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TOUBA : UN SYSTÈME POUR LE DÉPISTAGE DU PALUDISME DANS LES ÉCOLES CORANIQUES

Les autorités sanitaires de Touba ont mis en place un système pour le dépistage du paludisme dans les « daara » (écoles coraniques) afin de susciter une prise en charge précoce de la maladie dans ce milieu où sa prévalence reste encore élevée, malgré les efforts notés dans la lutte anti-vectorielle. « Nous avons mis en place un système de dispensateurs de soins dans les +daara+ où nous avons formé des personnes pour dépister les enfants malades et leur administrer un traitement sur la base des ACT », a expliqué le Dr Mamadou Dieng, médecin-chef du district de Touba, dans un entretien avec l’APS. Touba constitue une zone de forte concentration de daara, dont les effectifs sont grossis chaque année par des milliers de « talibé » (élèves coraniques) issus de divers horizons. A ce propos d’ailleurs, l’essentiel des décès enregistrés sont notés au niveau de ces daara avec des enfants atteints de paludisme et qui arrivent en consultation juste à la phase de complication.

« Au niveau des +daara+, nous avons noté la survenue de cas de paludisme graves.Ce qui nous a valu de riposter en mettant en place ce système qui permet d’aller dans le daara en question pour tester tous les enfants qui ont présenté une fièvre.Nous sommes actuellement à six +daara+ qui ont été traités où une soixantaine d’enfants sont atteints de paludisme mais sans être alités », a indiqué le Dr Dieng. Selon lui, ce système va impacter positivement sur la morbidité et la mortalité du paludisme dans ces écoles. Le département de Mbacké englobe les districts de Touba et Mbacké qui ont le même profil épidémiologique avec une prévalence moyenne comprise entre 5 et 15 cas pour 1.000 habitants. La période comprise entre le mois janvier et celui d’août 2016 a été marquée par une accalmie.La dernière campagne de couverture en moustiquaires imprégnées à longue durée d’action a permis une diminution importante des cas de paludisme.

« Le paludisme, note le Dr Dieng, était sorti des 10 premières affections qui amenaient les populations à la consultation.C’est vers la fin du mois d’août qu’on a noté une légère recrudescence des cas. » Il explique ce phénomène par le manque d’assainissement de la ville de Touba , avec l’existence de plusieurs flaques d’eau, d’une pullulation importante de moustiques ainsi que de gîtes larvaires. Le Dr Dieng a insisté sur l’importance de l’utilisation des moustiquaires imprégnées. Il invite les populations à les accrocher pendant toute la nuit, toute l’année et pour toute la famille. Beaucoup d’efforts sont consentis à Touba dans la lutte anti-vectorielle. La brigade d’hygiène y a en effet procédé à des opérations de saupoudrage. Il y a aussi la nébulisation de certains sites après l’enlèvement des ordures. Et des stratégies sont en train d’être déroulées pour renforcer la communication. Ainsi, il a été noté une baisse de la prévalence, s’est félicité le Dr Dieng, ajoutant qu’’’avec la disponibilité des tests rapides de diagnostic et la disponibilité des ACT , il y a une amélioration dans la prise en charge ». Il a toutefois déploré les retards causés par certains malades qui ont recours aux tradi-praticiens et à l’auto-médication ou qui, faute de moyens, évitent d’aller se faire soigner, car ignorant que le traitement des cas simples est gratuit.

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