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Thiaroye Djiddah Kao : Pêche au « wass», la nouvelle trouvaille des habitants

Les habitants de Thiaroye Djiddah Kao ont un sport favori : la pêche au « wass ». Cette activité génératrice de revenus, est diversement appréciée par les populations trouvées sur les lieux. Les pourfendeurs d’une telle pratique indexent le danger que constituent les bassins de rétention pour les enfants. 

 

A Thiaroye, le nouvel arrivant est accueilli à bras ouverts par ses bassins de rétention, dépourvus de grille de sécurité. Ils sont  communément appelés « Jaxaay », du nom de ce plan d’aide du Président de la République envers les sinistrés qui ont été déplacés à cause des inondations. Toutefois, pleines d’ingéniosité, les populations sur place ont fait éclore une nouvelle activité : la pêche au « wass ». Considérer dans un passé récent comme un danger, au regard des nombreux cas de noyade, elle est aujourd’hui source de revenus pour la plupart de ces habitants. Désormais, ces bassins sont le point de convergence des pécheurs, en dépit de l’insalubrité de ces eaux stagnantes.

Pour Ibrahima Ngom, gardien des bassins, si les grilles ont été enlevées,  c’est pour la construction d’un nouveau mur d’environ 1m 50. Par ailleurs, M. Ngom ne nourrit aucune crainte quant à la  consommation de poissons issus de ces bassins de rétention.  « Les bassins nous sont d’un grand rendement car les agents de l’océanographie sont venus les examiner et ont approuvé la consommation de ces poissons », indique-t-il. Mieux, selon toujours ce vigile des bassins, « certains agents du service d’hygiène viennent parfois pécher ici et ces bassins permettent a beaucoup de gagner honnêtement leur vie, et nous, en tant que vigiles, nous veillons scrupuleusement sur tout ce qui se passe tout autour des bassins. Les habitants de Djiddah Thiaroye Kao sont à féliciter parce que ces bassins sont les plus propres par rapport aux autres qui sont dans d’autres localités car ici, on ne verse pas d’ordures. »

Dans le même sillage, Mor, pêcheur, se réjouit de pouvoir s’adonner à son activité principale au niveau dans ces bassins. « Je n’ai pas besoin de gros moyens pour pêcher, juste ce petit filet. Je me frotte les mains après la commercialisation de ces poissons. En plus, ils sont succulents », nous confie-t-il.

Ces assertions sont balayées d’un revers de main par une mère de famille, rencontrée aux alentours de ces bassins de rétention. Pour cette dernière, « ces bassins constituent un danger pour tout le monde, surtout les enfants ». Cette dame refuse de manger ces poissons impropres à la consommation, selon elle.

Mor revient à la charge et rétorque à la dame que « ces poissons sont consommables et sans danger ». « Mes Clients ne se sont jamais plaints et les agents de la santé ont autorisé leur consommation », soutient le pêcheur.

Même si les enfants savent que les bassins sont dangereux pour eux, cela ne les empêche nullement de s’aventurer aux abords des lieux, sous l’œil désapprobateur du vigile.  Pour samba 12 ans, c’est surtout pour jouer. « Je suis là pour jouer, mais aussi regarder les pécheurs  et, si l’occasion se présente, pêcher avec mes amis », témoigne le jeune garçon.

Les bassins font aussi d’autres heureux, les lavandières. L’une d’entre elle estime que « depuis que ces bassins ont été creusés, nous n’avons plus de problème d’inondation ». Les bassins de rétention, un mal qui a généré un bien du côté de Thiaroye, serait-on tenté de dire. Rien n’est moins sûr.

Sada Mbodj

 

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