tamkharite

Tamxarit 2015 : entre traditions et réjouissances Quand premières et secondes épouses démontrent leur savoir-faire

La fête de l’Achoura est célébrée au Sénégal, dans une belle ambiance. Festive. Et pleine de traditions. Comme traditions, on peut retenir la quête des secondes épouses, la préparation du couscous.

Les prix des denrées flambent. Mais il faut faire son marché, pour célébrer l’Achoura. Hier, le marché Castors ne grouillait pas trop de monde. Du poisson, y en avait à gogo. Des belles dorades. Aux dardes de « seud ». Entre ces étals, les bouchers, pas trop débordés. Le kilo de viande est à 3.000 francs.  Plus loin, des ménagères errent, cherchant quelque chose. Une vendeuse de légumes fait des va-et-vient, offrant des légumes. « Le kilo de piment vert est à 6.000 francs », lance-t-elle. Ce qui fait tressauter une dame le teint khessalisé. Elle tâte quelques-uns avant de se rabattre sur les tas. De 200 francs.  Derrière les cantines, les vendeuses de couscous. Des clientes qui ont passé des commandes attendent d’être livrées. Ces braves Serer sont rompues à la tâche. Tandis que certaines roulent la farine de mil, d’autres tamisent et mettent sur le couscoussier.

Mais qui dit Tamxarit dit une fête où les « gnarel », les secondes épouses, font le tour des maisons, pour une quête. Dans la bonne humeur. Elles entrent souvent chez les premières épouses dans une ambiance bon enfant. Un seau à la main avec soit du riz, du savon, un porte monnaies bien serré, elles taquinent. Certaines chahutent. Lancent des piques, le ton sur le ton de la plaisanterie. Elles repartent avec toujours des cadeaux, de l’argent.

Mame Coumba Dieng Der n’a pas dérogé à cette règle. Cette seconde épouse, véritable « diongoma » est un cordon bleu hors pair. Restauratrice, elle souligne que faire le tour des maisons, est une tradition. Qu’elle perpétue pour raffermir les liens avec les voisines. Elle s’en sort bien. « On m’offre souvent des tissus, de l’argent, de l’encens et du riz », lance-t-elle avec un grand sourire.

Comme toute bonne épouse, Mame Coumba a fait ses achats, trois jours auparavant à Castors. Les prix fluctuent sur le marché. Des denrées chères. Regardez le prix du chou est à 1.200 francs, l’ail à 2.000 f, le poireau, 6.000 f, le « yombe », 2.000 f, les oignons verts, 1.600 f, le poivron 3.000 f, la carotte 600 f, le navet 800 f, la tomate fraiche 1.200 f. Quant aux poulets, ils s’échangent entre 5.000 et 6.000 francs. Et comment cette seconde épouse compte-t-elle préparer son « céré ». « C’est un secret ».

Mor Fall, un taximan, ne veut pas qu’on marchande le prix de la course. « Toi tu es une awo, c’est pour cela que tu es pingre », lance-t-il avec un rire. La jeune dame ne se laisse pas faire. Elle engage la conversation. Finalement, ils se mettent d’accord. « J’ai deux épouses. Et je mangerais le couscous, chez celle qui sera de tour. Elles sont toutes deux, bonnes cuisinières. Je ne me plains pas ».

Pour Ami Ndiaye, toutes les premières épouses sont des « cordons bleus ». Pour la tamxarit, « il faut être d’attaque. Parce que la préparation du couscous n’est pas pour les enfants de chœur. Une bonne sauce ne doit pas être trop épicée, je ne comprends pas pourquoi, on rajoute des additifs, sans oublier des litres d’huile, du piment, des saucissons. En cuisine, il faut être raffiné. Privilégier le laurier, les épices comme les sept épices, l’ail, la tomate fraîche. Pour donner du goût au « céré », juste des boulettes de viande, des haricots blancs, un soupçon de raisin et de la macédoine. Ainsi, le couscous ne sera pas surchargé. Pour la sauce, je privilégie les poireaux, la carotte, le « yombe », de bons quartiers de viande et de poulets ciselés et farcis avec du laurier, un peu de coriandre, du sel et du poivre. Le tout à faire mijoter au feu de bois ». Avec classe, Ami demande aux secondes épouses, de ne pas surcharger leurs « maris », en voulant devenir des traiteurs.

Ndèye DIAW

Voir aussi

ousmane-sow-000_par8176555_0

Ousmane Sow Un Géant de l’Art s’éteint

Le monde des Arts est en deuil. Ousmane Sow est mort ! L’artiste aux mains ingénieuses …