25 octobre, 2014
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TELEVISIONS SENEGALAISES    Lieux de perdition  pour enfants?

TELEVISIONS SENEGALAISES Lieux de perdition pour enfants?

Cibles privilégiées de la plupart des chaines de télévision, au Sénégal, les enfants sont la destination de plusieurs émissions. Et, nous ne parlons pas de mômes captivés par de croustillantes séries de dessins animés. Actuellement, les enfants sont sélectionnés et participent à des émissions dont on ne saurait trop expliquer l’objectif. Faut-il déplorer une telle tendance qui expose ces gamins à une probable perte d’éducation?

S’il y a une tendance qui ne passe pas inaperçue, c’est bien celle-là qui expose les enfants aux projecteurs des écrans de télévision, lors des émissions orientées vers la danse et la chanson, sous l’œil complice de parents, gagnés par l’envie de voir leurs progénitures entrer dans la célébrité. Parfois même, certains parents ne s’en rendent compte que regardant la télé, ils voient leurs enfants en scène. Pourtant, il était de coutume, après neuf mois d’école française, d’envoyer son enfant s’initier au coran, une manière de l’imprégner, très tôt aux préceptes religieux mais aussi, sociaux. Mais, nouveaux temps, nouvelles mœurs. Et les télévisions sont les nouveaux lieux de fréquentations des enfants mais, leurs programmes copiés sur des chaînes étrangères, ne militent toujours pas pour un ancrage dans nos mœurs. L’on se rappelle la sortie du psychologue, Serigne Mor Mbaye, sur ce phénomène. Il n’est pas rare de voir, pour les besoins d’une émission-télé, des enfants de huit ou dix ans, sortir du salon de coiffure du coin, complètement, «dévergondés» par une coiffure d’une femme adulte. C’est une agression sur leur corps d’enfants, leur esprit innocent et, comme ce sont les filles, creusets de la culture, qui sont les plus exposées, il y a lieu de craindre pour le futur de nos sociétés. Surtout, au vu de la terrible concurrence entre chaines de télévision. C’est donc, à un véritable délit que s’adonnent animateurs ou animatrices qui, souvent, font dans la confusion. L’invite du professeur Iba Der Thiam à un auto-saisissement du Conseil national de régulation et de l’audiovisuelle (Cnra) reste actuelle. De toute façon, elles sont nombreuses, les émissions télévisées qui incitent les enfants à des choses pas enfantines, alors qu’au même moment, la déperdition scolaire est décriée aussi bien par les organismes non-gouvernementaux que les autorités étatiques. Même si des questions pour le bienêtre des enfants face aux prédateurs n’y manquent pas.

Khary DIENE