Tamkharit : Achoura made in Sénégal

La fête de Tamkharit au Sénégal est une fête assez singulière au cours de laquelle, des mets, principalement du couscous, sont préparés pour permettre à toute la famille de se gaver dans la joie et le partage. Dans notre pays, cette fête appelée Tamkharit est la fête de l’enfance, mais aussi un jour de charité et de partage. Les enfants reçoivent donc des cadeaux et il est rappelé qu’il est nécessaire de faire l’aumône pendant cette journée.

La célébration de la Tamkharit se fait en effet par des prières et des réjouissances à travers des actes religieux qui marquent le début de l’année musulmane. Cet évènement cache aussi des aspects purement traditionnels et typiquement sénégalais : le « Tiéré » ou couscous et le « Tadiabone ». Pour preuve, les vendeurs de couscous ont généralement des difficultés pour écouler leur marchandise. Seulement, elle se frotte les mains avec la célébration d’Achoura. Des femmes, en file indienne, se massent devant les moulins pour transformer le mil en farine pour les besoins de préparation du couscous comme repas du soir. Ce traditionnel plat est accompagné d’une sauce de pâte d’arachide ou de tomate, avec différents légumes. Certaines familles vont ensuite partager une part de leur « tiéré » avec des proches. Pour dire que cette fête musulmane rime avec le couscous côté sénégalais. Regroupés dans l’un des couloirs du marché Castors, les vendeuses s’activent, entourées de leurs clientes qui sont en plein dans les préparatifs de l’évènement. « Les femmes se présentent depuis le début de la semaine. La Tamkharit est le moment pendant lequel on sent véritablement la rentabilité de notre petit commerce », informe Arame Sarr. Elles ne sont cependant pas les seules à vendre des céréales comme le mil, le sorgho et le maïs. Ndiaye se réjouit du jour et affirme que les affaires marchent comme sur des roulettes. A l’en croire, les ventes ont connu une hausse grâce aux préparatifs de la fête, enclenchés depuis la confirmation de la célébration du nouvel an musulman. Et pour lui, les gens viennent se procurer du mil, à seulement quelques jours de la fête. A noter que cette céréale s’échangeait moins cher par le passé. Les vendeurs de couscous s’activant par commande et par vente sont celles qui se réjouissent plus de Achoura. De l’autre côté, il faut noter les meuniers qui se précipitent à augmenter le prix à payer pour moudre le kilogramme de mil. Cependant, après la dégustation du traditionnel «tiéré », les Sénégalais en particulier les enfants et certains adultes se retrouvent dans les rues pour faire le « tadiabone ». Sorte de carnaval pour enfants, cette manifestation est une pratique purement sénégalaise et qui se perpétue de génération en génération. Auparavant, c’était les talibés qui pratiquaient cette coutume. Ils allaient de porte en porte pour sermonner ainsi les fidèles musulmans sur les prières et des bienfaits de cette nuit. Ils recevaient cependant en retour du riz ou de l’argent en guise d’aumône.
Rahmatoulahi Bouchra KEBE

Voir aussi

TRANSPORT- Le CDDC récuse le TER et milite pour la voie de contournement de la Gambie

Le projet du Train expresse régional (TER) du gouvernement, qui va coûter plus de 500 …