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« TAKKU SOUF » Avis divergents sur ce mariage sous cape

On parle de « takku souf » quand un homme déjà marié (généralement) convole en 2ème, 3ème  ou 4ème  noces à l’insu de la 1ère (ou des épouses précédentes). Un phénomène devenu ordinaire… Se marier en cachette, chez le couple musulman, est presque devenu banal à Dakar. Des femmes rencontrées nous parlent de leur vécu dans ce ménage non reconnu par les proches et parents… Comment en sont-elles arrivées là ? Lisez plutôt !

On en a connus différentes sortes d’alliances entre un homme et une femme qui s’aiment : concubinage, mariage temporaire, mariage à l’état civil, mariage traditionnel… Pourvu que le couple soit bien ensemble. Le « takku souf » ou mariage en cachette est en train de ravir la vedette à ces formes d’union devenues trop nombreuses. D’après maman Saly, âgée maintenant de 67 ans, ce phénomène n’existait pas en leur temps : « Quand il s’agissait de mariage entre deux personnes, ce n’est plus le ressort du couple. Ceux sont les parents qui s’occupaient de tout. Maintenant, si on cache ce même mariage aux parents, c’est évidemment la catastrophe », s’enflamme-t-elle.

Ainsi, la plupart des femmes rencontrées et ayant vécu cet expérience regrettent, aujourd’hui. Elles se plaignent toutes de cette non reconnaissance de l’entourage de l’époux et en souffrent amèrement dans leur coin. Marième Soda fait partie de celles-là. Agée de 32 ans, Marième ne s’est jamais mariée auparavant avant de rencontrer Mamadou L, déjà marié et père de 4 enfants, il y a quelques années de cela. Ils se sont vus et aimés tout naturellement. Et puis la question très fatidique du mariage est sortie des lèvres. Elle ne voulait plus de cette union qui durait et qui devenait trop sérieuse, et l’autre, ne comptait pas s’engager de peur de déstabiliser sa famille, surtout sa mère qui adorait sa première épouse. « J’aimais trop mon mari pour prendre le risque de le perdre », avoue-t-elle. Propriétaire d’un salon de coiffure, Marième était indépendante financièrement en gérant son business sans problèmes. Mais la réussite sociale dans la société sénégalaise ne suffit pas à se faire respecter malheureusement. Elle accepte d’épouser M. L, qui a diligenté une délégation comprenant 3 de ses collègues de service un 02 octobre à la mosquée de Diamalaye. « Si je savais, je n’allais jamais entrer dans ce tourbillon sans fin. Cela fait trois ans et demi que je n’arrive pas à intégrer sa famille comme épouse. Surtout que son père (mon goro) est décédé entre temps. Je ne pouvais pas aller au deuil et ça m’a fait très mal. Je souffre », regrette-t-elle.

Penda. B, quant à elle, n’oubliera pas de si tôt ce coup de fil qu’elle a reçu de Dakar de son copain, alors qu’elle séjournait à Genève. « Nous avons réussi, chérie ! Nous sommes enfin mariés ». Quand ils se sont connus, des mois auparavant, ils projetaient de  s’unir devant Dieu dès que l’occasion se présenterait, en attendant que   la première accouche. La passion avait fini de gagner le cœur des deux tourtereaux et, ils décidèrent  de se marier en douce sans que sa famille ne soit au courant. Entre temps, dans l’exercice de ses fonctions, elle se rend en Suisse. C’est de là-bas, qu’elle apprend son union avec son copain, établi au Sénégal. « De retour à Dakar, j’étais obligée de vivre en cachette cette union et je vivais comme une mariée en me soumettant aux préceptes du mariage. Pour preuve, il me donna la dot et le nom de l’imam qui nous a unit à Yeumbeul. Je l’ai cru ! Ce mariage a-t-il lieu ou pas. Je me le demande jusqu’à présent », avoue-t-elle, l’air gênée.  Aujourd’hui, remariée à un Libanais, Penda se remémore ces moments de souffrance que sa belle famille n’a jamais douté de son existence ou même de « mariage takku souf ou mariage imaginaire ». « Cet ignorance m’a brisé le cœur et m’a poussé à divorcer.  Tout cela est de ma faute », reconnait-elle.

Finalement, avec toutes ces histoires vécues de femmes mariées sans consentement, l’on est obligé de croire qu’aucune issue n’est favorable à ce genre de mariage. Les femmes, esseulées en général, acceptent, dans des conditions pas clean, de se lier à un homme. « Pourvu que je sois mariée rek », pensent-elles pour la plupart. L’on est forcé de croire, pour ces cas de « takku souf », que l’approbation des siens, de l’entourage, des parents et amis, reste un gage de sécurité. Sécurité pour ces femmes, qui ont besoin, un tant soit peu, de cet argument pour mieux vivre et de se faire respecter dans un mariage musulman. « Le mariage entre un homme et une femme ne se limite pas aux seuls concernés,  affaire de famille leu, ici au Sénégal », continue mère Saly, conservatrice jusqu’au os. « Mar nane, bou mou la takha nane potiiite », conclut-elle catégorique.

Anta N. avait raison de refuser d’épouser son patron de service en cachette. Directeur d’une imprimerie  très connue à Dakar, celui-ci ne cessait de lui proposer monts et merveilles pour convoler en secondes noces avec elle, « le temps que sa femme soit prête psychologiquement ». L’éternelle chanson ! Elle a sûrement entendu les conseils de Mère Saly ! Thiey lol ! À chacune sa vie !!!!

Khady Thiam Coly (Stagiaire)

Ce qu’en pensent les femmes célibataires

Binette, 21 ans, étudiante

« Je ne trouve pas d’inconvénients à ce mariage. L’essentiel est de se marier devant Dieu, les autres ne sont  pas importants. Si un homme me demande cela, je le ferai sans hésiter. »

Selbé, 27 ans, ménagère

« Si un homme et une femme se vouent un amour réel et fort et que les conditions ne sont pas réunis, je trouve cool qu’ils se marient en cachette. Moi, je serais prête à épouser celui qui me le proposera. En général, ceux sont les hommes mariés qui font cela. Il faut les comprendre surtout quand ils ont déjà signé sous le régime de la monogamie, c’est difficile de se remarier ensuite. »

Aminta Fall, 34 ans, travaille dans la communication

« C’est de la connerie pure. Si un homme aime vraiment une femme, il n’a pas besoin de se cacher pour l’épouser. Ces cas sont fréquents chez les hommes déjà mariés. Ils ont peur d’en marier une autre et se rabattent à cette solution. Ils n’ont qu’à prendre leurs responsabilités. C’est à la limité de la lâcheté !!! »

Safy, 30 ans, assistante DRH

« Moi, j’attends d’être sûre que la religion reconnaît ce genre de mariage. Si elle l’admet, pas de problème, mais si elle ne l’admet pas, il y a problème. »

Oumy, 26 ans, secrétaire dans une agence de voyage

« Les mariages se raréfient. Trouver un mari est devenu quasi impossible. Les femmes refusent de vieillir sans se marier, alors elles sont prêtes à tout. Il faut comprendre et admettre ce lien. Je n’en suis pas encore arrivée à cela, mais je crois que je vais accepter ça !!! »

K.Th. Coly

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