Confidences

Tile, Dieznze, Brodé Autriche- Ces tissus qui ont la cote pour la Korité

  • Date: 17 juillet 2015
 A quelques heures de la fête de Korité, les Sénégalais se ruent en masse vers le marché des Hlm. Cette année, la tendance est pour le Tile, le brodé Autriche, le brodé diezner, côté tissus. Côté couture, les robes, les tailles basses et la broderie 217 font fureur.

 15h. le marché des Hlm vibre au rythme des différentes sonorités. Sous une grande bâtisse noir- blanc, un bonhomme habillé en tenue de femme d’un jaune criard attire le regard. Foulard bien noué à la manière des dames, Omar gesticule de tout son corps,  il se laisse trimbaler par une vieille  mélodie de la chanteuse sénégalaise Kiné Lam. Son manège captive les passants qui s’immobilisent quelquefois pour lorgner la marchandise proposée. Brodé, penjab, voiles, wax… bas de gamme sont exposés à même sol. Dans cette boutique dénommée ‘’Keur Serigne Fallou’’ tout est réglé comme du papier à musique pour éviter une arnaque. Après avoir opéré son choix, le client reçoit un ticket et passe à la caisse pour payer sa commande.

‘’Auparavant, on pouvait amasser 11 millions par jour, mais…’’

Assise derrière le comptoir, Coumba fait office de comptable. La patronne des lieux présente la diversité des tissus qui font la tendance pour la Korité 2015. ‘’Cette année, les clientes achètent le ‘’Tile’’, un nouveau tissu dont le mètre est vendu à 6 000 francs, le brodé Autriche vendu également au même tarif’’, renseigne-t-elle. Revêtue d’un ensemble tunique noir, rayé de blanc, Coumba respire la forme. Le commerce facile, elle se plaint de la baisse des ventes. ‘’On a enregistré plus de vente, la semaine dernière. Actuellement, nous ne voyons plus de clients’’, se désole-t-elle. Commerçante depuis plus de 15 ans, Coumba souffre de la concurrence. ‘’De nos jours, toutes les femmes sont devenues des commerçantes. Résultat, les acheteurs se font rares. Auparavant, on pouvait amasser 11 millions par jour. Mais présentement, on peine à avoir 1 million par jour’’, renseigne la commerçante.

Ailleurs, à l’établissement Serigne Babacar Sy des Hlm, on retrouve pratiquement le même procédé de vente, les mêmes tissus, mais à des prix différents. Le ‘’Tile’’ est vendu à 20 000 F CFA le mètre, le brodé ‘’diezner’’ à 150 000 F CFA les cinq yards, le brodé Autriche à 15 000 F CFA le mètre, le ‘’Diezner’’ à 11 000 FCFA le mètre… Habillée d’une robe légère au motif multicolore, le teint clair, un make-up bien soigné, Seynabou est comptable dans cette échoppe. Elle explique  cette hausse des prix par la qualité des articles qui y sont vendus. ‘’Ceux qui recherchent de la qualité viennent acheter à longueur de journée’’. Toutefois, une alternative est trouvée pour les moins nanties. ‘’Nous proposons parallèlement des articles bas de gamme comme les soies, le voile, le brodé simple, le wax dont les prix varient entre 500 et 4 000 F CFA le mètre. C’est ce qui attire le plus’’, explique Seynabou.

La pluie matinale d’hier a laissé des traces sur le marché, mais ne l’a pas empêché de recevoir ses visiteurs habituels composés pour l’essentiel de la gent féminine.  Entre les flaques boueuses et les étals externes, les bousculades vont bon train. Pape est assis devant sa boutique pour mieux épater les clients. ‘’Entrez voir ! Je peux vous aider ! J’ai de beaux articles à vous proposer !’’ lance-t-il incessamment aux passants. Dans son négoce, Pape a pensé à la gent masculine, notamment avec le tissu ‘’Toyobo’’ en provenance de Dubai et qui est vendu entre 1 000 à 3 000 F CFA le mètre. Le reste est composé de soie (SS ou duchesse), de wax et autres brodés. Côté couleur, le saumon et vert turquoise ont la cote.

Taille basse, robe et 217 chez les tailleurs

Dans le coin des tailleurs, la résonance des machines à coudre remplace la sonorisation des baffles. Debout devant son atelier, Maman livre une commande. Chez cette couturière, les commandes pour la Korité tournent autour des robes longues, jupes taille haute et taille basse. Chez Mamadou par contre, la clientèle est essentiellement constituée des tout-petits. ‘’Les parents privilégient leurs enfants’’, renseigne-t-il. Toutefois,  son atelier est également pris d’assaut par des adultes, même si leur nombre est insignifiant. ‘’Les adultes  préfèrent la broderie 217, les robes longues ou les tailles basses’’. Dans un petit studio, Babacar tient son atelier de couture aidé par deux apprentis. Chez ce Guinéen, les horaires de travail vont de 8h à 1h du matin et les modèles cousus sont presque les mêmes. ‘’En plus des tailles basses et des robes, nous faisons des ‘’Obasanjo’’ pour les hommes’’. Chez les tailleurs, les prix ne sont pas fixes, mais dépendent du choix formulé par les clients.

Chaussures et accessoires pour accompagner les tenues

Après les tissus et la couture, les accessoires font leur entrée. Une ribambelle d’accessoires attire la vue, allant du cristal à la matière plaquée. Montre, bracelet, colliers, fétiches, boucles d’oreilles de toutes les couleurs scintillent sur des plateaux ou des tables. De l’autre côté, les vendeurs de chaussures et de sacs assurent le show en plein air. Perchés sur un baffle ou sur une table, micro à la main, ils attirent les clients. Des voix résonnent dans tous les coins du marché. ’’Nos sacs et chaussures commencent à 1 000 francs et il y en a pour toutes les bourses’’, lance-t-on de temps en temps. Ces appels ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd, car les clientes affluent en masse, chacune cherchant son bonheur.

Pourtant, les clients restent mitigés. Mme Ndiaye semble fatiguée. Décoiffée, elle porte les stigmates d’une harassante journée. Elle considère les tissus abordables : ‘’J’étais venue chercher du ‘’djippir’’ qui se vendait jadis à 10 mille francs, mais aujourd’hui, je l’ai acquis à 8000 francs’’. Un point de vue qui contraste avec celui de Fatoumata. La voilée faisait le marché pour ses enfants : ‘’J’ai acheté des habits pour mes enfants, mais les prix sont chers.’’

Enquête

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