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L’AVENIR de Somat, Société maritime de transport, créée en 2005, devrait se jouer ce 17 janvier à Dakar. Son sort est désormais entre les mains de son conseil d’administration, convoqué d’urgence par son président, Amadou Kane Diallo, et DG du Cosec (Conseil des chargeurs sénégalais). Une délégation d’administrateurs marocains quitte Casablanca ce mercredi 16 janvier pour prendre part à ce conseil.
Depuis quelque mois déjà, la menace de voir les deux parties mettre fin à leur collaboration planait (Cf.www.leconomsite.com). En cause, la filiale à 51% de la Comanav, qui exploite le bateau, Le Wilis, reliant Dakar à Ziguinchor, réclame à l’Etat sénégalais 1,35 million d’euros de compensation financière, soit plus de 15, 3 millions de DH, couvrant la période de juin à décembre 2007. Et trop, c’est trop, disent cette fois les responsables de l’entreprise, qui brandissent la menace d’arrêter la liaison, si l’Etat ne satisfait pas à leur demande. Ils ont notifié au ministre de l’Economie et des Transports maritimes, en charge du dossier, que «Le Wilis arrête ses rotations, mardi 15 janvier, si la société ne perçoit pas son dû». La convocation du Conseil d’administration, demain jeudi, aura permis de surseoir à cette menace, tout au moins, de la différer.
Sur fond du litige financier installé entre Somat et l’Etat sénégalais, l’acquisition depuis le 12 décembre dernier du premier bateau, Aline Sitoé Diatta, flambant neuf et battant pavillon sénégalais. Il doit remplacer Le Wilis, navire loué depuis juin 2005 aux Indonésiens à raison de 91.500 euros par mois, près de 1,1 million de DH dont la concession et l’exploitation est confiée à Somat. Deux jours après la réception du nouveau bateau, le 14 décembre, le président Wade fait une sortie qui laisse sous-entendre une volonté du Sénégal d’évincer Somat de la gestion de la liaison maritime Dakar-Ziguinchor. Jugez-en: «L’exploitation de ce bateau sera confiée à Cosama, un groupe de Sénégalais sérieux, financièrement solides… ». Qu’est-ce qui peut bien motiver le président sénégalais à dénoncer, à mots à peine couverts, le contrat qui lie le Sénégal à Somat, pour confier le nouveau bateau à Cosama? «En se faisant acheter par CGM CMA, Comanav a modifié la nature du contrat de Somat avec le Sénégal», confie une source proche du Conseil des chargeurs sénégalais. Faut-il y voir une certaine crainte, non fondée bien sûr, des autorités sénégalaises qui redoutent le scénario de partage du seul patrimoine de Somat, le nouveau bateau, si la convention venait à prendre fin, comme le disent des responsables de Comanav?
Avant même ces eaux troubles, Aline Sitoé Diatta est sous hypothèque. Pour la BEI, qui a contribué pour 10 des 26 millions d’euros nécessaires à la construction de ce bateau, c’est une manière d’éviter la saisie systématique.


Querelle sénégalo-sénégalaise

L’ASSOCIATION des familles des victimes du Joola (1.863 morts dans le naufrage du bateau en 2002) dit son inquiétude suite à la proposition du gouvernement sénégalais de confier la gestion du nouveau bateau, Aline Sitoé Diatta, devant assurer la liaison Dakar-Ziguinchor. Elle a adressé un mémorandum au président Wade pour marquer son désaccord à l’idée de voir confiée la gestion de Aline Sitoé Diatta à des hommes d’affaires réunis dans le consortium sénégalais d’activités maritimes (Cosama) ou dire sa préférence de voir cette gestion restée aux mains de la Comanav. C’est selon. Dans ce mémorandum, l’Association dénonce «l’absence de référence de navigation à passagers» de Casama. A noter, de l’avis même des professionnels sénégalais, qu’avant la création de Somat en 2005, il n’existait au Sénégal aucune structure capable de gérer cette forme de navigation. L’Association est rassurée en cela par la ferme position des bailleurs de fonds dont la BEI (Banque européenne d’investissement), qui exigent que la gestion soit confiée à des mains expertes, à une société de référence internationale». En clair, on ne change pas une équipe qui gagne.

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