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Téléphone, tables bancs, gommes accoutrements, stylo : quand les élèves dévoilent les techniques de triches

Aux examens et concours ou passer en classe supérieure, il y’a en de ces élèves qui se tuent à la tâche pour réussir. Ils sont toujours partagés entre les leçons et les révisions pour se frayer un chemin vers le sommet. Il existe toutefois ceux qui ont fini par inventer un système honteux : la tricherie. Quelles sont les méthodes adoptées généralement par ces «élèves-fraudeurs» ?  Quelques élèves rencontrés dans les écoles se lancent dans des explications pour dévoiler les stratégies de leurs camarades. Les téléphones, les tables de bancs, les matériels de géométrie comme la gomme et les accoutrements sont devenus les meilleurs amis des tricheurs.

Etre doué ne s’applique pas uniquement aux bons élèves dans le jargon académique où il est généralement collé au front de certains élèves qui ont eu un parcours scolaire honorable.  Douer aussi est souvent appliqué aux élèves qui savent, sans aucun effort pour apprendre leurs leçons, se donner des moyens pour obtenir de bonnes notes et passer les examens. Chez les garçons tout comme chez les filles. Voilà des potaches qui ont de l’imagination en matière de tricherie. Téléphones, tables de bancs, matériels de géométrie comme la gomme et les accoutrements, autant d’outils qui sont devenus des amis «intimes» aux élèves fraudeurs durant les évaluations. Ce qu’ils appellent souvent le système D pour recourir à la tricherie lors des interrogations et examens. Les élèves et les candidats des examens de Baccalauréat, rencontrés dans quelques écoles, se lâchent à cœur ouvert. Ils dévoilent sans complexes plusieurs stratégies qui sont adoptées par leurs camarades de classes pour tricher lors des devoirs. Il faisait 10h au Lycée Seydou Nourou Tall. Les élèves formaient de petits groupes devant les alentours de l’école. Les discussions vont bon train malgré le Ramadan.

L’un deux, Seydou Diallo. Elève en classe de 1ère L2, assis sur un banc explique : « les élèves déchirent leurs feuilles sur la leçon qui porte le devoir et ils les mets dans leurs poches. Lors du devoir, ils sortent les feuilles et font un petit échange de copie avec leurs camarades ».
Avec les nouvelles technologies, la fraude scolaire est devenue massive. Cette augmentation des cas de triche est l’essentiellement lié au fait que les élèves font l’usage maintenant des téléphones portables.  «Ils photographient la leçon, puis pendant le devoir ils sortent ça », dit-il. Ces garçons trouvés à côté du mur de l’école, sous le couvert de l’anonymat, estiment que les téléphones portables demeurent la méthode la plus utilisée.

«La méthode la plus connue, c’est celle du téléphone  et des feuilles volantes. On a l’habitude de s’entraider. J’aide avec mon portable les amis qui sont dans d’autres classes»,  selon l’un des élèves en classe de 3ème. Embouchant la même trompette, son camarde qui fait la 2nd indique que  «dans le téléphone, on n’y trouve beaucoup d’applications comme par exemple Google traduction. Ils l’utilisent lors des devoirs d’anglais ou d’espagnol où l’élève écrit la phrase qu’il ne comprend pas afin d’obtenir la traduction». Avant de soutenir : «mais aussi ils envoient les réponses par message à travers l’application Whats App».

Le matériel de géométrie comme la gomme n’est pas en reste. Utilisée pour effacer d’éventuelles erreurs, elle est souvent utile pour tromper la vigilance des professeurs ou des surveillants, comme nous explique Fatoumata Dème de la 2nd LA, élève au lycée Seydou Nourou Tall. «Dans notre classe, il y’a des élèves qui utilisent la gomme comme technique pour tricher. Ils achètent 20 gommes entre eux. Les élèves utilisent le couvert de la gomme pour y mettre des feuilles. Aussi ils peuvent utiliser les téléphones en s’envoyant des messages », soutient-elle.

Mouhamadou Moustapha Sow, en classe 2nd SA, révèle une technique qu’utilise les élèves pour tricher : «Dass fananal» où les élèves se partagent les leçons avant l’évaluation. «Il y en a qui font «Dass fananal» qui veut dire par exemple un élève apprend une matière pour son camarade. Et ce dernier apprend une autre matière pour lui».

A 12 h, au Collège Sacré Cœur 3, les candidats de Baccalauréat de la Terminale G sont toujours en période d’examen. Ils avaient débuté depuis lundi 29 juin et terminent aujourd’hui (vendredi 03 juin). Candidat à cet examen, François Serigne Diop Diatta, élève au lycée De La fosse, est concentré sur ses leçons avec son ami. Il nous confie quelques astuces de tricherie. «On peut écrire sur les tables de bancs, les formules et les phrases qu’on ne maîtrise pas. les filles mettent les feuilles dans leur soutien gorge ou écrire les réponses sur les jambes tout en sachant que les surveillants ne viendront jamais vérifier ce qu’elles ont écrit sur les cuisses ou ce qu’elles ont mis au niveau de leur soutien gorge», a raconté ce candidat.

Pour son camarade, Chérif Alhassane Diao, les garçons prennent les manches de leurs chemises qu’ils plient écrivent dessus la réponse ». Et d’ajouter : « tu portes un pantalon délavé où tu écris les règles d’une matière et pendant le devoir en croisant tes jambes tu pourras tricher là dessus». En poursuivant ses propos, il a fait savoir que son professeur leur avait raconté une astuce qu’avait pratiquée une fille lors des épreuves de Baccalauréat. «Il avait une fille qui avait recopié ses leçons de Physique chimie sur sa jupe qu’elle avait couvert d’une pagne. Et quand on lui a demandé quelle stratégie qu’elle avait adoptée, c’est ainsi qu’elle leur a dévoilée sa méthode à travers ses copines», a raconté Chérif Alhassane Diao.

Une autre technique de tricherie, Diao en connait. Il confie : «les élèves écrivent les réponses sur une feuille en utilisant un stylo vide  (qui n’a pas d’ancre) et ils parviendront à lire les écritures», a-t-il expliqué. Quelques camarades qui étaient venus rejoindre leurs amis ont mis leurs grains de sels à la discussion. Pour eux, les filles sont plus douées en matière de tricherie. Car elles détiennent des astuces dont les garçons ne pourront pas faire. «Les filles se déguisent comme des ibadous alors qu’elles ne le sont pas ou elles portent des «meulfas», et mettent les feuilles sur  la tête. Elles font semblant de frotter leur tête, du coup, elles parviennent à sortir les feuilles pour recopier».

Sud quotidien

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