement de veste de la part de ceux qui, naguère, avaient un discours acerbe contre le régime en place.

On ne peut pas diaboliser quelqu’un et son système, tenir en haleine l’opinion pour partager ses convictions et revenir en arrière pour défendre le contraire ou s’accoupler avec lui. C’est déconcertant. C’est pour cela que les deux types de ralliement ne se ressemblent pas. Aller dans une coalition de l’opposition est moins problématique en termes de conservation de son image.

C’est pourquoi, on comprend que, depuis lors, il n’y a plus de ralliements annoncé dans la majorité présidentielle. Aïda Mbodj qui a annoncé à deux reprises qu’elle allait se déterminer, s’est finalement débinée pour opter pour la ‘’neutralité’’.

Idem pour Bamba Fall, le Maire de la Médina, un ‘’khalifiste’’ pur et dur et qui a été le grenadier-voltigeur de la bataille contre le ‘’Macky’’. Aujourd’hui, comme Aïda, il affiche une ‘’neutralité’’ suspecte.

Les deux et peut-être bien d’autres, veulent vaille que vaille éviter le syndrome Aïssata. Nos politiques commencent à craindre l’opinion publique qui est parfois intransigeante sur certaines questions.

N’eut-été ce cas Aïssata, ces leaders ‘’neutres’’ auraient simplement choisi la coalition au pouvoir. Et malheureusement pour eux, leurs partisans en sont conscients. Car, il n’y a pas de neutralité en politique. On ne peut pas créer son parti ou son mouvement politique, se battre de longues années surtout contre le régime en place et, subitement, lors de l’élection la plus importante, afficher une neutralité.

Alors, affirmons, d’une façon péremptoire, que tous ceux qui affichent leur soi-disant neutralité sont avec le pouvoir. La réalité est qu’ils n’ont pas osé se l’avouer.

Au final, deux grandes coalitions se sont formées lors de cette élection : la nouvelle majorité présidentielle qui est une coalition de coalitions et ‘’Idy 2019’’.

Bien sûr, les autres candidats ont aussi eu des ralliements, mais de moindre importante, ce qui n’enlève en rien leurs chances étant entendu que ce sont les électeurs qui décident.

Mais toujours est-il que le contrôle direct de l’action de l’homme politique par le citoyen commence à devenir une réalité au Sénégal.

Et c’est ce qui nous manquait grandement pour que la classe politique commence à respecter le citoyen.

Assane Samb

 

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