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Talataay Nder et le message de Dialawali aux hommes politiques du Sénégal (Par Fatou Sow SARR)

Comme chaque année, nous réitérons la revendication faite au Gouvernement depuis 2008 d’inscrire la date du 7 mars dans l’agenda national, car elle est plus légitime que la célébration du 8 mars. Le symbole du sacrifice des femmes de Nder qui se sont données la mort en défendant leur patrie et pour sauvegarder leur honneur est plus puissant que la révolte des ouvrières du textile pour la défense de leurs droits survenue en 1857, donc 37 ans après, et qui sera le référentiel pour la journée de la femme, célébrée pour la première fois en 1909 aux Etats-Unis et  en 1911, en Allemagne, en Autriche, au  Danemark et en  Suisse.

Depuis dix ans, nous nous évertuons, à faire revivre dans la conscience collective, l’histoire de Nder à travers la distribution gratuite de la bande dessinée  « la véritable histoire de Nder racontée aux enfants et celle sur « Ndaté Yalla » l’héroïne au dessus de tous les héros, pour avoir été la première résistante nationale qui a affronté le pouvoir coloniale, et qui n’a jamais accepté de compromission avec les français. Tous les deux ans nous essayons de faire la présentation de la pièce de théâtre d’Alioune Badara Bèye « Nder en Flammes » : une flamme qui sera éternelle, car le sang du refus coule dans le veines de chaque fils et fille de ce terroir.

Cette année, nous allons célébrer le 7 mars avec les enseignants du SELS, à Dagana, là où Ndaté a été enterrée debout.

Nous ne désespérons pas qu’un jour le gouvernement du Sénégal comprenne l’enjeu d’une telle démarche et que l’histoire de toutes les héroïnes du Sénégal soit enseignée dans les écoles (Fatim Yamar Khouriaye et ses compagnes, Ndieumbeut et sa sœur qui se sont battues pour empêcher l’annexion du Waalo par les voisins Maures et Toucouleurs et par la France. Yacine Boubou, Ngoné Latyr, Fanta Thianaldé Baldé  du Fouladou Cousine de Alpha moussa Molo et la benjamine Aline Sitoé de la Casamance, et toutes les autres qui dans l’espace social ou religieux ont mérité de la Nation).

Talataay Nder est une leçon de courage et de patriotisme des femmes ; et la bataille de Dialawali qui a consacré la revanche du Waalo sur l’ennemi est une leçon politique d’un Prince.  Lors de cette bataille, qui s’est déroulée sur la plaine qui fait face à la centrale de solaire de Bokhol, le Prince Yérim Bagnick Mbodj, ayant pris l’avantage sur son adversaire l’Almamy du Fouta, au lieu de l’achever, lui a sauvé la vie en organisant sa fuite. Il lui a remis son cheval et l’a couvert de son manteau Royal pour tromper la vigilance de son armée. Ce dernier lui renverra des cadeaux dignes de son rang. Cette situation a créé des liens de sang avec les mariages qui en ont découlés.  Depuis cette date le Waalo et le Fouta, liés à jamais par la géographie, par l’histoire et par le sang ont connu ont eu des rapports de paix et de fraternité.

Face à l’Almamy du Fouta, Yérim Bagnick a agit avec magnanimité car il a vu en lui, pas seulement un adversaire mais un autre soi-même, c’est à dire un Principe comme lui.

Pour ce 7 mars 2018, au moment où notre pays va vers des élections les plus tendues de son histoire, au moment où va tomber le verdict du procès de Khalifa Sall, nous avons voulu mettre en exergue le message politique de Dialawali.

« Si chaque acteur politique pouvait voir en chacun de ses adversaires un autre soi-même, le visage de notre pays et la pratique politique serait à jamais changé, et ces hommes seraient dignes de l’héritage légué par nos ancêtres ».

Nous avons beaucoup à apprendre de nos hommes d’Etats du passé. Soundiata Keita  au 13ème siècle en érigeant le dialogue politique comme mode de gouvernance a permis l’Institutionnalisation de la plaisanterie à cousinage qui a pacifié un espace longtemps caractérisé par l’éclatement des peuples après la chute de l’empire du Ghana.

Thierno Souleymane Baal,  au 18eme siècle, avait réglé la question de l’alternance politique en disant que l’Almamy ne peut sortir plus de 2 fois de suite de la même famille (aujourd’hui du même parti politique), il avait réglé la corruption et l’enrichissement illicite, puisque tout Almamy qui s’enrichissait sans cause devait être démis de ses fonctions et expulsé s’il résistait.

Yérim BagniK Mbodj, le 20 juillet 1820 nous a enseigné ce que c’est que l’éthique et la noblesse en politique.

Les pratiques barbares de ces hommes du 21e siècle qui veulent conduire les destinées de notre pays, contrastent avec notre héritage, c’est pourquoi nous leur lançons cet appel :

Soyez tous des Yérim Bagnik Mbodj !

Fatou Sow SARR

Directrice du Laboratoire

Genre de l’IFAN

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