SOCIETE

Tabaski et rentrée scolaire- le marteau du mouton et l’enclume des inscriptions

  • Date: 23 septembre 2015

Cette année encore, la fête de Tabaski coïncide avec la rentrée scolaire. Entre ces deux obligations, les chefs de famille ne savent plus où donner de la tête. Le stress et l’angoisse se le disputent chez certains ‘goorgoorlu’.

Entre le marteau du mouton et l’enclume des inscriptions et fournitures scolaires, les Sénégalais vivent actuellement des moments tourmentés. Awa Diagne, trouvée devant la porte de son domicile au quartier Maristes 1, est en pleine discussion avec son frère. Agée d’une trentaine d’années, elle a la tête toute décoiffée, à quelques jours de la fête de la Tabaski. Il faut dire qu’elle n’en a cure de son apparence. Les urgences sont ailleurs.

« Je suis mère de deux enfants et femme au foyer. Mon mari est un chauffeur de taxi. Il fait tout pour satisfaire tous nos besoins, mais il ne peut pas tout faire. A l’horizon de la fête de la Tabaski qui coïncide avec la rentrée, les charges ne cessent d’augmenter. Il ne m’a pas encore donné de l’argent pour que j’aille inscrire les enfants. L’un deux, âgé de 6 ans, doit aller en classe de CP et l’autre, 3 ans, doit entrer en préscolaire. » Consciente de l’acuité du problème, Awa Diagne se montre magnanime. « Dans cette situation, dit-elle, je le comprends parfaitement. Il m’a demandé d’attendre la fin du mois pour aller les inscrire, car pour le moment, il n’a pas la tête à ça. »

« J’ai trois filles qui sont au collège de Keur Mbaye Fall et deux garçons qui sont au lycée de Mbao. Mon mari est menuisier. Il travaille en ville. Son salaire ne lui permet pas de payer tous les frais scolaires et, avec la fête de la Tabaski, les dépenses explosent. Je l’aide avec mes bénéfices, mais cela ne suffit pas », confie Maïmouna Sankaré, vendeuse de légumes, la quarantaine, trouvée en train de ranger sa marchandise.

Elle est obligée de trancher dans le vif. « Pour cette année, renseigne-t-elle, les enfants vont porter leurs anciens vêtements pour la rentrée et pour la fête de Tabaski. Comme ça, mon mari se chargera des inscriptions et du mouton. Je m’occuperai des fournitures scolaires et du reste des frais. »

« Ma seule préoccupation, c’est d’acheter le mouton de la Tabaski »  Sur ces entrefaites, Mamoudou Kane, distributeur d’aliments, vient s’ajouter à la discussion. La situation le préoccupe au plus haut point.

« C’est vraiment dur pour nous chef de famille. Mouton, habillement, fourniture, inscriptions, tout cela repose sur moi. Ça me prend la tête. A deux jours de la Tabaski, je n’ai pas encore acheté un mouton, à cause de la hausse des prix. Mes enfants me réclament leur habillement et leurs inscriptions, sans oublier les fournitures à acheter. Ma femme, me demande de l’argent pour acheter le nécessaire pour la fête, car nous allons tous à Thiès chez mes parents. Mais à l’instant où je vous parle, ma seule préoccupation, c’est acheter le mouton de la Tabaski. Pour les autres charges, j’attendrai la fin du mois pour les régler. »

Il faut dire que la crise ne touche pas certaines couches de la société. Mariétou Fall, la trentaine, assistante de direction, trouvée chez un tailleur en train de prendre ses vêtements, s’en sort mieux.

« J’ai la charge de mes petites sœurs et de mes trois enfants. Je leur ai déjà acheté des habits pour la fête de la Tabaski. Comme ils sont tous dans des écoles publiques, leurs inscriptions sont déjà assurées. Reste juste leurs fournitures que j’achèterai après la fête de l’aïd el kébir. Pour le mouton, c’est mon grand frère qui est à l’étranger qui s’en charge », explique la dame divorcée.

Ainsi, avec un intervalle de moins de dix jours entre la rentrée des classes et la fête de Tabaski, une double équation repose sur la tête des chefs de famille.

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