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Tahibou Ndiaye, ancien directeur Cadastre «La médiation pénale n’a plus de valeur juridique, on devrait le déchirer et le jeter à la poubelle» 

 La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) a repris les audiences, hier, avec la suite de l’audition des témoins. Confronté à l’expert immobilier Amadou Kane, l’ancien directeur du Cadastre a indiqué que la médiation pénale devait être déchirée et jetée à la poubelle.

L’audition des témoins a repris, hier, à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, dans le cadre du procès de Tahibou Ndiaye et Cie. Et l’ancien directeur du Cadastre a été confronté avec l’expert immobilier Amadou Kane. Sur une question du substitut du Procureur spécial à propos du livre foncier de Dakar sur lequel on peut lire que certains biens de Tahibou Ndiaye ont été mutés au profit de l’Etat du Sénégal, l’ancien directeur du Cadastre de préciser : «votre prise de position m’étonne et me surprend, Monsieur le substitut du Procureur spécial. Si cette médiation aurait reçu mon aval, je ne serais pas aujourd’hui à la barre pour répondre du délit d’enrichissement illicite. On a voulu me faire signer des papiers et par la suite, j’ai décidé de ne plus les signer. Dès lors que la procédure a avorté, je n’ai pas cherché à savoir les biens qui ont été mutés à mon nom. Ce document n’a plus de valeur juridique. On devrait le déchirer et le jeter à la poubelle.» Pour Tahibou Ndiaye, cette médiation pénale a été remise en cause et les documents figurant dans le livre foncier irréguliers. Malgré les reprécisions du prévenu, Antoine Diome a insisté sur le fait que le rapport a relevé que certains biens de Tahibou ont été mutés au nom de l’Etat, en vertu d’un accord. «Ce problème est derrière nous. Ce n’est plus à l’ordre du jour», a rétorqué Tahibou Ndiaye. «On ne peut pas penser sous silence des documents qui sont dans le dossier. Il y a dans le dossier des bordereaux analytiques qui confirment que les biens ont été mutés au nom de l’Etat», a insisté le substitut du Procureur spécial, mais en vain. Car, l’ancien directeur du Cadastre a laissé le soin à ses avocats de répondre à cette interrogation lors de leurs plaidoiries.

Tahibou Ndiaye : «C’est le terrain de Bambilor qui pose problème»

L’ancien directeur du Cadastre a été interpellé sur ses biens immobiliers. Et selon Tahibou Ndiaye, les biens qui sont à son nom lui appartiennent et il s’agit de baux et de titres fonciers. «Pour les baux, j’étais en règle jusqu’au déclenchement de cette procédure. On me reproche de ne pas être en règle. C’est la raison pour laquelle, tous mes baux sont sous séquestre. Je n’ai pas droit de faire quoi que ce soit», a-t-il déclaré, précisant que le terrain de Noflaye existe et celui de Bambilor pose problème, dans la mesure où les populations ont montré leur désaccord. Sur un autre registre, le substitut du Procureur spécial a orienté le débat sur le décret qui fixe la valeur des immeubles évalués. L’ancien directeur du Cadastre a expliqué que le marché n’est pas organisé et n’est pas transparent aussi. A l’en croire, pour chaque catégorie d’immeuble, l’Etat a arrêté un prix. Ainsi, le parquet spécial a-t-il demandé des précisions sur le fait que l’Etat a donné un bien de 9 millions au prévenu. «Je ne dois pas justifier la valeur vénale de mes biens. Ce qu’on doit m’opposer, c’est leur valeur d’acquisition. Aussi, l’administration fiscale ne respecte-t-elle pas le prix au mètre carré fixé par le décret. Il n’y a pas une ligne indiquée par l’administration fiscale pour dire ce qu’il faut faire», a indiqué Tahibou Ndiaye.

Le dernier témoin entendu aujourd’hui

A la suite de l’expert Amadou Kane, un autre expert immobilier, Amara Touré, a été à la barre de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Selon M Touré, il a été contacté par l’ancien directeur du Cadastre pour une expertise sur l’ensemble de ses investissements réels sur les terrains. «Il nous a remis l’ensemble des plans et nous a permis de visiter. C’est dans le cadre de mes travaux que j’ai eu à donner des résultats. J’ai eu à évaluer une dizaine d’immeubles bâtis à l’exclusion du terrain. Je lui ai fait la méthode la plus simple qui est le devis. En calculant les quantités et les prix unitaires. Le coût des constructions a été estimé à plus de 54 millions», a indiqué l’expert. Pour terminer, la Cour a écouté un enregistrement au cours duquel, l’ancien directeur du Cadastre a tenté de justifier les 100 millions que lui aurait offerts un nommé Mbaye Diop. Selon Tahibou Ndiaye, il a fait part à Mbaye Diop de son désir de construire un immeuble. Et en lui remettant un devis, le sieur Diop lui aurait donné la somme de 100 millions. La Cour va poursuivre l’audience, aujourd’hui, avec l’audition du dernier témoin.

Cheikh Moussa SARR 

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