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T.T.Fons, le «Père» de «Goorgoorlou» «Goorgoorlou va continuer va continuer à se plaindre de l’eau et de l’électricité»

En 1987, c’est un personnage plus vrai que nature que découvrent les lecteurs du «Cafard libéré». Créé par le journaliste-caricaturiste T.T. Fons, «Goorgoorlou» est un sympathique père de famille sans emploi qui tire le diable par la queue, suspendu à l’obsessionnelle équation de la «dépense quotidienne». Entre-temps, «Goorgoorlou» est aussi devenu le personnage principal de la série télévisée éponyme, diffusée il y a quelques années sur la Rts. Si «Goorgoorlou» a comme qui dirait disparu du petit écran, c’est à cause d’un contentieux entre la télévision publique et le très discret T.T. Fons, qui n’hésite pas à dire que cette affaire, une histoire de plusieurs millions, lui a brisé les ailes. Voilà ce qu’il nous confiait dans l’entretien qu’il nous a accordé la semaine dernière. T. T. Fons, que l’on n’entend pas beaucoup, y revient aussi sur son aventure avec «Goor Mag», ce magazine quasi mort-né, que ses ambitions n’ont même pas aidé à survivre. Le père de «Goorgoorlou» se prononce aussi sur la façon dont marchent nos télévisions, dans un contexte où l’on parle beaucoup de Plan Sénégal Emergent (Pse), mais où la culture a l’air de compter pour du beurre. Bonne nouvelle tout de même pour les inconditionnels de «Goorgoorlou» : un nouvel album pourrait bien voir le jour. Ce sera cette année…ou celle d’après.

Qui se cache derrière T. T. Fons ?

Je m’appelle Alphonse Mendy à l’état-civil, mais mon nom d’artiste c’est T.T. Fons. J’ai toujours signé de cette façon mes articles dessinés ou caricaturés.

Pourquoi T. T. Fons ?

C’est un surnom qui me vient des mouvements d’action catholique où j’ai évolué quand j’étais jeune. Et quand j’ai commencé à travailler comme journaliste-caricaturiste, j’ai adopté ce surnom ou cette signature. Je suis journaliste-caricaturiste, ce qui signifie que là où les rédacteurs utilisent leur stylo ou leur plume, j’utilise plutôt le crayon et l’encre de Chine, ou même le feutre, pour faire mes articles, par le dessin ou par la caricature. J’ai toujours travaillé dans la presse satirique, d’abord dans un journal qui s’appelait «Le Politicien», et qui a disparu aujourd’hui, et ensuite pour le journal «Le Cafard libéré», qui était en quelque sorte un pendant du journal satirique français «Le Canard enchaîné». Jusqu’en 2000, je travaillais encore pour «Le Cafard libéré», et c’est à cette époque que j’ai quitté le journal pour mettre sur pied ma propre boîte, Ateliers Fons,  spécialisée dans la communication par l’image, et plus particulièrement l’image dessinée. Il faut dire que quand j’ai quitté «Le Cafard libéré», je me suis spécialisé dans la communication par l’image. Nous sommes dans un pays où le taux d’analphabétisme est encore assez élevé, et l’image peut être comprise aussi bien par les personnes alphabétisées ou instruites, que par celles qui ne le sont pas. On fait de la communication sociale, on travaille avec certaines entreprises, certaines Ong qui ont besoin de pouvoir communiquer par l’image, que ce soit sur des supports comme la bande dessinée, les affiches, les flyers, des scénarios ou même des storyboards…Aujourd’hui, mes activités font que je travaille beaucoup plus pour les entreprises. C’est un cadre plutôt réduit, ce qui explique peut-être que les gens ne voient plus du tout ce que je fais comme travail. Mais je suis toujours en activité, «Goorgoorlou» est bien là.

Justement, quand on dit T.T. Fons, on pense forcément au personnage de «Goorgoorlou» que vous avez-vous-même créé. Comment est-il né ?

C’est dans le journal «Le Cafard libéré» que le personnage «Goorgoorlou» a vu le jour. Aujourd’hui, beaucoup de personnes connaissent plus ou moins l’histoire de ce personnage qui n’est que l’une des nombreuses victimes, comme je le dis souvent, des plans d’ajustement structurel qui ont eu cours au Sénégal comme dans d’autres pays africains, dans les années 1980-1985. L’application, sinon la mise en pratique, par l’Etat du Sénégal, de ces politiques qui ont été prescrites par les institutions de Bretton Woods, a poussé beaucoup d’entreprises à mettre la clé sous le paillasson. Et beaucoup de pères de famille ont perdu leur emploi à cause de ces politiques d’ajustement, à cause de ces politiques inhumaines d’ajustement structurel pratiquées par le Gouvernement. «Goorgoorlou» est donc un père de famille qui, du jour au lendemain, se retrouve au chômage. Quand on compare cette époque avec la période juste après l’indépendance, donc du temps de Senghor, il n’y avait pas encore la crise et on disait que la vie était belle, que les Sénégalais arrivaient encore à vivre de leur salaire, à acheter un sac de 100 kg de riz, de l’huile etc. Et comme le chante si bien quelqu’un comme Souleymane Faye dans un de ses tubes (Diamono Twist, Ndlr), le riz au poisson était bien gras, il y avait beaucoup de poisson, et il y avait encore des restes de riz à jeter, c’était l’abondance. Les Sénégalais étaient donc habitués à  un certain train de vie.

Senghor est parti, Abdou Diouf est venu, et malheureusement pour les Sénégalais, son accession au pouvoir a été l’époque de la crise, de la sécheresse, qui avait commencé avec Senghor, mais que les populations ont vécu durement sous le régime de Diouf.  «Goorgorlou» a vécu la période d’abondance, et voilà que tout d’un coup, il perd son emploi, devient un chômeur qui chaque jour doit faire face à la dépense quotidienne. Et quand on parle de dépense quotidienne, c’est tout ce que le père de famille doit assurer, que ce soit la nourriture, l’habillement, tout ce dont une famille sénégalaise pour ne pas dire dakaroise, urbaine, a besoin. «Goorgoorlou» va tous les jours à la recherche d’un nouvel emploi, mais le contexte socio-économique étant ce qu’il est-il n’a pas changé sinon en pire-il ne trouve pas de travail. Et donc moi, en tant que journaliste-caricaturiste, dessinateur, observateur de ma société, j’ai donc pris comme prétexte ce père de famille confronté à toutes ces difficultés pour faire vivre sa famille, pour dépeindre la société sénégalaise dans laquelle je vis. C’est plus ou moins le vécu quotidien des Sénégalais que j’ai cherché à dépeindre et à faire voir. D’abord aux lecteurs du « Cafard libéré », mais aussi à la population sénégalaise de manière générale : essayer de poser devant ces populations du Sénégal, un miroir à travers lequel elles verront le reflet, peut-être déformé, de ce qu’elles vivent.

Vous le faisiez de façon assez drôle ou de manière caricaturale,  ce qui permettait d’en rire et de prendre du recul, comme un exutoire?

Tout à fait. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’à l’époque, je suis dans un journal satirique qui tourne en dérision tout ce dont il traite, c’est une satire sociale, mais dans cette caricature, je peux dire que les 80% de ce qui est dit ou de ce qui est dessiné, c’est la réalité. «Goorgoorlou» c’est donc une satire sociale, c’est une satire de la société sénégalaise, et à travers ce personnage, j’ai essayé de représenter tous les faits sociaux. J’essaie de prendre l’actualité, mais de manière sociale. Un exemple : aujourd’hui si les autorités ou si le ministère du Commerce décide de la diminution du prix du riz, comment cette décision sera-t-elle vécue par les familles sénégalaises ou par une famille comme celle de «Goorgoorlou», qui ne travaille pas ? Est-ce que le fait de baisser le prix du riz pour un chômeur est vraiment bénéfique pour lui ? Qu’est-ce que cela change ? Parce que si je ne travaille pas et si je n’ai pas 250 francs CFA en poche, est-ce que si le prix du riz passe à 100 ou à 150 francs le kilo, cela signifie que j’aurai les moyens de l’acheter ? Donc, au lieu de procéder à la baisse du kilo de riz, est-ce qu’il ne faudrait pas mieux trouver du travail, donner du travail à ceux qui n’en ont pas ? Mais, je ne cherche pas à donner des solutions encore moins des leçons à travers mes personnages. Je n’essaie pas de passer pour un moralisateur ou pour celui qui a toutes les solutions aux problèmes posés. Moi, en tant qu’observateur et dessinateur, je pose le problème, je renvoie les faits à la population, et c’est à chacun, en lisant, d’en tirer toutes les leçons, s’il y a des leçons à en tirer.

Le personnage de «Goorgoorlou» reste très actuel. Vous y travaillez encore ?

Le personnage est très actuel. Je dirais même que le concept et les histoires de «Goorgoorlou» sont toujours très actuels, et le seront toujours. Car même si aujourd’hui le Sénégal devenait un pays aussi développé que les Etats-Unis, la France ou un autre de ces pays, «Goorgoorlou» serait toujours très actuel, dans la mesure où ce n’est pas seulement une histoire, c’est un concept. Ce n’est pas seulement l’histoire de quelqu’un qui cherche la dépense quotidienne, c’est bien plus fort, bien plus grand que cela. «Goorgoorlou», c’est la Vie, c’est quelqu’un qui cherche à améliorer son quotidien, et nous sommes tous comme cela, nous cherchons tous à améliorer notre vécu quotidien, même ceux qui sont censés avoir des milliards. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une philosophie, je reste dans le cadre de «Goorgoorlou». «Goorgoorlou» est  né en 1987, du temps d’Abdou Diouf, qui est parti, Abdoulaye Wade est venu, il est resté 12 ans au pouvoir et il est parti à son tour. Aujourd’hui nous sommes avec Macky Sall, et je pense que si on prend seulement les problèmes qui se posent en ce moment aux populations sénégalaises, l’électricité par exemple, «Goorgoorlou» a déjà abordé cette question-là dans ses histoires sous Abdou Diouf. On a connu les mêmes problèmes avec Abdoulaye Wade, et ce sont les mêmes difficultés qui reviennent avec Macky Sall, même s’il y a quelques améliorations. «Goorgoorlou» va donc continuer à se plaindre, que ce soit au sujet de l’eau ou au sujet de l’électricité. C’est une façon de dire qu’on ne résoudra pas tous les problèmes qui se posent à lui. Il y en aura toujours, et les populations chercheront toujours à améliorer leur quotidien.  Mais c’est vrai qu’aujourd’hui on ne voit plus «Goorgoorlou».

Vous y travaillez ?

Je travaille là-dessus, parce que comme je l’ai dit, je collabore avec des entreprises ou des Ong, et souvent, pour faire leur communication, elles préfèrent utiliser le personnage de «Goorgoorlou» pour mieux véhiculer leurs messages ou pour faire une meilleure sensibilisation. Il faut dire aussi que je travaille en ce moment sur des albums qui ne sont peut-être pas encore là, et qui vont peut-être sortir cette année ou l’année prochaine. J’en profite aussi pour dire que les précédents albums de «Goorgoorlou» sont toujours en vente. Tout dernièrement, je me suis rendu compte, en me présentant, que cela intéressait encore les populations parce que les ventes continent à se faire et disons que ça se passe plutôt bien.

J’imagine qu’on doit souvent vous la poser cette question. Quand «Goorgoorlou» fera-t-il son retour sur le petit écran ?

C’est vrai qu’on me la pose souvent la question. Il ne se passe pas un jour sans qu’on ne me m’interpelle à ce sujet. Tout à l’heure, j’ai rencontré un de mes anciens collaborateurs qui m’a présenté aux personnes avec qui il était, et c’est là qu’on m’a dit : «Mais toi, qu’est-ce qui se passe ? On ne voit plus Goorgoorlou ?»

Justement, pourquoi « Goorgoorlou » ne passe plus à la télévision ? J’ai cru comprendre que c’était un peu « compliqué ».

En fait, ce n’est même pas compliqué. Quand j’ai quitté « Le Cafard libéré » en 2000, je me suis à mon propre compte. Et c’est sur fonds propres que j’ai lancé un magazine que j’ai appelé «Goor Mag», dans le but de faire la promotion de la bande dessinée. Si «Goorgoorlou » existe, c’est peut-être parce que j’ai ce talent de dessinateur, mais si j’ai pu développer ce talent, c’est surtout parce que j’avais un support sur lequel je pouvais m’exprimer : «Le Cafard libéré ». Et c’est ainsi que «Goorgoorlou» est né en 1987. J’ai pu développer le personnage, le faire connaître, le travailler, le peaufiner, le faire grandir, lui donner ses caractères à lui, juste parce que j’avais chaque semaine l’opportunité de faire une histoire et de la faire publier. La bande dessinée s’est développée comme cela, il n’y a pas de secret. Un peu partout dans le monde, la bande dessinée s’est développée par prépublication : se faire connaître en tant qu’auteur, faire connaître le personnage, faire connaître ses histoires, voir si c’est apprécié par le public, par les lecteurs de ce journal ou de ce magazine, et c’est seulement après qu’on peut juger et envisager d’en faire un album.

C’est de cette façon que ça marche, et c’est comme cela que ça s’est passé pour «Goorgoorlou». J’ai sorti les albums, le personnage était déjà connu, et c’est comme cela que j’ai lancé, sur fonds propres, le magazine «Goor Mag» qui allie la caricature, la bande dessinée, la culture. Je n’ai pas eu de soutien, j’ai investi beaucoup d’argent là-dessus, et c’est quand j’ai lancé ce magazine, que la Rts m’a contacté pour adapter «Goorgoorlou» à la télévision. C’est un vœu que je nourrissais depuis longtemps, et ça a abouti. On fait donc une première série, ça explose, c’est le succès, la série se fait connaître, ce qui nous introduit d’ailleurs au Marché international des programmes de télévision (Miptv). C’était à Cannes en 2002 ; à  l’époque Matar Sylla était le directeur de la Rts. A notre retour de Cannes, malheureusement, on avait fait partir Matar Sylla, et ce projet est donc tombé à l’eau. On a donc fait une première saison avec la Rts et pour la deuxième, il y a eu quelques problèmes. Je ne collaborais plus avec la Rts, mais avec un privé avec qui tout s’est très bien passé, ce qui m’a même permis, avec le peu que j’avais gagné, de mieux investir pour «Goor Mag».

Pour une troisième saison, la Rts revient à la charge et me dit qu’il n’est pas question que quelqu’un d’autre puisse tirer en quelque sorte les marrons du feu par rapport au produit télévisé, parce que c’était elle, la Rts, qui avait lancé la série «Goorgoorlou». J’ai dit niet, on a discuté, discuté, on m’a fait la cour…Le directeur de la Rts avec qui je travaillais, Abdou Khoudoss Niang est parti, Daouda Ndiaye est arrivé, et on a signé un contrat en 2005. Je veux que ce soit clair, parce qu’on n’arrête pas de me demander pourquoi «Goorgoorlou» a disparu du petit écran.

En 2005, je venais donc de lancer «Goor Mag», et comme souvent dans ces cas-là, le magazine n’a pas vraiment eu de succès immédiat. Je suis tout de même arrivé au neuvième numéro, avec pas moins de 3 millions par édition. En tournant les deux premières saisons de  «Goorgoorlou», j’avais épuisé mon stock d’histoires, parce que les histoires qui ont été adaptées étaient déjà dans les albums.
Il fallait donc en écrire de nouvelles. Je devais à la fois coacher le magazine, et me mettre à l’écriture, et ce n’était pas très évident. J’ai dû faire un choix, et c’est là que j’ai décidé de suspendre momentanément le magazine, pour me mettre à l’écriture pendant des mois ; en me disant qu’une fois que j’aurais fini, je donnerais le tout à la Rts qui produirait, qui réaliserait, et moi je pourrais retourner à mon magazine. Pendant 4 mois, je me suis donc mis à l’écriture, j’ai mis au chômage pratiquement mon équipe et je mets mon magazine en veilleuse. Deux-trois mois après, ça ne bougeait toujours pas. Mes fonds continuaient à…fondre (rires), et je commence à me trouver dans des situations difficiles, parce que j’occupais toujours les locaux et qu’il fallait bien payer le loyer tous les mois alors qu’il n’y avait plus de rentrée d’argent. Je vous épargne les détails…Finalement je vois que ça ne marche pas, alors là je négocie, mais la Rts ne veut toujours pas commencer la production. Alors moi je n’en peux plus, je rencontre des problèmes énormes, mais la Rts, qui aurait pu commencer avec les histoires déjà prêtes, en plus de trouver des sponsors par exemple, ne fait rien de tout cela. Ça discute, ça discute…De 2005 à 2006-2007, ça ne marche toujours pas, et moi je porte l’affaire au tribunal, parce que je n’en pouvais plus. Ça a été jugé, j’ai gagné le procès, et on doit me payer de l’argent. En 2008, rien n’avait encore été fait, et jusqu’à aujourd’hui…

Vous n’avez toujours rien reçu ?

Je n’ai rien reçu, et je ne vous cache pas que mes démarches de cette matinée sont liées à cette affaire.

Combien vous doit-on ?

Vous savez l’argent…Ce n’est pas une très grosse somme, c’est pratiquement le tiers de la somme que j’ai investie, et j’ai investi pas moins de 20 à 25 millions dans ce magazine. Résultat des courses : il n’y pas eu de série, je n’ai pas pu reprendre mon magazine, et voilà que plus ou moins je «disparais» de la circulation alors que je suis là et que je travaille. Là, les Sénégalais me cherchent, ils se posent des questions. Il y a eu une tentative de reprendre « Goorgoorlou », qui n’a pas abouti malheureusement, parce qu’il faut des fonds. Les gens me disent parfois : «Pourquoi pas les autres télévisions ?» Malheureusement, les autres télévisions veulent des PAD, des «prêt à diffuser», ce qui signifie qu’il faut investir beaucoup d’argent. Voilà plus ou moins pourquoi «Goorgoorlou », cette série tant prisée, qui n’a pas encore son égale, a plus ou moins disparu. Et ça je ne le dis pas seulement pour la Rts, mais pour toutes les autres séries qui passent sur nos chaînes de télévision. Aujourd’hui dans ce pays, on parle de Pse, d’émergence, alors que l’émergence devrait d’abord commencer par faire émerger les populations, parce que si les populations n’émergent pas, je ne vois pas quand est-ce qu’il y aura émergence, et au bénéfice de qui.

Sud Quotidien

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