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Syrie: échange musclé entre Bachar el-Assad et les autorités françaises

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a renvoyé le dirigeant syrien dans ses cordes après ses propos sur l’Hexagone. Bachar el-Assad s’en était pris violemment à la France, l’accusant de soutien au terrorisme et estimant qu’elle n’avait « pas le droit de parler de paix en Syrie ». Dans une interview diffusée la veille, le président Macron avait expliqué que Bachar el-Assad devrait, à terme, répondre de ses crimes devant son peuple et devant la justice internationale. Ce mardi, le chef d’Etat français a jugé « inacceptables » les critiques de Bachar el-Assad contre la France.

Le chef du régime syrien a affirmé, 18 décembre, que la France avait été le porte-étendard du soutien au terrorisme dès les premiers jours du conflit qui mine ce pays depuis des années. Le jour même à Washington, le ministre français des Affaires étrangères en déplacement dans la capitale américaine lui a répondu de manière cinglante.

« M. Bachar el-Assad ne semble pas vraiment en situation de pouvoir affirmer une prise de position politique tant qu’il est dépendant de la Russie et de l’Iran, a déclaré Jean-Yves Le Drian. Ensuite, quand on a été le premier à libérer les jihadistes de Daech [acronyme arabe de l’Etat islamique], on ne donne pas de leçons. Enfin, quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion. »

« Ce qui est clair, c’est que la France a été dès le départ dans l’action de la coalition contre Daech et qu’aujourd’hui, c’est la coalition qui a permis la victoire, a poursuivi le ministre français. Aujourd’hui, Daech n’a pas encore perdu complètement la guerre, donc il faut continuer le combat. »

Dans une interview diffusée dimanche, le président français Emmanuel Macron avait expliqué que la France devrait parler avec les représentants du régime Assad lorsque « nous aurons gagné la guerre » contre le groupe EI, parce que le président syrien « est protégé par ceux qui, sur le terrain, ont gagné la guerre aussi, que ce soit l’Iran, la Russie ». Et de souligner que cela n’empêcherait pas, à terme, le dirigeant syrien de « répondre de ses crimes devant son peuple, devant la justice internationale ».

Ce mardi, le chef d’Etat français a par ailleurs jugé « inacceptables » les critiques de Bachar el-Assad contre la France. « Nous avons été cohérents depuis le début, en luttant contre un seul ennemi, Daech, en Syrie », a déclaré Emmanuel Macron devant la presse après avoir reçu le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Les Kurdes dans une position difficile

Dans une vidéo diffusée par la présidence syrienne sur les réseaux sociaux, Bachar el-Assad a par ailleurs qualifié ce lundi 18 décembre les milices kurdes soutenues par les États-Unis de « traîtres », parce qu’il estime qu’elles « travaillent pour le compte d’un pays étranger ».

Les Kurdes ont été en première ligne contre les jihadistes de l’Etat islamique (EI) et qui ont pris contrôle des régions du nord et du nord-est de la Syrie. Selon Thomas Pierret, chercheur spécialisé à l’université d’Édimbourg, au Royaume-Uni, cette attaque verbale de Bachar el-Assad contre les Kurdes est une manière de faire pression sur les revendications autonomistes de ces derniers.

« Le régime est dans une posture conquérante pour l’instant, en position de force sur le terrain. Il affirme qu’il a l’intention de rétablir son autorité sur tout le pays, y compris sur le territoire contrôlé aujourd’hui par les Kurdes du PYD, le Parti de l’union démocratique, explique-t-il. Il n’est évidemment pas question pour le régime aujourd’hui de partir à l’assaut des régions tenues par le PYD sachant qu’ils sont protégés par les États-Unis. Le régime n’a absolument pas les moyens, même avec ses alliés, de rentrer en confrontation directe avec les États-Unis, mais il y a un degré de guerre psychologique. »

« Se sachant menacé par le régime et ayant de bonnes raisons de douter de la durabilité du soutien américain, le PYD considère une assurance pour l’avenir : se rapprocher de la Russie et donc indirectement du régime et essayer de préparer un avenir où il y aurait une sorte d’entente avec le régime, poursuit Thomas Pierret. Le PYD négocierait avec des revendications à la baisse, c’est-à-dire qu’il n’abandonnerait pas complètement son projet d’administration autonome mais reviendrait partiellement dans le giron du régime. Cela peut-être un moyen de faire pression dans ce but. »

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