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THEATRE POPULAIRE SENEGALAIS- Les dessous d’une déliquescence

 Manque d’organisation,  déficit de formation  et d’encadrement des acteurs,  défaut de moyens, sont entre autres,  autant de facteurs qui ont constitué, au fil des années,  le talon d’Achille du théâtre populaire sénégalais. Face à ce chapelet de contraintes, il peine aujourd’hui à sortir sa tête de l’eau.  Diagnostic d’un secteur en décadence.

 C’est une lapalissade que de le dire. Le théâtre populaire n’a plus le lustre des années qui ont suivi l’indépendance.  Période durant laquelle, il  a été conçu   pour servir de  fonction sociale  traditionnelle en contribuant à l’éducation populaire des masses. Le tout, autour du slogan : Amuser, instruire, émanciper, édifier qui sont  par ailleurs, ses  défis. En effet,  c’est pourquoi, conscientes de  son importance, que déjà en 1965, les autorités, soucieuses de mettre de l’ordre dans ce secteur, avaient mis en place la fédération sénégalaise de théâtre amateur. Ce dernier deviendra plus tard la fédération sénégalaise de théâtre populaire et  de musique. Après des décennies  de lumières, la torpeur dans laquelle il s’est engouffré  ces dernières années semble lui sonnait le  glas. Aujourd’hui, beaucoup  sont les acteurs évoluant dans le milieu qui ignorent totalement la véritable fonction du théâtre populaire. Ils le confondent avec un lieu de « business» dans lequel la fin est de se faire de l’argent. Aujourd’hui beaucoup accusent  l’audiovisuel d’avoir contribué largement à l’essoufflement du théâtre populaire. Cela, en exhortant beaucoup d’acteurs à compétence discutable, de faire ce que certains appellent du théâtre business.  C’est-à-dire un théâtre dont la principale vocation des acteurs est de se faire de l’argent au grand dam d’un théâtre  qui serait au service de l’éducation populaire. « Le malheur pour le théâtre est qu’actuellement, c’est devenu un fond de commerce. Tel ne doit pas être le cas. Les télévisions prennent n’importe qui pour passer des publicités sans pour autant même que ce dernier  ait des aptitudes. Cela ne fait que contribuer à encourager la médiocrité », s’émeut  un employé du  théâtre national Daniel Sorano sous le sceau de l’anonymat.

Si aujourd’hui le théâtre populaire se trouve  dans un cul-de-sac, il le doit en grande partie au  manque de formation des acteurs, si l’on se fie   à notre interlocuteur. «Le déficit de formation est l’un des obstacles  majeures du théâtre populaire. On a tendance à assister aujourd’hui à un monde à  deux situations artistiques: un théâtre sans public,  j’entends  par là, le théâtre professionnel et puis un public sans théâtre, je veux dire le théâtre populaire. Il est dans une impasse, et avec la fermeture de la section Art Dramatique de l’école national des arts, l’on assiste souvent à des pièces de théâtre qui laissent à désirer sanctionnant ainsi un manque de considération de la part du public », fait-il remarquer.

Khady Thiam Coly (Stagiaire)

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