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Témoignage de Fabienne Kabou : « La naissance d’Adélaïde a été un moment d’émerveillement »

Jugée jusqu’à vendredi pour l’infanticide de sa fille de 15 mois en novembre 2012, Fabienne Kabou a évoqué ce mardi matin sa grossesse et l’arrivée de l’enfant. Après avoir prié de ne pas être enceinte suite à un retard de règles, l’accusée indique s’être très bien occupée de son enfant, avant de lui donner la mort

Quelque 14 heures d’audience sans relâche lundi et une journée de mardi tout aussi chargée. Ce matin, Fabienne Kabou, a pris la parole pendant trois heures devant une salle comble. Avant d’en venir aux faits pour lesquels elle est jugée, l’assassinat de sa fillette de 15 mois sur une plage de Berck, il a été question de sa grossesse et de l’arrivée de cet enfant, « non désiré ».


« Un mois à admettre sa grossesse »

Fabienne Kabou tombe enceinte fin octobre 2011. « J’ai eu un retard de règles. Je me suis interrogée vers Noël ». Elle fait alors un test. « Je priais que le résultat soit négatif. Ce n’était pas le cas. J’ai mis à peu près un mois à l’admettre. Je me suis dit : ‘Ce n’est pas possible, tu ne peux pas être enceinte' ». Elle évoque ses précédents avortements (deux, l’un en 2006, l’autre en 2009 ndlr) qui ont été « très éprouvants » pour elle. « Il était inenvisageable que je commette un crime de nouveau » déclare-t-elle depuis le box, sans visiblement se rendre compte du poids de ses mots.
le décide donc de garder l’enfant. Dans le plus grand secret. En février, son ventre « commence à s’arrondir ». « Michel Lafon, son compagnon, le remarque. « J’étais déjà en conflit avec moi-même. Je n’arrivais pas à admettre l’évidence, c’était un déni (…) J’ai dit à Michel que j’étais enceinte », lâche Fabienne Kabou.

« Je ne mens pas, je ne dis rien »

Pendant toute sa grossesse, Fabienne Kabou vit recluse, ne voit personne. Elle indique que chaque matin, elle enfile « une grande parka » et part faire une promenade dans le bois de Vincennes. Ni les voisins, ni « la boulangère », personne n’a vu qu’elle attendait un enfant. Elle ne dira rien non plus à sa mère, qu’elle aura pourtant des dizaines de fois au téléphone entre octobre 2011 et août 2012, mois de naissance du bébé. « Je me suis comportée comme si je n’étais pas enceinte. Mais je ne voulais pas le cacher (…). Je ne mens pas, je ne dis rien. Ou alors c’est mentir par omission. »

Le 9 août 2012, en pleine nuit, Fabienne Kabou accouche seule dans l’atelier de Michel Lafon, son compagnon, à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Lui est alors en Auvergne. Elle dit avoir ressenti les premières douleurs vers minuit. « Quand elle arrive, je suis fébrile mais c’est un moment particulier. Pour moi, c’est un moment d’émerveillement. Je suis fascinée par cette toute petite chose. Elle n’a même pas crié ou à peine. Il se dégageait d’elle une sérénité qui en imposait », précise l’accusée, un sourire sur le visage.

Fabienne Kabou n’appelle pas Michel Lafon pour le prévenir de la naissance. « Je me disais que ça n’était pas utile (…). C’était un moment que je voulais tout à moi. Je le reconnais, c’est très égoïste ». Selon elle, les premiers mots de Michel Lafon quand il voit l’enfant auraient été : ‘Tu es sûre qu’il est de moi ? ». La jeune maman décrit la phrase comme « grossière ». « C’est la plus grosse des insultes ».

Adélaïde, « c’est un beau bébé »

La vie se poursuit à trois, dans cet atelier. Fabienne Kabou achète quelques vêtements et accessoires pour l’enfant. Michel Lafon en récupère d’autres. Elle indique donner le bain chaque jour chaque jour à sa fille puis la masser. « C’est notre bonheur, notre moment à nous. On se parle énormément mais je ne comprends pas tout ce qu’elle dit. C’est un moment privilégié », indique-t-elle en pleurant. Elle ajoute que l’enfant « marche très vite », que c’est un « beau bébé » et qu' »Ada aime le chocolat noir ».

Mais, Fabienne Kabou n’oublie pas de rappeler qu’Adélaïde n’était pas voulue. « Moi je n’étais pas une enfant désirée. Pourtant, je suis là. J’ai eu une enfance heureuse » commente-t-elle. Pendant 15 mois, elle a allaité sa fille, elle l’a « choyée ». Elle ne l’a pas sorti avant ses six mois « pour la protéger » dit-elle. Malgré les promenades entre 6 et 15 mois, personne n’a vu la petite Ada, à part Michel Lafon, jusqu’au funeste 19 novembre où l’enfant et sa mère ont été aperçues par des témoins à à Berck-sur-Mer. C’est dans cette commune du Pas-de-Calais, sur la grande plage, qu’Adélaïde, 15 mois, perdra la vie. Morte noyée sur le sable mouillé.

Metronews

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