Accueil / POLITIQUE / Thierno Lô crache ses vérités

Thierno Lô crache ses vérités

 «Macky Sall doit comprendre que le Sénégal a dépassé l’ère de l’interdiction des manifestations»

Ancien ministre du tourisme et de l’artisanat, Thierno Lô était, ce samedi, l’invité de Fanta Counta Thiam et Omar Ndiaye dans l’émission Grand Oral de Rewmi FM. Le leader de l’Alliance pour la paix et le développement (Apd/Gëm Sa Bop) s’est expliqué sur son alliance avec la mouvance présidentielle, l’interdiction des manifestations au Sénégal, entre autres questions d’actualité.

Alliance avec la mouvance présidentielle

«Nous avons créé ce parti pour être utiles aux populations, les encadrer, les former, leur donner une conscience citoyenne devant leur permettre de pousser le Sénégal en avant. Nous n’avons pas vocation d’être président de la République. Contrairement à ce que beaucoup pensent, quand on ne crée pas toujours un parti politique pour occuper des positions de pouvoir. Un parti politique doit être une association regroupant des compétences et des énergies pour prendre en charge les conditions de vie des populations. Nous l’avons fait, des leaders ont émergé, le président de la République qui a ses moyens d’information, me connaissant, connaissant les gens avec qui je suis, est au fait du travail que nous avons accompli au Sénégal, par la mise en place de structures, par des formations données aux femmes en céréales locales, en savons, en eau de javel pour leur permettre d’avoir de quoi vivre et ne pas dépendre de l’État central. Nous avons des jeunes à qui nous avons inculqués des valeurs, c’est-à-dire compter sur eux-mêmes, entreprendre et ne pas dépendre de l’État qui n’est pas là pour donner du travail à tout le monde. Tout cela a été partagé par beaucoup de nos populations et le Président, en charge des destinées du peuple, parce que serviteur de la République, m’a appelé, en tant que citoyen sénégalais, pour me proposer de l’accompagner, pour qu’il puisse réussir le mandat qu’on lui a confié».

Rassembler le maximum de compétences

«Est-ce qu’il serait intelligent de ma part de lui dire non ? -Je ne mets pas mes compétences à la disposition du Sénégal, je me mets de l’autre côté pour essayer de vous lancer des pierres, pour vous faire des crocs-en-jambes, pour que vous ne réussissiez pas votre mission- J’ai dit non. Je crois que l’élite politique sénégalaise doit en tirer les leçons, parce que le principe du –ôtez-vous de là que je m’y mette- n’est pas élégant et n’est pas bon pour un pays. Le principe qui consiste à dire –nous tous, nous pouvons être des présidents de la République-, c’est un rabais, un manque de magnétisme, parce que celui qui doit être président de la République du Sénégal est, avant tout, issu d’une décision divine. Ensuite, pour être président de la République, il faut avoir un bon programme à soumettre aux Sénégalais. Et, je trouve qu’aujourd’hui, il n’y a pas encore de programmes alternatifs opposés à Macky Sall. Il y a des débats de vues, des manifestations, … mais aucune discussion pour permettre le changement des conditions de vie des populations. Moi, j’ai dit –Ok, je vais répondre à l’Alliance- ce n’est pas pour venir chercher un poste ; s’il n’y avait pas ce devoir de servir mon pays, les gens qui ont confiance en mon expertise, j’aurai pris ma retraite. Ce pays qui m’a tout donné est à construire, donc je dois lui consacrer toute ma vie. C’est pourquoi j’ai accepté de venir l’accompagner, d’essayer de l’aider, de lui donner des conseils pour qu’il puisse se rectifier, rassembler le maximum de compétences et d’énergies, pour que nous puissions, ensemble, parler de développement, de l’économie, pour que le Sénégal puisse aller vers l’émergence, pour que les conditions de vie des populations puissent changer, c’est ça l’apport que je veux faire. Je ne suis pas le président de la République, je viens lui donner des conseils, mettre à sa disposition des compétences, le réseau et l’intelligence que j’ai en moi-même».

L’utilisation des compétences africaines

«Nous devons apprendre à utiliser les compétences africaines qui sont en dehors des pays africains. C’est très simple. Il y’ a des gens qui sont dans les organisations internationales, dans des sociétés privées, qui ont de l’expertise dont le Sénégal a besoin. C’est vrai que nous ne pouvons pas les payer, mais que faire ? A quelqu’un qui fait de la recherche dans un laboratoire aux Usa, nous n’avons pas la possibilité de lui offrir les mêmes aisances. Je pense qu’il n’est pas bien, qu’il n’est pas juste de lui demander de revenir au pays. Et, c’est pareil pour quelqu’un qui est dans une organisation internationale. Cependant, nous pouvons utiliser cette compétence en terme d’expertise ou de consultance à la disposition du pays».

Interdiction des manifestations

«Mon itinéraire depuis le Pds répond à votre question. C’est dire que je suis contre l’interdiction de toute manifestation. La Constitution permet de manifester et le Sénégal n’est pas une société fermée. Nous avons la possibilité d’exprimer nos libertés, en respectant nos devoirs. Le Sénégal a dépassé l’ère de l’interdiction des manifestations et nous devons arrêter de nous faire peur. Nous avons besoin de consensus larges. Il est plus facile d’encadrer une manifestation que de la réprimer. Nous devons aller vers l’habitude d’encadrer les manifestations, parce que les Sénégalais ont tellement mûri que nous pouvons les laisser manifester comme ils l’entendent. Les conseillers du Président doivent lui faire comprendre que nous avons dépassé l’ère de l’interdiction des manifestations. Mais, je réprime que des gens appellent à marcher sur le palais. Ce sont des choses à ne pas dire».

Cheikh Moussa SARR

À voir aussi

Moustapha Diémé sur les frustrations après remaniement « Les pressions et chantages sont inadmissibles »  

Le Réseau pour le Développement et la Liberté (RDL), s’est réuni sous la présidence de …

Khalifa Sall ne sera pas présent à la barre

C’est un pourvoi en cassation pour l’annulation de la procédure. Et selon Me El Mamadou …