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Tanor- Khalifa  Un conflit si hideux

Khalifa Sall-Ousmane Tanor Dieng! Deux hommes comptables de la tragédie actuelle que vit le vieux PS, un parti qui montre un faciès de parti vieillot qui, comme tous les partis africains de l’époque postcoloniale, radote et sanglote comme un vieillard affaibli qui décline.

L’un est un pur produit authentique de l’appareil vert aujourd’hui auréolé d’une rose qui se fane. L’autre est un favorisé que Diouf imposa, par un Congrès sans débat en 1996, pour avoir une mainmise totale sur l’Etat-UPS-PS d’alors afin de mettre davantage au loin les anciens de l’époque senghorienne qui ont eu la dignité de prendre la porte de sortie.
Diouf en fit Premier Secrétaire du PS. Des caricaturistes parlaient de Premier Sectaire. Il en est aujourd’hui le Secrétaire général. Certes, il est un bon diplomate et un Homme d’Etat chevronné. Seulement, il est très loin d’un virtuose politique adroit doté d’un génie de conquérant et de mobilisateur.
Jamais il n’a été élu. Il a toujours été nommé et attend encore d’être nommé à la tête du HCCT. Quelle tragédie, dirait-on, pour un chef de Parti, un chef de Parti qui a provoqué lui-même la saignée dramatique de son parti en le menant vers l’abime au rythme d’une série de dégringolades électorales que n’explique qu’une absence atavique de charisme et une incapacité hilarante de mobiliser et de galvaniser les masses militantes vers la reconquête du Pouvoir.

Entre Khalifa Sall et lui, une silencieuse animosité a toujours existé. Les authentiques responsables socialistes le savent bien. Les deux hommes se sont simplement voulus astucieux en ne l’exposant point au grand jour pendant des années, sous le sceau de la responsabilité et de la loyauté.

L’actuel Maire de Dakar, vétéran socialiste, a toujours considéré, dans le secret de ses ambitions, que Tanor n’est qu’un intrus de dernière minute favorisé par le hasard d’un compagnonnage étatique avec Diouf. Et Tanor l’a toujours pris pour un simple politicien interne.
Aujourd’hui ils sont en conflit ouvert. Mais chacun a peur de l’autre. Ils se font face et se regardent en chiens de faïence, personne n’osant donner un coup. C’est, dirait-on, un « lewto » qui dure jusqu’à agacer !

Ils sont tous les deux timorés et se mènent un combat par procuration et imposture. Si Tanor est entouré de carriéristes et d’énergumènes burlesques et hâbleurs, Khalifa est cerné de fougueux téméraires qui, parfois dérapent, parce que démesurément audacieux.

L’enjeu est l’appareil socialiste dont la rose flétrit dans l’humus d’une collaboration pouvoiriste, un appareil que Khalifa veut avoir entre ses mains sans aller frontalement et clairement au combat.

Ainsi l’hideux conflit qui l’oppose à Tanor offre un spectacle à la fois tragique et bouffon. Accablements, dénuements, délations et trahisons ont pris la place des Universités d’Eté et des rencontres statutaires, menant le PS vers une infâme expiation politique qui fait de la turpitude une habitude.
Aucun des deux camps ne souhaite seulement triompher sur l’autre. La bataille étant haineuse, chaque camp désire plutôt voir l’autre subir une extrême expiation par une incinération politique qui l’efface du champ politique. Le conflit est si hideux que tout est devenu, dans ce parti qui se creuse en gouffres empestés, fétide et abject à voir et à entendre. Et on risque d’en entendre encore devant et au sortir des Cours et Tribunaux !

Le Piroguier

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